Voici un article très intéressant de la revue Prescrire, la seule revue médicale, indépendante de Big Pharma, qui revient sur l’influence néfaste des visiteurs médicaux sur les prescriptions des médecins. Effectivement, une étude a démontré que les médecins qui recevaient le plus de visiteurs médicaux étaient influencés par le discours de l’industrie étant donné que leur prescription était plus lourde que celle des autres, coûtait plus cher à la sécurité sociale et avait recours à des médicaments nouveaux, sans service médical rendu supérieur aux anciennes molécules. En d’autres termes, s’il y a une armée de visiteurs médicaux payés une fortune par Big Pharma c’est qu’elle a une utilité certaine au bénéfice de Big Pharma.


L’influence néfaste de la visite médicale sur les prescriptions est établie depuis longtemps.

Mieux vaut ne pas la sous-estimer, quand firmes et ministère de la Santé persistent à vouloir la légitimer sous couvert d’une Charte de bonne conduite.

L’influence néfaste de la visite médicale sur la qualité et le coût des prescriptions est établie depuis longtemps par des études réalisées dans le monde entier.

Une étude réalisée en Bretagne en 2009-2010 donne un exemple concret de l’influence de la visite médicale sur les médecins. Selon cette étude menée sur 179 médecins, ceux qui recevaient le plus de visiteurs médicaux avaient un temps de consultation plus court et davantage de consultations quotidiennes. Ils étaient installés depuis plus longtemps, lisaient davantage de presse médicale gratuite et moins de presse médicale payante.

Ces médecins prescrivaient davantage de sartans, de glitazones, de gliptines et certains antibiotiques tels que la moxifloxacine (Izilox°), la lévofloxacine (Tavanic° ou autre) et la télithromycine (Ketek°). Autant de substances dont les visiteurs médicaux font la promotion au détriment de substances mieux évaluées, moins dangereuses, ou moins chères.

Cette étude a également montré une corrélation statistiquement significative entre le nombre de visiteurs médicaux reçus par les médecins, et le nombre et le coût de leurs prescriptions.

L’influence néfaste de la visite médicale détourne les soignants d’un objectif fondamental : proposer aux patients de bénéficier de soins plus appropriés. Raison de plus pour les médecins de suivre l’exemple des 17 % de médecins généralistes interrogés qui refusaient la visite médicale.


Prescrire

1er juin 2013