Voici quelques images du rassemblement de soutien à la révolution pacifique algérienne dite du « Hirak » afin de mettre en garde les gouvernements européens et d’informer les peuples : il n’est plus possible de soutenir des dictatures militaires, de se rendre complices du pillage de l’Afrique et continuer de balancer des discours démocratiques en faisant semblant que tout va bien.





« Nous venons dire aux pays européens « arrêtez de légitimer ce régime qui ne respecte pas les droits de l’Homme, et aidez nous à construire une véritable démocratie » »

Dans la foule, outre une nuée de drapeaux algériens, des pancartes réclamaient « La souveraineté au peuple », « La liberté pour l’Algérie » et affichaient un large « NON à l’armée »

Plusieurs centaines de membres de la diaspora algérienne en Europe se sont rassemblés dimanche à Strasbourg à proximité des institutions européennes pour exprimer leur soutien au mouvement anti-régime Hirak et dénoncer la duplicité des États européens « complices de la junte militaire ».

Venus de Paris, Bordeaux ou Marseille, mais aussi de Belgique, d’Allemagne ou d’Italie, entre 500 (selon la police) et 1 000 manifestants (selon les organisateurs) se sont réunis devant les bâtiments de la Cour européenne des droits de l’Homme, avant de rejoindre les abords du Parlement européen.

Dans la foule, outre une nuée de drapeaux algériens, des pancartes réclamaient « La souveraineté au peuple », « La liberté pour l’Algérie » et affichaient un large « NON à l’armée ». « Laissez-nous reconstruire l’Algérie », pouvait-on lire sur une banderole.

« Il y a une escalade de la répression en Algérie contre les manifestants pacifiques, avec des arrestations massives, de la torture, des viols. C’est une catastrophe, le peuple est assiégé et nous sommes ici pour le dénoncer », a déclaré Assia Guechoud, citoyenne franco-algérienne établie en Alsace, organisatrice du rassemblement.

« Nous venons dire aux pays européens « arrêtez de légitimer ce régime qui ne respecte pas les droits de l’Homme, et aidez nous à construire une véritable démocratie » », a-t-elle ajouté. « Quoi qu’il arrive, notre révolution ne s’arrêtera pas : cela fait deux ans et demi (que le mouvement du Hirak a commencé, ndlr), et nous continuerons ».

« Il faut que les généraux au pouvoir disparaissent », a plaidé Fethi S., venu de Paris, qui refuse de donner son nom parce qu’il a « peur ». « Moi j’ai 35 ans, j’ai vécu 20 ans en Algérie, j’ai perdu mon père au cours de la décennie noire (1992-2002, ndlr) je n’ai pas connu la liberté là-bas ».

« Le régime a anéanti tout espoir pour les jeunes en Algérie », a estimé Abder Y., infirmier de 62 ans installé en France.

« Nos jeunes sont en train de quitter l’Algérie pour venir ici ou en Espagne, et ils meurent en mer. On ne veut pas de nouveaux « boat-people ». Ils faut que les Européens, a minima, arrêtent de soutenir et d’armer ce régime, pour que nous puissions établir une véritable démocratie, et retourner en Algérie », a-t-il poursuivi.

Né en février 2019 du rejet massif d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, qui a démissionné en avril de la même année, le Hirak réclame un changement radical du « système » politique en place depuis l’indépendance (1962).


Photo d’illustration : Cette photo montre l’intérieur de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) à Strasbourg, le 7 février 2019. (Photo / AFP)

AFP
24 mai 2021