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On sait que ces fichiers existent depuis longtemps dans toutes les villes de France où un large communauté musulmane réside. Les politiques connaissent par cœur leurs quartiers maghrébins et ciblent parfaitement leurs efforts afin de faire voter les récalcitrants dans la bonne urne.


La police judiciaire de Versailles enchaîne les auditions dans l’affaire du présumé fichier des musulmans de Mantes-la-Ville. Mercredi, Julie Ferry, la responsable locale du PS, a été entendue en tant que simple témoin. La police ne lui reproche rien mais elle a participé activement à la précédente campagne municipale. Une ancienne proche collaboratrice de Monique Brochot, l’ancienne maire (PS) de Mantes-la-Ville qui a démenti toute implication, doit elle aussi être auditionnée ce vendredi.

Les enquêteurs ont été alertés il y a quelques mois, via un courrier anonyme, de l’existence d’un fichier recensant les musulmans de la commune. Ce courrier explique aussi que l’ancienne municipalité socialiste aurait utilisé ce fichier au cours de la campagne électorale des municipales de 2014 dans le but de démarcher les électeurs musulmans. Les policiers cherchent à savoir qui a créé ce document sensible. « On se demande tous, évidemment, qui est derrière cette histoire, glisse un militant. Cette incertitude suscite un climat pesant. On entend tout et n’importe quoi. Tout le monde est au courant mais personne l’a vu, ce fichier ! »

Même si son origine est incertaine, ce fameux document existe bien. Il a d’ailleurs été retrouvé dans des ordinateurs à l’hôtel de ville de Mantes-la-Ville lors d’une précédente perquisition. Il se présente sous la forme d’un tableau avec une série de noms maghrébins et africains. À gauche, un chiffre indique le bureau dans lequel votent ces habitants. À droite, figure un prénom censé être le référent du bureau de vote concerné. Beaucoup de ces prénoms sont ceux de membres de l’association des musulmans de Mantes-sud ou de la liste PS aux municipales. « Les membres de l’AMMS sont des citoyens qui font ce qu’ils veulent. Mais l’association n’a strictement rien à voir avec cette histoire », tranche Aziz El Jaouhari, son président.

L’affaire, qui ne fait que commencer, rappelle, au besoin, l’ambiance malsaine de la campagne 2014 et plombe l’ambiance dans les rangs des socialistes. « Cette histoire écorne l’image du PS local, c’est vraiment […]

Le Parisien