Peu de gens ont parlé du communiqué du 7 décembre dernier diffusé par le Grand Orient de France et signé par Jean-Philippe Hubsch. Nous voulions revenir sur les propos tenus et démontrer à quel point cette organisation très puissante qui gouverne pratiquement la France depuis deux siècles est d’une immense hypocrisie. En réalité, c’est la panique à bord, car le GODF sait très bien que le peuple se réveille et qu’il a compris.

Premièrement, malgré la gravité de la situation, avec le pays quasiment en feu, le communiqué commence par cette histoire de laïcité et de volonté de la faire appliquer en Alsace-Moselle comme s’il s’agissait d’une priorité nationale absolue, une revendication des #GiletsJaunes ! Décidément, cela relève de la pathologie.

Ensuite, le communiqué va faire un état des lieux de la réalité économique catastrophique de la France et la paupérisation de son peuple en demandant aux politiques de mettre en place un Grenelle de la pauvreté… On croit rêver ! Alors que le GODF – au même titre que la GLNF… – est au pouvoir en France depuis deux siècles, et qu’il s’accapare tous les ministères régaliens sans exception aucune*, comment ose-t-il aujourd’hui se dire étranger aux politiques ultralibérales menées depuis des décennies ! Faut-il établir ici la liste de tous les ministres de l’économie francs-maçons qui se sont succédé ! Il nous suffit de citer le ministre du budget Cahuzac qui s’est illustré par son évasion fiscale et qui a été condamné par la justice.


« Que trouve-t-on dans les gilets jaunes ? Essentiellement, une population sans repère et désespérée emportée par les extrémistes de tout bord. Là est le vrai danger, car ce peuple en colère est prêt à tous les excès. »


Mais ce qui est le plus choquant dans ce communiqué c’est bien l’arrogance du ton utilisé et le mépris que l’on peut lire lorsqu’il s’agit des gilets jaunes qui seraient selon eux un mouvement désordonné composé de gens du peuple incapables de penser correctement car ils ne sont pas dirigés par des partis ou des syndicats. Effectivement, même le faux gauchiste frère-la-truelle Mélenchon (GODF) n’arrive pas à mettre la main sur cette fronde populaire. C’est nouveau pour eux, c’est la première fois qu’il n’arrivent pas à comprendre ce qui se passe ni à contrôler les événements en cours. Du coup, il ne leur reste plus qu’une seule solution, diaboliser le mouvement et le discréditer car comme vous le savez, eux seuls possèdent la Lumière, la science et le savoir nécessaire à la gestion des affaires de la cité. Vous autres Gilets jaunes vous n’être que du bétail, des ignorants et des gueux incapables de comprendre quoi que ce soit.

Comme toujours, à l’instar du pouvoir qu’elle infiltre et qu’elle tient d’une main de fer depuis trop longtemps, la mafia maçonnique n’a rien vu venir et ne sait quasiment jamais préoccupée du sort du peuple, de la pauvreté et de la misère, de la souffrance des plus faibles dans un pays qui est censé être parmi les cinq plus puissants du monde ! Ils ne se réveillent que parce que le feu est dans la demeure mais c’est malheureusement trop tard pour eux.



* Ministères Intérieur, Armées, Économie et finances, Justice, Éducation…


À l’heure où une modification de la loi du 9 décembre 1905 nous est annoncée, réforme sans doute d’autant plus dangereuse et sournoise qu’elle s’appuie sur le besoin d’organiser le fonctionnement du culte musulman et de regagner les territoires perdus de la République, nous devons augmenter notre vigilance. Rappelons toujours cette phrase si simple et si claire du grand Victor Hugo : « l’État chez lui, l’Église chez elle ».

Les francs-maçons et les laïques ne sont pas des adversaires des religions, ils souhaitent simplement que les croyances restent là où elles auraient toujours dû rester : dans la sphère privée. Le système français de laïcité permet depuis 113 ans une cohabitation pacifique, sans guerre de religion, sans prosélytisme subventionné, sans primauté d’une croyance sur l’autre. Certes, il reste des exceptions, avec le concordat d’Alsace-Moselle et aussi dans des territoires ultra-marins, mais nous continuerons le combat jusqu’à ce que la loi de 1905 s’applique dans chaque centimètre carré du territoire de la République.

Mais ce soir, mes inquiétudes vont au-delà de cette réforme annoncée, car ce n’est pas que la laïcité qui est menacée, c’est tout l’édifice républicain.

Depuis les dernières élections présidentielles, les partis politiques traditionnels ont explosé. Que reste-t-il des partis de gouvernement traditionnels ? Des ruines, dont la reconstruction est aléatoire. À côté de cela, un nouveau mouvement majoritaire, jeune, inexpérimenté, sans leaders charismatiques au Parlement, peine à être audible. Ceux qui tirent profit de cette situation, ce sont les extrémistes de tout bord aux discours populistes, qui attirent une population qui a perdu ses repères. Et comme le monde syndical ne se porte pas mieux, ce sont tous les corps intermédiaires traditionnels qui sont affaiblis.

À côté de cela, a-t-on vraiment pris la mesure de l’état de la population ? Pour tous ceux qui ont plus de 60 ans et qui ont commencé à avoir une conscience politique après la présidence de Georges Pompidou, le dernier Président qui pouvait dire aux Français : « Enrichissez-vous », toute leur vie a été bercée par deux mots : crise et austérité. Comment peut-on vivre heureux dans ce contexte de morosité permanente où on vous annonce la fin d’un tunnel alors que la montagne ne sera peut-être jamais percée ?

La campagne présidentielle de 1995 s’est faite sur la reconnaissance d’une fracture sociale. Mais qui a cherché à la réduire ? Bien au contraire, celle-ci n’a cessé de s’accroître. 3 millions d’enfants vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. Comment pouvons-nous accepter cette situation ?

Alors, à qui la faute ? Les politiques, qui multipliant leurs mandats électifs et donc les points de contact avec les territoires : communes, communautés de communes ou agglomérations, départements, régions, parlement national et parlement européen, auraient dû sentir la fracture sociale s’agrandir et prendre la mesure de la paupérisation croissante de la population depuis plus de 30 ans.

Avec le mouvement des gilets jaunes, dont la complexité provient de l’absence de leaders et d’interlocuteurs, de l’absence de cohérence dans les revendications, se résumant finalement à un appel au secours : « Ras le bol de cette vie sans avenir ! Aidez-nous ! » Aujourd’hui, nos institutions sont en danger ! La Révolution Française voulait la fin de la monarchie absolue et de l’accaparement des richesses par la noblesse, mais elle était entourée par des révolutionnaires éclairés et de grands tribuns. Plus près de nous, mai 68 était un soulèvement de la jeunesse et des classes populaires, mais encadrées par des syndicats puissants et des partis politiques organisés.

Que trouve-t-on dans les gilets jaunes ? Essentiellement, une population sans repère et désespérée emportée par les extrémistes de tout bord. Là est le vrai danger, car ce peuple en colère est prêt à tous les excès.

Nous avons tous ici été profondément choqués par les dégradations de samedi dernier, et en particulier en s’en prenant au symbole fort de la République qu’est l’Arc de Triomphe, et à la stèle du soldat inconnu, symbole de respect pour ceux qui ont offert leur vie pour que les survivants et leurs descendants que nous sommes puissent vivre en paix. Le symbole de destruction est inadmissible, mais à côté de cela, pouvons-nous juger de la détresse d’un peuple ?

J’appelle ce soir nos compatriotes à se retrouver autour des valeurs de la République, que sont la liberté, l’égalité et la fraternité.
J’appelle les élus de tous bords politiques à cesser de chercher à récupérer un mouvement dont ils ont aussi la responsabilité.
J’appelle le gouvernement à lancer un Grenelle de la pauvreté et de la précarité, car certaines lois ne sont pas correctement appliquées dans ce pays, et je pense en premier lieu à l’attribution des logements sociaux, mais aussi à l’inégalité devant tous les impôts directs et indirects.
J’appelle les manifestants à la retenue, envers les symboles de la République qui reste le système démocratique ultime qui nous permettra ensemble de surmonter cette crise, par le dialogue et par le respect.

Vive la République ! Vive la France !

Jean-Philippe HUBSCH 
Grand Maître du Grand Orient de France 
Paris, le 7 décembre 2018


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