Le gros problème avec les GAFAM et autres multinationales c’est qu’ils ne seront pratiquement jamais condamnés et correctement punis par la justice si les faits sont avérés, contrairement au commun des mortels qui s’amuserait à espionner sa voisine, par exemple, via la webcam de son smartphone ! Ajoutons à cela le silence assourdissant des élites politiques incapables de faire respecter la loi et de protéger leurs administrés !


En accédant à la caméra de leurs smartphones sans permission, Facebook Inc, propriétaire d’Instagram, est de nouveau sur le banc des accusés car il a été poursuivi devant un tribunal américain pour avoir prétendument espionné les utilisateurs d’Instagram en se servant des caméras de téléphones portables sans autorisation.


Brittany Conditi, utilisatrice d’Instagram, s’est adressée au tribunal fédéral de San Francisco, portant plainte contre l’application de médias sociaux, affirmant qu’elle s’est servie intentionnellement des caméras afin d’avoir accès à des « données lucratives et précieuses sur ses utilisateurs auxquelles elle n’aurait autrement pas accès ».

« En obtenant des données personnelles extrêmement privées et intimes sur leurs utilisateurs, y compris dans l’intimité de leurs propres domiciles, [Facebook est] en mesure d’augmenter ses revenus publicitaires en ciblant plus que jamais les utilisateurs », allègue la plainte.

« Par exemple, [Facebook est] capable de voir en temps réel comment les utilisateurs réagissent aux publicités sur Instagram, fournissant des informations extrêmement précieuses à ses annonceurs. »

Dans le sommaire de la plainte, il est marqué :

« Instagram est une plateforme de médias sociaux populaire, détenue à 100% par Facebook, avec environ un milliard d’utilisateurs actifs par an.

« L’objectif d’Instagram en tant que plateforme de médias sociaux est de permettre aux utilisateurs de partager des photos et des vidéos entre eux. À l’origine, les utilisateurs ne pouvaient publier que des photos ou des vidéos sur leur “flux“ Instagram, qui est une collection permanente de contenus d’utilisateurs avec lesquels d’autres peuvent interagir en les visualisant, en commentant ou en appréciant. En août 2016, Instagram a lancé “Stories“, une fonctionnalité permettant aux utilisateurs de publier des photos ou des vidéos qui disparaissent de la vue dans un délai de 24 heures.

« En tant que plateforme de médias sociaux permettant aux utilisateurs de publier des photos et des vidéos, Instagram a accès à la caméra d’un smartphone d’un utilisateur dans le but limité de permettre aux utilisateurs de prendre directement une photo ou une vidéo, puis de publier ce contenu sur sa plateforme.

« Instagram prétend accéder uniquement aux caméras des smartphones des utilisateurs avec l’autorisation de l’utilisateur, notamment lorsqu’un utilisateur interagit avec la fonction de caméra de l’application Instagram.



« Par exemple Instagram a récemment publié une déclaration disant : “[Instagram] n’accède à votre caméra que lorsque vous nous le demandez, par exemple, lorsque vous passez du Flux à la Caméra“. Instagram affirme que lorsque sa fonction caméra n’est pas utilisée, il n’accède pas aux caméras des smartphones des utilisateurs.

« Cependant, Instagram fait plus qu’il ne le prétend. Instagram accède en permanence à la fonction de caméra pour smartphone des utilisateurs lorsque l’application est ouverte et surveille les utilisateurs sans autorisation, c’est-à-dire lorsque les utilisateurs n’interagissent pas avec la fonction de caméra d’Instagram.

« Cet accès va au-delà des services qu’Instagram promet de fournir. Instagram n’a aucune raison légitime d’accéder aux caméras des smartphones des utilisateurs lorsqu’ils n’utilisent pas la fonction de caméra Instagram.

« Ce faisant, les défendeurs ont été en mesure de surveiller les moments les plus intimes des utilisateurs, y compris ceux dans l’intimité de leur propre domicile, en plus de recueillir des informations précieuses et des études de marché sur ses utilisateurs.

« Les défendeurs se livrent à ce comportement pour une raison principale : collecter des données lucratives et précieuses sur ses utilisateurs auxquelles ils n’auraient autrement pas accès. En obtenant des données personnelles extrêmement privées et intimes sur leurs utilisateurs, y compris dans l’intimité de leur propre domicile, les défendeurs sont en mesure d’augmenter leurs revenus publicitaires en ciblant plus que jamais les utilisateurs. Par exemple, les défendeurs peuvent voir en temps réel comment les utilisateurs réagissent aux publicités sur Instagram, fournissant des informations extrêmement précieuses à leurs annonceurs ».


Facebook avait accusé un bogue de ce comportement


La plainte découle des rapports des médias en juillet selon lesquels l’application de partage de photos semblait accéder aux caméras iPhone même lorsque l’application Instagram n’était pas utilisée. C’est une mise à jour sur iOS qui a permis aux utilisateurs de s’en apercevoir et l’information a été relayée par la presse. D’ailleurs, dans la plainte, les avocats de Brittany Conditi le rappellent :

« L’étendue et la portée de la conduite des défendeurs commencent tout juste à être révélées à la suite d’une mise à jour du système d’exploitation iPhone d’Apple Inc., qui avertit les consommateurs lorsque des tiers accèdent à leur caméra et microphone ou collecte leurs données. La mise à jour du système d’exploitation de l’iPhone n’a été mise à la disposition des développeurs que le 22 juin 2020 et du grand public le 9 juillet 2020 ».

Cependant, par le passé, Facebook avait assuré qu’il s’agissait d’un bogue qui allait être corrigé. La société l’a décrit comme étant un faux déclencheur de notification qui accédait aux caméras iPhone.

Le mois dernier, Facebook a été poursuivi pour avoir prétendument collecté les données biométriques d’utilisateurs d’Instagram ou de personnes qui apparaissent sur des photos sur la plateforme sans leur consentement. Facebook a été accusé de « collecter, stocker et profiter » des données biométriques de plus de 100 millions d’utilisateurs d’Instagram. Plus précisément, ces données biométriques concernent la technologie de reconnaissance faciale.

La plainte assure qu’Instagram se sert d’un outil de marquage de visage qui utilise la reconnaissance faciale pour créer des « modèles de visage », qui sont ensuite stockés dans les bases de données Facebook. Elle ajoute qu’Instagram utilise cet outil automatiquement sans obtenir le consentement d’un utilisateur, même si les personnes figurant sur les images n’ont pas elles-mêmes de compte Instagram et n’acceptent donc pas les conditions d’utilisation.

Stephanie Otway, une porte-parole de Facebook, a déclaré qu’Instagram n’utilisait pas la reconnaissance faciale de la même manière que l’application Facebook : « Cette plainte est sans fondement. Instagram n’utilise pas la technologie de reconnaissance faciale ».


Stéphane le calme

Développez.com

18 septembre 2020
Source : plainte