C’est quand même fou l’amateurisme dans lequel patauge le Front National puisque l’on apprend que la commission de vérification des comptes de campagne vient de leur rejeter près d’un million d’euros de frais. Comment est-ce possible de la part d’un parti politique avec autant de cadres et d’experts-comptables de se planter sur une somme aussi importante ? C’est certainement encore une fois la faute des Arabes et des Noirs…


Nous poursuivons l’examen des comptes de campagne des candidats à la présidentielle.

Nos journalistes ont eu accès au dossier de Marine Le Pen. C’est elle qui s’est vue retoquer le plus grand montant de dépenses : 873.576 euros. Pourquoi ? L’œil du 20 heures a mis son nez dans les factures.

Nous avons pu consulter toutes les dépenses de la campagne présidentielle 2017 de Marine Le Pen : frais d’hôtel, transports, meetings… et nous avons épluché les 873 576 euros de dépenses que la Commission des comptes de campagne (CNCCFP) a retranché des comptes de la candidate du FN.

Il y a d’abord quelques petites dépenses, étonnantes… En décembre 2016, Marine Le Pen est en déplacement en Guyane, son équipe achète pour 111 euros d’antimoustique. La dépense est jugée par la commission « assez éloignée de la recherche de l’obtention des suffrages des électeurs ». Réponse de la candidate :

« Pour des raisons d’image, il était assez difficile (…) d’apparaître devant les médias le visage maculé de piqûres de moustiques.» Marine Le Pen – candidate à la présidentielle 2017

Pour autant, la dépense est retoquée !

Se garer et circuler pendant la campagne, ça n’a visiblement pas été facile…L’équipe de Marine Le Pen a voulu se faire rembourser 490 euros de contravention ! Refusé !

Pendant sept mois et sept jours, le directeur de la campagne, David Rachline, à l’époque sénateur-maire de Fréjus, a disposé d’un appartement dans le VIIe arrondissement de Paris : un meublé de 48 m2 pour un loyer de 2300 euros par mois. La commission demande des explications sur cette location, la candidate argumente : « Ce local lui permettait, en plus de son hébergement, de recevoir discrètement des journalistes, des responsables politiques et des relais d’opinion.»  Mais cette dépense est partiellement invalidée : la commission décide de ne rembourser que 1000 euros/mois.

800 000 euros d’emprunts retranchés

Mais l’essentiel des dépenses retranchées, c’est à cause d’une histoire d’emprunts. L’équipe de campagne a contracté des prêts auprès du FN et du micro-parti de Jean-Marie Le Pen, Cotelec. Montant des intérêts : 827 017 euros. La commission estime que ces intérêts ne répondent pas à ses critères de remboursement.


Décision de la CNCCFP concernant l\'emprunt de Marine Le Pen auprès du Front national et de Cotelec, micro-parti de Jean-Marie Le Pen.

La commission des comptes de campagne a validé les comptes de Marine Le Pen. L’État remboursera 10 691 000 euros. C’est le plafond maximum qu’un candidat au second tour peut recevoir.


France TV Info – Le JT