Les aides à la presse reviennent sur le devant de la scène, et pas pour de bonnes raisons, loin de là. Selon l’Observatoire du journalisme, les montants versés en 2025 n’apparaissent toujours pas sur la page open data du ministère de la Culture qui préfère les censurer tant la place de la propagande est importante aujourd’hui. D’après l’Ojim, ce serait une première historique.
Des aides à la presse qui se chiffrent en millions
Le ministère s’est pourtant engagé à publier chaque année la liste des titres et des groupes aidés. Cette transparence permet de savoir qui touche quoi, et pourquoi. Pour 2025, le budget prévoyait près de 195 millions d’euros d’aides directes. À cela s’ajoutent les aides indirectes, comme la TVA réduite à 2,1 % ou les tarifs postaux avantageux. D’après le Sénat, ces aides indirectes pèsent même davantage que les aides directes. Du bon argent magique essentiel à la propagande politique.
Un retard ou une vraie volonté de discrétion ?
Un retard n’est évidemment pas forcément une dissimulation, on va patienter encore un peu surtout après sa médiatisation. Les données 2018 et 2019 avaient déjà été publiées tardivement, à cause de la crise sanitaire. Néanmoins, ce silence tombe au pire moment pour un secteur fragilisé. Les contribuables ont le droit de savoir où va leur argent, surtout quand les sommes sont aussi élevées et que cet argent est donné à des milliardaires propriétaires des médias.
Des audiences en chute libre
Côté lecteurs, le constat fait très mal, de pire en pire. En août 2026, les sites d’actualité ont perdu 15,3 % de visites en moyenne sur un an, selon l’ACPM. Le Parisien recule de 31,4 %, Franceinfo de 29,6 % et Le Monde de 22,7 %. Pour septembre, l’Ojim évoque même une baisse globale proche de 23 %.
Depuis le 22 juillet 2026, Google affiche des résumés générés par IA en haut de ses résultats siphonnant les lecteurs historiques. Les internautes se désinforment donc toujours, mais sans cliquer sur les articles. Les conséquences sur les revenus publicitaires sont certaines.
Argent public et grandes fortunes : le vrai débat
Reste une question qui dérange, à gauche comme à droite. Plusieurs grands titres appartiennent à de très grandes fortunes, comme Le Parisien et Les Echos, propriétés de LVMH. Ces groupes figurent régulièrement parmi les bénéficiaires des aides à la presse, aux côtés de petits journaux indépendants. Comment est-il concevable et acceptable de donner des centaines de millions d’euros à des milliardaires puis expliquer aux citoyens en difficultés que les caisses sont vides, aux lycéens que la dette est abyssale…
En attendant, une seule chose permettrait de calmer la colère : publier les chiffres 2025 et mettre fin à cette gabegie. Si les journaux ne sont pas capables de vivre des ventes de leurs torchons et de la publicité ils n’ont qu’à fermer boutique.




























