Qui peut prendre au sérieux une telle initiative, franchement ?! Pour deux raisons essentielles. Premièrement, après tous les scandales sexuels dans lesquels il a été impliqué, le seul club que DSK pourrait monter serait un club échangiste. Blague à part, le deuxième point, plus sérieux celui-là, réside dans le fait que Dominique Strauss-Kahn a été au pouvoir et y a participé pendant de longues années, il n’a pourtant pas brillé par ses solutions miracles de lutte contre le chômage, la crise, la désindustrialisation, la mondialisation, la surpuissance des banques… bien au contraire, il nous a vendu, lui et ses amis de feu le Parti socialiste, le désordre actuel comme étant la solution pour le bien-être du peuple français.


Dominique Strauss-Kahn, ancien directeur du FMI, assure exclure un retour en politique.

Discret depuis  « l’affaire du Sofitel » qui avait fait voler en éclats ses ambitions présidentielles, Dominique Strauss-Kahn n’en conserve pas moins une vive passion pour la chose politique et le débat d’idées. C’est pourquoi l’ancien directeur du FMI a lancé, lundi soir, un nouveau club de réflexion progressiste.

A l’heure où une kyrielle d’anciens strauss-kahniens (Stanislas Guerini , Pierre Person, Benjamin Griveaux) grossissent les rangs de La République en marche, DSK n’entend pas pour autant faire un « come-back » politique. « Rien ne m’agace plus que le maintien de sexagénaires qui visiblement ont du mal à quitter la scène », a confié l’ancien ministre de l’Économie  au « Parisien » .

Club de prospective

« C’est tout sauf un retour en politique active, mais comme il est toujours intéressé par la politique et qu’il était souvent sollicité, il a décidé de lancer ce lieu d’élaboration collective d’un projet réformiste », détaille son ami Laurent Azoulai.

Ce club n’a pas pour ambition de se pencher sur les débats actuels, mais a plutôt une dimension prospectiviste, avec pour focale l’horizon 2025-2050. « De grands champs sont délaissés par la réflexion, pas seulement en France », estime l’ancien ministre de l’Économie. Et de citer la richesse (et sa répartition), les conséquences de l’allongement de la vie humaine ou encore le « chambardement » du pouvoir.

Pour le lancement de son club, DSK avait réuni lundi près d’une centaine de proches et d’intellectuels dans une salle du 10e arrondissement de Paris. Au fil des mois, le club irriguera le débat d’idées avec ses réflexions. « Après, ça devient ce que ça devient », souligne DSK.

Figure de la deuxième gauche

Économiste de formation, Dominique Strauss-Kahn a longtemps été une des figures marquantes de la deuxième gauche. Ancien maire de Sarcelles et député de Haute-Savoie et du Val-d’Oise, il a également occupé les postes de ministre de l’industrie sous Edith Cresson et Pierre Bérégovoy, puis ministre de l’Economie sous le gouvernement de Lionel Jospin. Propulsé à la tête du FMI en 2007, DSK était l’un des grands favoris de l’élection présidentielle 2012, avant d’être accusé d’agression sexuelle par une salariée de l’hôtel Sofitel de New York qui l’a poussé à stopper sa course à l’Elysée.

Le Français, aujourd’hui âgé de 69 ans, a bénéficié d’un non-lieu au pénal dans cette affaire. Les poursuites au civil ont pris fin après  la signature d’un accord financier avec la plaignante. Également cité dans « l’affaire du Carlton »,  depuis ces épisodes judiciaires, l’ancien socialiste a notamment mis sur pied une société de conseil (LSK) – qui a mis la clef sous la porte -, conseillé plusieurs États (Tunisie, Serbie, Soudan du Sud) et intégré les conseils de surveillance de plusieurs banques.


Adrien Lelievre – Les Échos