Poème primé au Concours de Poésie Intersidéral et Sidérant 

Du versant des vivants
Au couchant des mourants
Le Conversano pend
Son linge agonisant

Au balcon de ses relents
Vacillent encore gluants
Sur la tête des passants
Les pertes de son séant

Méphitique roman
Emporté par le vent
D’un pauvre adolescent
Qui jouait Artaban

Souriant mais errant
Ce manant sans talent
Avait conçu un plan
Pour sortir du néant

Aboyer à l’encan
Encaisser jusqu’au sang
Y perdre quelques dents
Et gagner son péan

Mais accablé pourtant
Par son renom puant
Il chercha en geignant
Quelques bras consolants

Une sorcière écoutant
Les couplets lancinants
De cet étrange ruffian
Répondit en bavant

La complainte un moment
S’affaissa carrément
Spectacle ronronnant
Apparut ennuyant

Et l’escroc indigent
À court d’or et d’argent
Et à court d’expédients
Conçut un autre plan

Quêter vers l’Occident
Puis se barrer vers l’Orient
Avec femme et enfant
Pour festoyer comptant

Mais après quelque temps
D’échecs retentissants
Il finit sans slogan
ni vin ni olifant

Seul sur un balcon blanc