C’est l’exemple type de ce que font les politiciens depuis toujours : le pantouflage. Les hauts fonctionnaires d’État seront formés dans les grandes écoles payées par le contribuable. Ils seront ensuite embauchés dans les services de l’État afin de se familiariser avec les textes et donc le fonctionnement du système. Enfin, viendra l’étape du passage au privé afin de servir au mieux les intérêts des grandes entreprises puisqu’ils connaissent parfaitement toutes les arcanes du système,  tout en réussissant à se constituer un bon carnet d’adresses, ce qui va permettre de servir leur nouveau patron au mieux de ses intérêts. Ceci relève de la trahison pure et simple et devrait être totalement interdit.


Fleur Pellerin est épinglée par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, notamment chargée de contrôler les reconversions dans le privé d’anciens responsables publics.

La reconversion dans le privé de Fleur Pellerin passe mal : l’ex-ministre de la Culture est soupçonnée de « prise illégale d’intérêts » pour ses liens avec un géant du web sud-coréen qui a été l’un de ses interlocuteurs quand elle était au gouvernement.

Dans un rapport publié mercredi 19 décembre au Journal officiel, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) estime que Fleur Pellerin a « méconnu [ses] réserves en prenant pour client une entreprise privée avec laquelle elle avait conclu un contrat ou formulé un avis sur un contrat » dans le cadre de ses fonctions gouvernementales. La Haute Autorité a transmis le dossier au procureur de la République de Paris, qui doit décider d’ouvrir ou non une enquête judiciaire.

Des liens tissés au gouvernement 

Fleur Pellerin, à la tête de la société d’investissements qu’elle a créée, Korelya Consulting, gérait depuis septembre 2016 un fonds « intégralement doté par la société Naver Corp », un poids lourd du web sud-coréen, rappelle d’abord la HATVP. Or celle-ci s’est aperçu que Fleur Pellerin avait déjà tissé des liens avec ce groupe à l’époque où elle était au gouvernement. En octobre 2015, elle avait « évoqué » avec Naver Corp « à l’occasion d’une visite en Corée du Sud (…) un projet de partenariat en vue de la diffusion » par le groupe asiatique « des événements de l’année France-Corée [2015-2016]« , relate le rapport.

Un mois plus tard, elle avait signé « pour le gouvernement français » une « lettre d’intention » avec Naver Corp pour l’hébergement de contenus vidéo en lien avec l’année de la France en Corée. Et « sur la base de cette lettre », souligne la HATVP, « une convention de partenariat sur le service vidéo » avait été établie le 17 mars 2016 entre l’institut français de Corée du Sud et Naver Corp. À cette date, Fleur Pellerin avait quitté…


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