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L’ex-président égyptien Hosni Moubarak le 6 octobre 2016 dans un hôpital militaire du Caire (Egypte). (KHALED DESOUKI/AFP).

Tout ça pour ça. Comment une crapule criminelle comme Hosni Moubarak peut-il se retrouver libre et faire comme si de rien n’était, après autant de troubles et de morts ? Abdel Fatah Al-Sissi est entre les mains des USA et de l’ancien régime.


L’ancien président de la République avait été contraint de quitter le pouvoir le 11 février 2011, à l’issue d’une révolte de 18 jours réprimée dans le sang.  

Le chapitre du printemps arabe en Egypte est symboliquement clos. Lundi 13 mars, l’avocat d’Hosni Moubarak a annoncé que le parquet avait accepté sa remise en liberté. L’ex-président, qui a gouverné d’une main de fer pendant trente ans, avait dû quitter le pouvoir le 11 février 2011, à l’issue d’une révolte de 18 jours réprimée dans le sang. Il avait été condamné à la prison à vie en juin 2012, mais il avait été blanchi par un nouveau procès. Le 2 mars dernier, la Cour de cassation avait confirmé l’abandon des charges qui pesaient contre lui.

Hosni Moubarak, 88 ans, était notamment poursuivi pour « complicité » dans la mort de 239 manifestants en janvier 2011. « Il pourra rentrer chez lui lorsque les docteurs diront qu’il peut sortir », a précisé son avocat. Il ne pourra toutefois pas se rendre à l’étranger, en raison d’une enquête de l’organisme égyptien des gains illicites, qui surveille les fortunes accumulées de manière frauduleuse.

« L’idée du printemps arabe a cessé d’exister »

« L’idée du printemps arabe a cessé d’exister en Egypte », a commenté Mai Mogib, professeure de sciences politiques à l’université du Caire. Selon elle, « discuter de Moubarak et des symboles de son temps est [désormais] acceptable dans les médias et dans la rue ».

Après un intermède démocratique entre la mi-2012 et la mi-2013, qui a vu l’élection à la présidence de l’islamiste Mohamed Morsi, le pays est retombé entre les mains des militaires avec Abdel Fatah Al-Sissi, qui a renversé le premier président civil du pays. L’opposition islamiste a été laminée et nombre de leaders du printemps arabe ont été emprisonnés ou contraints à l’exil.

France TV Info / AFP