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Photo non datée de Naomi Musenga, diffusée par ses proches le 10 mai 2018. (CATHERINE FABING / MUSENGA FAMILY)

Cette sordide affaire démontre à quel point le système de santé français est malade car il est inconcevable qu’une patiente qui appelle les urgences du SAMU et qui décède à cause d’un dysfonctionnement évident ne fasse pas l’objet d’une enquête approfondie immédiatement et non six mois plus tard, et encore uniquement à cause de la médiatisation de l’affaire, sinon absolument rien n’aurait été fait. On a l’impression que tout le monde applique le principe crapuleux du pas vu pas pris !


L’opératrice avait lancé au téléphone « oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde ».

Le responsable du Samu de Strasbourg a démissionné, mercredi 20 juin. Cette décision intervient juste après la publication de l’enquête menée par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) après la mort, fin décembre, de Naomi Musenga. Ce rapport a conclu que la « procédure de régulation » générale établie par le Samu de Strasbourg n’était « pas conforme aux recommandations de bonnes pratiques et source de risque pour les patients ».

Les réponses « non adaptées de l’assistante de régulation médicale », qui n’avait pas pris l’appel de la jeune femme au sérieux, sont aussi mises en cause par l’Igas, car elles ont « conduit à un retard global de prise en charge de près de 2h20 ».

Cette mère de famille de 22 ans est morte peu après avoir été raillée par deux opératrices des secours de l’hôpital universitaire de Strasbourg (Bas-Rhin). Une autopsie pratiquée cinq jours plus tard a montré que Naomi Musenga était morte des suites d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique ».


avatarfranceinfo / AFP