Ces transhumanistes qui prétendent que l’immortalité est à portée de l’homme me font rire. Admettons que la science moderne ait réglé le problème du vieillissement cellulaire et que l’homme puisse effectivement régénérer ses cellules perpétuellement, ou remplacer ses organes, ou les augmenter, y compris le cerveau, l’homme deviendrait-il pour autant immortel, impérissable ? Non, car si un tel homme tombait accidentellement dans un haut fourneau chauffé à 2500 degrés Celsius, il mourrait sur le coup, démontrant ainsi qu’il n’était pas immortel. Être immortel c’est être impérissable, inaltérable dans le temps. La science moderne ne peut donc pas rendre l’homme immortel, impérissable, car l’homme est inflammable. Évidemment, des scientifiques me diront que la science moderne pourrait rendre la peau de l’homme ininflammable, mais même dans ce cas il suffira de jeter au cœur du soleil cet homme ininflammable pour constater qu’il est mortel. La température au cœur du soleil étant de 15 millions de degrés Celsius. Mais je vais vous dire quelque chose d’extraordinaire : même le soleil est mortel ! C’est fou, non ? Le soleil est une étoile qui après avoir fusionné son hydrogène deviendra une géante rouge, absorbera les planètes Mercure, Venus et la Terre, puis deviendra une naine blanche et s’éteindra complètement. Des scientifiques m’objecteront que d’ici là la science aura trouvé le moyen de vivre sur la planète Mars et trouvé aussi des énergies de substitution au soleil. Parce que la science peut tout, voyez-vous. Ceux qui rigolent sont des obscurantistes. Le problème, c’est que lorsque le soleil mourra, et avec lui le système solaire, la planète Mars sera éjectée dans le vide intersidéral. Mais des scientifiques m’affirmeront très sérieusement que d’ici là la science aura trouvé le moyen de mouvoir la planète Mars en douceur ou de la stabiliser. À cela, je leur répondrai que l’univers évolue vers son effondrement terminal, le fameux Big Crunch, ou vers sa mort thermique et que l’homme est donc inéluctablement mortel puisque l’univers lui-même est mortel. Mais des honorables scientifiques m’affirmeront que la science trouvera d’ici là le moyen de soutenir l’univers ou de le réchauffer et que par conséquent l’homme est immortel, par sa science, et qu’il deviendra Dieu, scientifiquement. « Ne serait-il pas plus simple d’admettre la réalité de l’Être divin et de revenir à Lui ? », leur dirai-je. « Ah non, la science doit rester laïque », me rétorqueront-ils. « Mais précisément, vouloir devenir Dieu scientifiquement n’est pas du tout laïc ! », leur répliquerai-je. « Si, parce qu’il s’agira d’un Dieu scientifique ! ». « Vous voulez dire un Grand Architecte qui fait des plans et qui calcule pour accroître toujours plus sa puissance, persuadé que l’accroissement de puissance est sans limite ? », leur lancerai-je. « Oui, absolument », me répondront-ils. « Mais cette figure de la volonté d’accroissement de puissance sans limite n’est pas celle de Dieu mais celle de Lucifer, après sa chute…», leur dirai-je. « Eh bien, on essaiera de ne pas commettre les mêmes erreurs ! », me répondront-ils en s’en allant riant. On lutte contre le fanatisme religieux avec la science, mais avec quoi lutte-t-on contre le fanatisme scientifique ?