L’ex responsable de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (OCRTIS), François Thierry, le 18 mars 2011 à Nanterre. (PIERRE VERDY / AFP)

Nul besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre que le trafic réalisé par Monsieur François Thierry, l’ex patron de l’OCRTIS, nécessite un grand nombre de complicités au plus haut niveau. Nécessairement, des magistrats ne pouvaient qu’être impliqués lors des enquêtes notamment avec ce faux informateur qui en réalité était un grand narcotrafiquant. Dans ce cas précis, le « faux en écriture publique » est considéré comme un crime et relève des assises ; l’affaire est donc extrêmement sérieuse et grave.


La vice-procureure du parquet de Paris et une ancienne procureure ont été entendues pour « faux en écriture publique » mardi, au sujet d’une garde à vue problématique de l’ancien informateur privilégié de François Thierry, l’ex-patron des « stups ».

Deux magistrates ont été placées en garde à vue mardi 9 octobre à Paris dans l’enquête sur l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), a appris franceinfo de sources proches du dossier, confirmant une information du journal Le Parisien.

Véronique Degermann, vice-procureure du parquet de Paris, et Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs), ont été entendues pour « faux en écriture publique », au sujet d’une garde à vue problématique de Sophiane Hambli en 2012, quand il était l’informateur privilégié de François Thierry, alors patron de l’Ocrtis.

L’ancien patron des « stups » également entendu

François Thierry, l’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), est en garde à vue depuis lundi 8 octobre à Lyon dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « associations de malfaiteurs », « faux en écriture » et « infraction liée au stupéfiants ». Une autre personne est également en garde à vue depuis lundi.

L’information judiciaire a été ouverte dans le dossier dit « Avoine », du nom de Hubert Avoine, un ancien informateur qui dit avoir été recruté pour des opérations d’infiltration, notamment dans les milieux narcotrafiquants, dont certaines auraient été réalisées dans des conditions douteuses.

François Thierry a par ailleurs été mis en examen le 24 août 2017 pour complicité, détention, transport et acquisition de stupéfiants dans le cadre de l’enquête sur la saisie record de sept tonnes de cannabis à Paris, importées par son informateur dans le cadre d’une livraison dite « surveillée ».


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