Non seulement l’information est totalement fausse, mais elle veut attribuer un acte antichrétien à des réfugies musulmans, en Suède. De plus, elle est recyclée en 2019, sachant que la première publication de cette fake niouze remonte à 2016 ! La situation est tout de même grave car ce mensonge a été partagé plus de 48 000 fois ! Du coup, ce ne sont pas des musulmans qui ont été responsables de cet acte antichrétien mais bien des chrétiens dans un pays chrétien !

Et la situation devient encore plus grave lorsqu’on sait que de nombreux mensonges sont lancés au même moment comme on a tous pu le constater avec les festivités footballistiques de la CAN. Effectivement on a pu lire les tweets et autres messages des politiques et  chroniqueurs islamophobes concernant l’accident mortel de Montpellier attribué à un supporter algérien ou l’assassinat du Docteur Mamoudou Barry initialement attribué à une horde sauvage de supporters algériens et dont le présumé coupable est en réalité un Franco-Turc atteint de troubles psychiatriques sévères (paix à leur âme et courage aux familles ) ! Malgré ces mensonges éhontés, les auteurs ne se sont pas excusés et n’ont même pas estimé nécessaire de retirer leurs tweets ; c’est dire à quel point la propagande anti-musulmane est forte et totalement assumée.


Une série de photos partagées 48.000 fois depuis le 29 juin 2016 sur Facebook prétend montrer des réfugiés musulmans en Suède brisant une statue de Jésus crucifié.

Ces photos ont en réalité été prises lors d’une manifestation au Chili contre une réforme de l’éducation en juin 2016.

« Avez vous vu une ingratitude plus grande que celle là ? Les réfugiés musulmans en Suède fracassent une statue de Jésus-Christ », dénonce le 29 juin 2016 une publication Facebook. Sous la légende, trois photos montrent la dégradation d’une statue de Jésus-Christ, par des personnes encagoulées.



La publication a refait surface en juillet 2019, notamment au Canada, où 23 utilisateurs Facebook ont signalé la publication comme fausse.

L’Office suédois a enregistré près de 400.000 demandes d’asile entre 2012 et 2017, dont un tiers déposées par des Syriens. Cela reflète la politique migratoire mise en place en août 2014, lorsque le Premier ministre conservateur Fredrik Reinfeldt a appelé les Suédois à « ouvrir leur cœur » pour accueillir les demandeurs d’asile en provenance de Syrie, d’Afghanistan ou d’Irak.

Depuis, les réfugiés musulmans sont devenus la cible de l’extrême-droite, qui fait campagne contre l’immigration. Or, les personnes masquées sur ces photos n’ont pas été prises en Suède.

Une recherche d’image inversée sur Google permet de retrouver les photos originales. Sachant que la publication Facebook d’origine date au moins du 29 juin 2016, on peut affiner la recherche pour filtrer toutes les publications contenant la même photo après cette date.

On trouve tout de suite plusieurs publications dont la plus vieille, en espagnol, date du 9 juin 2016.



En lisant l’article, on comprend que ces casseurs sont en réalité des manifestants contre la réforme de l’éducation du gouvernement chilien de Michelle Bachelet en 2016. Les étudiants jugeaient insuffisantes les réformes du gouvernement socialiste qui visaient à rénover un système largement privatisé et inégalitaire, hérité de la dictature d’Augusto Pinochet.

Selon l’article du quotidien El Comercio, qui concorde avec une dépêche AFP d’alors, la manifestation s’est terminée par le saccage de l’Église de la Gratitud Nacional…


Photo d’illustration : des étudiants affrontent la police lors d’une manifestation pour la gratuité scolaire dans les universités et contre la lenteur de la réforme de l’éducation, à Santiago, le 4 août 2016. (AFP / Claudio Reyes)

Factuel AFP Canada

18 juillet 2019