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Pour la zone euro et ses voyous au pouvoir, demander un référendum au peuple grec sur sa dette est une « triste décision » ! Il fallait oser une telle déclaration, mais c’est sans compter sur la chutzpah inouïe des financiers apatrides au pouvoir en Europe, financiers qui n’ont jamais été élus et qui ne représentent qu’eux-mêmes.


En annonçant, hier, un référendum sur les exigences des créanciers de la Grèce, le Premier ministre Alexis Tsipras a mis dans l’impasse les négociations sur un éventuel accord sur la dette grecque.
C’est un vrai coup de poker pour le Premier ministre grec. Et un chantage de dernière minute alors qu’il ne reste plus que trois jours à la Grèce pour honorer le 1,5 milliard d’euros qu’elle doit à ses créanciers. La décision d’Alexis Tsipras de provoquer un référendum le 5 juillet sur les exigences des créanciers a pris de court ses interlocuteurs de la zone euro. Mais elle a aussi amené les Grecs les plus inquiets vers les distributeurs de billets ou les stations-service. C’est à une heure du matin dans la nuit de vendredi à samedi qu’Alexis Tsipras a annoncé ce référendum. Un horaire inédit, peut-être pas improvisé : les marchés financiers étaient fermés pour le week-end, un compte à rebours angoissant s’est ainsi déclenché jusqu’à leur réouverture demain matin. Si rien ne bouge entre Athènes et ses créanciers, les places financières pourraient rouvrir dans un désordre indescriptible, à la perspective d’un défaut de paiement de la Grèce.
Le précédent Papandréou
Alexis Tsipras, contrairement à son parti de gauche radicale Syriza, n’a pas explicitement appelé à voter « non », même si son message est clair : « Je vous demande de décider si nous devons accepter un ultimatum exorbitant. Je suis sûr que votre choix fera honneur à l’Histoire de notre pays ». Il a annoncé qu’il tirerait toutes les conséquences du vote. En 2011, un autre Premier ministre, le socialiste Georges Papandréou, avait été contraint à la démission après avoir voulu organiser une consultation similaire sur un plan imposé à Athènes par ses créanciers. Sur le front des négociations, La zone euro semblait, hier, à deux doigts de fermer définitivement la porte à la Grèce. C’est « une triste décision pour la Grèce », qui « ferme la porte à la poursuite des discussions », a déploré le président de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. La Grèce « a mis fin aux discussions de manière unilatérale », a tranché l’Allemand Wolfgang Schäuble, avant la réunion des ministres des Finances de la zone euro, hier à Bruxelles. Les ministres ont laissé entendre que l’échéance du 30 juin devrait être respectée. Si le début de « bank run » devait se transformer en véritable panique bancaire, un contrôle des capitaux pourrait être décidé, comme cela avait été mis en place en mars 2013 à Chypre.