Comme la raison et le bon sens pouvaient permettre de s’y attendre, le parquet de Paris de la 17e Chambre correctionnelle a requis l’acquittement de tous les accusés – médias et femmes dénonciatrices – traînés en justice par Denis Baupin pour « diffamation ». On se demande bien d’ailleurs pourquoi la plainte a été acceptée puisqu’un non-lieu ou un simple classement aurait pu être prononcé étant donné l’absurdité des demandes et le nombre très élevé de témoins crédibles. L’avocat Emmanuel Pierrat, ami intime du pédophile assumé Gabriel Matzneff, s’est donc ridiculisé à vouloir défendre l’indéfendable, défendre l’immonde en inversant toutes les valeurs morales. L’absence à elle seule du plaignant à la barre démontre à quel point ce procès était malsain ! Lui qui doit habiter Paris et qui estime avoir été diffamé et sali aurait dû venir crier sa douleur et demander justice  ! C’est stratégiquement suicidaire de n’être pas venu  à ce procès qui est à la base déjà boiteux !

En réalité Denis Baupin n’a pas été poursuivi par la justice car les faits étaient prescrits ; ce qui ne fait pas du tout de lui un innocent, bien au contraire. Du coup, comme le relève Madame la Procureure, déposer plainte pour diffamation dans une affaire comme celle-ci prouve que le défenseur de Monsieur Baupin n’a pas compris que la justice aurait bel et bien poursuivi Denis Baupin si les faits n’avaient pas été prescrits. L’attitude du plaignant et de son avocat, qui a accepté de plaider une telle affaire, relève donc de la chutzpah la plus irresponsable.

Si le président et ses assesseurs suivent les réquisitions de la procureure et déboutent Monsieur Denis Baupin, ce dernier se retrouvera obligé de payer un gros montant en frais d’avocats, eu égard au nombre élevé d’accusés. Rendez-vous le 19 avril prochain pour le verdict…


Le parquet a salué « le courage » des femmes.

Au fil des débats, le procès de la presse s’est mué en charge contre l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale, accusé d’« agression sexuelle » et de « harcèlement ».

« Aucun élément dans cette audience ne permet de remettre en cause la sincérité des témoignages. » Le parquet a requis, vendredi 9 février, la relaxe des médias poursuivis en diffamation au côté de celles qui ont accusé Denis Baupin, l’ex-député écologiste, d’agression sexuelle ou de harcèlement. « Je commence par saluer le courage de ceux qui se sont présentés à votre barre », a déclaré la procureure Florence Gilbert, pour mieux remarquer « l’absence » du plaignant. La magistrate a qualifié l’enquête de Mediapart et de France Inter de « sérieuse ».

Au fil des débats, le procès de la presse s’est mué en charge contre l’ancien vice-président de l’Assemblée nationale. Huit femmes ont raconté des « SMS salaces », des « gestes déplacés » et des « agressions » : « les deux mains sur les seins », le « pied coincé dans la porte », « une caresse très douce ressentie comme une grande violence ».

La « fin de l’omerta »

L’audience a été le théâtre d’une douloureuse introspection au sein d’un parti revendiquant ses combats pour le féminisme et la parité. Un affrontement entre la génération des pionniers comme Dominique Voynet qui n’ont « rien vu » et affirment qu’ils n’auraient « jamais couvert » des agressions, et la jeune garde qui a regretté la « complaisance avec la violence ». Ce parti où « on savait tous et on savait presque tout », selon les mots de Stéphane Sitbon Gomez, l’ancien bras-droit de Cécile Duflot, ex-secrétaire nationale des Verts.

Pour les médias poursuivis, ce procès restera comme celui de la « fin de l’omerta » pour des femmes en butte à la domination masculine. Pour Ellen Debost, une des prévenues, ce moment où une parole déjà libérée « a commencé à être écoutée ».

Des faits prescrits

Tout a commencé le 9 mai 2016, quand Mediapart et France Inter publient les premiers articles faisant état d’accusation d’agressions sexuelles ou de harcèlement. Le lendemain, la justice se saisit. En mars 2017, le parquet de Paris classe sans suite son enquête, considérant que si certains des faits dénoncés étaient « susceptibles d’être qualifiés pénalement », ils sont « cependant prescrits ».

Denis Baupin a toujours nié, arguant de « jeux de séduction » entre « adultes ». Une « drague lourdingue » selon son avocat mais qu’on « ne peut pas qualifier pénalement ». Me Emmanuel Pierrat a tout tenté pour décrédibiliser l’enquête journalistique, qu’il juge « bâclée », « à charge ».

Décision le 19 avril

« Parole contre parole, on ne peut pas trancher », estime-t-il. Évoquant le témoignage de Cécile Duflot, venue raconter en larmes comment Denis Baupin avait tenté de forcer sa porte, il décrit « une vengeance » politique.

Une lecture du dossier qui a fait réagir la procureure : « On ne fait pas le procès de M. Baupin. On ne peut pas non plus tordre l’enquête pour dire qu’il est innocent. » Elle a rappelé, « parce que visiblement l’avocat du plaignant ne l’a pas compris », que la justice aurait bel et bien poursuivi Denis Baupin si les faits n’avaient pas été prescrits. « La seule qualité de ce procès aura été de mettre en œuvre une impérieuse lutte contre le silence » qui entoure les violences sexuelles, conclut la magistrate. La décision sera rendue le 19 avril.

 

Photo d’illustration : Denis Baupin arrive à l’Assemblée nationale (Paris), le 19 mai 2015. (AURELIEN MORISSARD / CITIZENSIDE / AFP)