Le pape d’origine allemande Benoît XVI accueille des enfants à Munich, le 10 septembre 2006. WOLFGANG RADTKE / POOL / AFP

C’est dramatique et choquant au plus haut point, eu égard au nombre de victimes des prédateurs pédophiles sévissant au sein de l’église catholique, protégés de surcroît par leurs hiérarchies pendant des décennies et n’ayant écopé d’aucune sanction et certainement pas pénale. L’église catholique a été infiltrée par une armée de démons assoiffés d’innocences et qui a détruit tant de vies et discrédité pour longtemps l’Église. Il faut croire que l’ennemi de Dieu est très puissant, qu’il prend son temps, dynamitant systématiquement de l’intérieur les grandes religions : ce sera la pédophilie pour les chrétiens et le terrorisme aveugle pour les musulmans. Diablement efficace !


L’Église catholique allemande se doutait-elle en demandant à des chercheurs de tirer un bilan des agressions sexuelles commises en son sein depuis la guerre que le bilan serait aussi lourd ?

Le rapport, qui ne recense sans doute pas tous les cas, parle de près de 3700 agressions sexuelles. La conférence épiscopale allemande devra à la fin du mois tirer les leçons de ce rapport.

« Nous sommes accablés et honteux. » L’évêque Stephan Ackermann qui réagissait au nom de la conférence épiscopale allemande n’a pas cherché à enjoliver les résultats de l’étude. Menée par des universitaires indépendants, elle devait être présentée à la fin du mois lors d’une rencontre des évêques allemands mais la presse a été plus rapide.

3677 enfants, en majorité des garçons de moins de 13 ans, ont été victimes de viols et d’agressions sexuelles au sein de l’Eglise catholique allemande de 1946 à 2014. Dans près de 1700 cas, leurs auteurs étaient des membres du clergé.

Ces résultats sont sans doute en dessous de la vérité. Les chercheurs n’ont pas eu accès aux archives de tous les diocèses allemands. Et de nombreux documents ont été détruits ou manipulés dans le passé pour dissimuler les faits ou les minimiser.

Le rapport souligne que les suspects n’ont pas eu à craindre de graves sanctions de l’Église. Ils ont été transférés dans d’autres paroisses sans que les fidèles ne soient au courant du passé des prêtres concernés. Un tiers des suspects a subi des sanctions minimes ou inexistantes.

L’Allemagne a déjà été secouée dans le passé par des scandales semblables. Le plus connu concernait le très connu chœur catholique de Ratisbonne où d’après un rapport 547 enfants ont été victimes d’agressions sexuelles et de viols entre 1945 et 1992.


■ Un sommet sur la crise pédophile dans l’Église au Vatican en février

Pour la première fois, il rassemblera les présidents des conférences épiscopales du monde entier. L’annonce a été faite ce mercredi dans un bref communiqué du Conseil des cardinaux qui se réunit régulièrement autour du pape François, précise notre correspondant au Vatican, Éric Sénanque.

Le pape a décidé de convoquer une réunion avec les présidents de toutes les conférences épiscopales sur le thème de « la protection des mineurs ». La réunion se tiendra au Vatican du 21 au 24 février prochain.

Pendant une nouvelle réunion de trois jours, le petit cercle de cardinaux qui conseille le pape François sur sa réforme de la Curie a notamment planché sur la question des agressions sexuelles sur des enfants qui plombent l’Église sur plusieurs continents. L’un des grands chantiers du pape argentin est de responsabiliser les évêques. Après la visite de tout l’épiscopat chilien au mois de mai, c’est donc cette fois-ci les chefs de tous les évêques de chaque pays qui sont priés de venir à Rome.

Dans sa lettre « au peuple de Dieu » publiée il y a trois semaines, le souverain pontife appelait les laïcs à lutter contre le « cléricalisme », l’un des obstacles majeurs selon lui à la fin des abus. En convoquant ce sommet inédit dans l’Eglise sur la crise pédophile, le pape espère écouter ces évêques du monde entier pour enfin apporter des réponses concrètes dans la lutte contre ce fléau. En mettre certains aussi face à leurs responsabilités.

Le pape François recevra par […]


Pascal Thibaut / rfi