C’est en découvrant ce genre d’affaire que l’on comprend à quel point les politiciens sont hypocrites et incapables d’assumer leurs actes. Alors que le directeur de l’ARS Christophe Lannelongue ne faisait que mettre en application les ordres qu’il recevait du ministère, en fermant près de 200 lits supplémentaires au CHU de Nancy, il vient d’être limogé par le gouvernement, car sa hiérarchie a estimé que ce n’était pas le moment de le faire eu égard à la gravité de la crise sanitaire. Ce directeur de l’ARS Grand Est, dont on se demande s’il a une conscience et un tant soit peu d’intelligence, comprend aujourd’hui à ses dépens que « mercenaire » n’est pas un métier fiable et encore moins stable, puisqu’à la première boulette, sa tête est coupée.


Christophe Lannelongue avait provoqué un tollé en disant, en pleine crise du coronavirus, qu’il n’y avait pas de raison d’interrompre les suppressions de postes au CHRU de Nancy.

Le gouvernement a mis fin ce mercredi aux fonctions de directeur de l’Agence régionale de Santé Grand Est de Christophe Lannelongue, qui avait suscité un tollé en disant, en pleine crise du coronavirus, qu’il n’y avait pas de raison d’interrompre les suppressions de postes au CHRU de Nancy, a-t-il indiqué.

« Le directeur de cabinet du ministre de la Santé m’a contacté ce matin pour me dire que le gouvernement souhaitait mettre fin à mes fonctions en raison du débat sur le CHU de Nancy », a expliqué Christophe Lannelongue.

Dans un entretien à Libération, l’ex-conseiller de l’ancienne ministre de la Santé Marisol Touraine a dénoncé « un licenciement politique ». « Je ne fais pas de politique, je suis un fonctionnaire loyal », s’est-il défendu. « Je ne dis pas que je suis indispensable. On faisait et on fait du très bon travail, avec des équipes et du personnel soignant remarquables. »

« Il y a un malentendu »

Interrogé vendredi lors d’une conférence de presse téléphonique sur la situation épidémique dans le Grand Est, Christophe Lannelongue avait estimé qu’il n’y avait « pas de raison de remettre en cause » le comité interministériel de la performance et de la modernisation de l’offre de soins hospitaliers (Copermo), qui prévoit la suppression sur cinq ans de 174 lits (sur 1577 en 2018) et de 598 postes au CHRU de Nancy (sur environ 9000).

« Nous aurons quelques semaines de retard mais la trajectoire restera la même », avait-il ajouté. Des propos qui ont suscité l’ire de nombreux élus lorrains, plusieurs écrivant au ministre de la Santé, Olivier Véran.


Photo d’illustration : le plan d’économies prévoit la suppression sur cinq ans de 174 lits et de 598 postes au CHRU de Nancy.  Wikimedia Commons/Speculos

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AFP
8 avril 2020