Non seulement le patron du géant de l’automobile Renault-Nissan, maintenu en prison, est suspecté de délits boursiers, on apprend en outre que sa sœur est, elle aussi, impliquée dans une histoire d’enrichissement personnel frauduleux via des contrats de « consulting » signés par le génial Carlos ! Il est question tout de même de 1,7 million de $ ! Malgré tout cela, Ghosn a été reconduit à la tête de Renault en France car c’est ainsi que fonctionne la France ! Le gouvernement n’a rien trouvé à redire, tout le monde trouve cette façon de faire normale…


De 2002 à 2016, Claudine Bichara de Oliveira a perçu un salaire annuel de Nissan en tant que consultante en matière de… « dons ».

Claudine Bichara de Oliveira est la sœur de Carlos Ghosn. Depuis le jeudi 13 décembre, elle est sous le coup d’une plainte déposée par Nissan devant un tribunal de Rio de Janeiro (Brésil). La firme automobile la soupçonne d’un « enrichissement injustifié » alors que l’ancien patron de l’alliance Renault-Nissan est, lui, toujours en détention au Japon.

S’il a d’abord été arrêté pour des soupçons de délits boursiers, son train de vie a rapidement été épluché. Des éléments internes à l’entreprise ont été dévoilés à mesure que travaillait l’armée de juristes installée par Nissan pour scruter et justifier des années de factures.

Dès novembre dernier, le quotidien le plus lu au Japon, le Yomiuri shinbun, citant des sources internes à Nissan, révélait que Carlos Ghosn avait fait verser 100 000 $ par an à sa sœur aînée. Une rémunération pour son rôle de consultante, à compter de 2002, un an après la nomination de Ghosn au poste de PDG. Soit, année après année, près de 1,7 M$ (environ 1,48 M€).

Vendredi, L’Express a révélé que les enquêteurs de Nissan avaient mis la main sur un accord signé par Ghosn et sa sœur, évoquant en termes « vagues » la mission de celle-ci.

Surtout, le document n’évoquerait pas leur lien de parenté.

Installée au Brésil, dans l’appartement mis à disposition de son frère à Rio, Claudine Bichara de Oliveira, créatrice d’une société spécialisée dans les paiements en ligne, et présidente d’honneur de la chambre de commerce du Brésil en France, présidée par son frère, était chargée depuis mars 2003 « d’apporter des conseils à l’attention d’un comité consultatif de dons » chez Nissan. Puis, à une date qui n’est pas précisée, elle aurait été plus simplement chargée de conseiller son frère. Sa rémunération était d’abord de 50 000 $ (43 700 €), versés semestriellement, puis 60 000 (52 450 €). Les bonnes années, avec les bonus, ce sont près de 110 000 $ (96 160 €) qui lui ont été versés. Toujours selon L’Express, le dernier virement daterait de novembre 2016.

Les suites juridiques à cette plainte sont incertaines : en droit brésilien, le délai de prescription pour enrichissement sans cause est de trois ans. Si ces faits étaient corroborés, l’image de Carlos Ghosn en souffrirait bien davantage encore.

 

Photo d’illustration : ARCHIVE. Carlos Ghosn lors d’une conférence de presse à Paris le 15 septembre 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

J.Cl. – Le Parisien