Chroniques-Dortiguier


Le fantôme de l’opéra


Plusieurs connaissent l’histoire d’un certain pianiste Ernest dont la fiancée aurait été brûlée au Conservatoire de musique la rue Le Peletier (9e arrondissement de Paris, et qui horriblement défiguré mais ayant échappé à  cet incendie, hanterait depuis lors les sous-sols de l’Opéra de Paris. L’histoire remonte à octobre 1876, pendant la construction du Palais Garnier. Cela vaut pour caractériser cette exhibition idéologique contemporaine, ayant tous les traits de l’hystérie, et qui prend pour toile de fond l’islamisme, le sionisme et tant d’autres « ismes », sur la scène française dont la « médiocrité est la devise« , pour reprendre les mots sévères et exacts d’Arthur comte de Gobineau à Ernest Renan (le 10 Janvier 1857) pour le remercier de l’envoi de son Histoire générales des langues sémitiques (1855), dans une lettre datée de Téhéran publiée aux éditions « A l’Écart » par l’excellent et strict érudit François d’Argent qui, en poste un temps à Heidelberg, travailla longtemps chez l’éditeur Vrin et était lié à la famille de l’illustre diplomate en Perse et philologue, comme aussi anthropologue, « amoureux de l’Islam », comme il l’écrit  à son ami et collègue Tocqueville dont il n’appréciait pas le libéralisme colonial et le mépris tout maçonnique de ce qu’il juge être l’obscurantisme arabe en Algérie dont le noble Koran serait le confort.


Nous avons toujours des Tocqueville, moins de Renan ce Breton qui sut étudier le Liban avec sa sœur Henriette sur laquelle notre cher maître de Logique et professeur en Algérie d’avant-guerre, feu le Dr René Poirier, ancien pensionnaire de la Fondation Thiers (9e arrondissement de Paris) membre de l’Institut qui ne cachait pas devant moi son admiration – le mot est de lu i- de la spiritualité islamique, donna de très intéressantes indications dans ses cours aux étudiants étrangers en Sorbonne, durant sa retraite. L’on consultera sur ces mots de Gobineau fustigeant la médiocrité des élites françaises qui se continue et grossit même sous la loupe de cette présente mascarade, sanglante, il est vrai, mais lourde, sinon écervelée, se payant de mots creux, la collection d’opinions et de jugements sains, dont celui du grand Goethe, collectionnés par le cher érudit et rigoureux, courageux en un mot, Dr Salim Laïbi. Que le lecteur profite de la mention de cette lettre peu connue à Ernest Renan, homme à préjugés mais doté de génie, et d’une force intellectuelle peu reconnue, sectaire en droit et  libre de par l’indépendance naturelle le plus souvent aux Bretons, d’une germanophilie savante qui énerve les Zemmour du Tout-Paris, pour prendre  connaissance de ce qui est le destin de la grandeur en France royale, républicaine, impériale, qui tue ses héros et gonfle des médiocres de tout bord, prêt à bouleverser l’ordre naturel pour asseoir un vide intérieur accru par le progrès technique même :


« À mon avis, on ne vous a pas loué de ce qui mérite la louange, c’est-à-dire la grandeur de l’entreprise, la beauté de l’exécution, la forme compacte que vous avez donnée aux résultats de vos recherches, la netteté de l’idée qui y a présidé, la simplicité avec laquelle vous présentez le fruit final d’un difficile travail. Si je peux dire librement ma pensée, on ne vous a pas félicité de cela, parce  que je ne  crois pas qu’on l’ait compris. Médiocrité c’est la devise de la science française. » Et de lui écrire plus loin : « Vous appelez cela une nation de gentilshommes ? Le croyez vous sérieusement ?« 


Cette maison de France brûle de toute part, ses vêtements enflammés causent une mort horrible et pour effacer ce spectacle l’on veut croire à un fantôme vengeur caché dans les profondeurs de son Opéra parisien, le même qui avait vu la cabale du Jockey Club sifflant le Tannhauser de Wagner, génie qui faillit s’éteindre de misère à Paris. Dans l’Histoire ce personnage défiguré, comme ce spectre de l’Opéra, ressort, tourne comme un manège, s’abstient du reste, comme la Commune de Paris de toucher à l’hôtel et aux autres bien des Rothschild, alors qu’il fusille volontiers des notables et même un archevêque et quelques Jésuites, comme le fit administrativement la Commune de Paris dont les membres furent à leur tour exécutés par les Bretons fusiliers marins qui ne portaient pas dans leur cœur, « haïssaient », comme on aime à ne pas dire aujourd’hui, les monstres de la République. Thiers, me direz vous, qui frappa ces sortes de Gilets jaunes d’alors, était franc-maçon. Oui, les dirigeants, du moins les médiatisés, de la Commune, le compositeur montmartrois  de l’Internationale aussi ! Gare aux fantômes ! Une malice du Diable !

Pierre Dortiguier