Ce second volet est beaucoup moins intéressant que le premier que nous avions déjà analysé et commenté ici. En écoutant Monsieur Raphaël Enthoven affirmer que le mouvement des gilets jaunes est mort dès l’apparition d’Alain Finkielkraut, on se rend compte à quel point ça ne veut rien dire étant donné que le nombre de manifestants, selon les chiffres officiels, a augmenté de 50 % entre samedi dernier et le samedi précédent ! On aurait largement préféré écouter Étienne Chouard nous parler de son dernier livre Notre cause commune, l’effort et le temps passés à la tâche auraient été plus profitables pour tous.

Il sera ensuite question des accusations d’antisémitisme proférées par Botul à l’encontre d’Étienne Chouard. Juste avant la 13e minute, la question sera posée à Monsieur Enthoven qui affirmera ne pas être du tout d’accord avec cette accusation. Bien. Sauf que lorsqu’il affirme ne pas avoir vu depuis 20 ans notre philosophe nationale le plus stupide de l’histoire, permettez-nous d’en douter puisqu’il est édité chez Grasset qui est tenu par Jean-Paul, le papa de Raphaël, qui est aussi le meilleur ami de BHL ! On peut comptabiliser d’ailleurs 23 livres de Botul édités chez Grasset. Selon sa fiche Wiki : « Ainsi, en 1983, il devient Directeur éditorial des Éditions Grasset, prend la direction de la collection « Biblio-Essais » fondée par Bernard-Henri Lévy au Livre de Poche. […] Depuis 1993, il est conseiller éditorial de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point où il publie notamment des chroniques littéraires. » ! Faut-il rappeler que Botul publie un bloc-notes dans ce même Point depuis très longtemps ?! D’ailleurs, curieusement, Raphaël Enthoven est sur la même ligne que Botul en ce qui concerne les Gilets jaunes ! Bizarre…

Concernant l’exercice du pouvoir par le tirage au sort ou le politicien professionnel, on retrouve la technique rhétorique si chère à M. Enthoven : blablater sans respirer en disant une chose et son contraire et en s’appuyant sur des philosophes qui affirment le contraire de ce qu’il dit ! Il affirme même que les politiciens tirés au sort seraient aussi corrompus que les autres car ils doivent plaire au peuple ! Pourtant c’est l’inverse qu’il faut dire. C’est d’ailleurs l’inverse que l’on constate depuis 30 ans, voire plus ; du coup, la théorie n’a plus lieu d’être discutée car le réel l’emporte toujours.

Le pompon sera atteint quand il parlera de « tyrannie populaire » qui est tout simplement une négation de la démocratie ! Le peuple est donc totalitaire quand il décide ce qu’il veut. On est dans une pure pratique de pilpoul et de chutzpah assez spectaculaire et remarquable.

On a eu quand même droit au Zyklon B vers la fin du débat, on se demande bien pourquoi ! Si, l’argument massue qui se veut terrorisant, à même de mettre fin au débat dans la seconde qui suit ! M. Enthoven ne veut même pas que l’on traite l’exécutif de « fripouilles » ou de « gredins » alors que le pays est en faillite, les suicides se multiplient, les SDF meurent par centaines dans les rues et dans le froid… Pauvre chou !

On pourra multiplier ce genre de débats avec Monsieur Raphaël Enthoven et nous ne pouvons malheureusement que constater leur inutilité, car comme l’explique encore une fois parfaitement Arthur Schopenhauer dans son magistral le livre L’art d’avoir toujours raison, il faut bien choisir ses interlocuteurs avant tout échange, autrement tout ceci n’est que perte de temps.