Nous avons, en France, l’extrême droite la plus stupide au monde puisqu’elle va aller chercher conseil auprès du très nationaliste Steeve Bannon, l’ex-conseiller de Donald Trump qui est à la tête du pays dirigeant le monde sans partage depuis 70 ans. Il faut être sacrément dérangé du ciboulot pour croire que ce monsieur va travailler pour les intérêts de la France !


À moins d’une semaine des élections européennes, Steve Bannon reste mobilisé auprès des partis d’extrême droite du Vieux continent.

Les objectifs de son organisation ont évolué et s’étendent au-delà du scrutin de mai. Enquête.

« C’est marrant que vous me posiez la question maintenant. Je l’ai croisé hier, Steve Bannon ! »  Thierry Mariani, candidat du Rassemblement national (RN) pour les élections européennes, a donc pris un selfie avec le militant conservateur américain. La scène a eu lieu lundi 1er avril, quand celui-ci traversait le hall d’entrée du siège du parti d’extrême droite pour assister à une réunion. Quelques jours plus tard, selon Paris Match, Steve Bannon a également partagé un déjeuner en plein Paris avec Jérôme Rivière, le porte-parole du parti de Marine Le Pen. Et quelques jours plus tôt, il parcourait l’Italie, à la rencontre des figures de La Ligue du Nord, le parti de Matteo Salvini. Ce week-end encore, il se trouvait à Paris où il a multiplié les apparitions dans les médias.

Pourquoi l’ancien chef de campagne et conseiller de Donald Trump se rend-il aussi fréquemment en Europe ? Depuis le mois de juillet, celui qui fut employé de la banque Goldman Sachs avant d’arpenter les couloirs de la Maison Blanche est à la tête d’une organisation européenne basée à Bruxelles, « The Movement ». L’objectif : « Promouvoir une vision nationaliste, souverainiste contre le globalisme », détaille son bras droit bruxellois, Mischaël Modrikamen. Et renforcer ce camp populiste qui promeut « le réveil des nations », à l’échelle de l’Union européenne. Mais l’organisation, encore naissante, se heurte déjà à de sérieux obstacles.

Un communicant « à la recherche de clients »

Limogé de son poste de haut conseiller à la Maison Blanche en août 2017, Steve Bannon est mis à l’écart une seconde fois, cinq mois plus tard, quand il doit quitter la direction éditoriale du site Breitbart News, le média de l' »alt-right » américaine, une mouvance d’extrême droite qui diffuse une idéologie raciste et identitaire, estimant que la culture occidentale blanche est « menacée ». Dans les mois suivants, observant de près la montée des populismes à travers l’Europe, l’Américain tente un nouveau pari sur le Vieux Continent. Une idée germe : pourquoi ne pas y établir une sorte d’union des partis d’extrême droite européens ? « Steve Bannon est un consultant politique, il est à la tête d’une entreprise de communication politique et il est à la recherche de nouveaux clients », analyse Jean-Yves Camus, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques et spécialiste de l’extrême droite.

Dans ses bagages, des conseils en terme de stratégie de communication sur les réseaux sociaux, des concepts et des éléments de langages, des méthodes de sondages, des contacts, une expertise dans la collecte et l’exploitation de données. « C’est un communicant, il a incontestablement une expertise en terme d’analyse de la pensée politique », considère Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national, interrogée par franceinfo.

« C’est toujours intéressant de pouvoir partager l’expérience de quelqu’un qui a mené la campagne de Donald Trump. » Marine Le Pen à franceinfo

Les contacts entre le parti d’extrême droite français et Steve Bannon sont anciens. Le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, l’a rencontré en personne à New York (États-Unis), en octobre 2017. Il était accompagné de Jérôme Rivière. « C’était un échange sur les campagnes des uns et des autres. On était en demande sur une chose : montrer qu’on est nombreux à partager cette vision de la société. » Ce qui unit Steve Bannon et le Rassemblement national, c’est la promotion d’une « vision nationaliste et souverainiste contre le globalisme », selon Mischaël Modrikamen.

Depuis, Jérôme Rivière assure à franceinfo avoir revu Steve Bannon « une dizaine de fois, partout, en France ou à l’étranger ». Dans « Envoyé spécial : Bannon, le stratège de l’ombre« , la documentariste Alison Klayman, qui a pu suivre Steve Bannon pendant un an, évoque une rencontre à l’été 2018 dans un hôtel de luxe londonien. Devant sa caméra, Louis Aliot et Jérôme Rivière rencontrent l’ancien conseiller de Donald Trump. « Ce que j’ai constaté, c’est qu’ils venaient le voir comme consultant. Très rapidement, ils lui ont parlé argent. Je crois que c’était vraiment pour ça qu’ils venaient le voir », assure-t-elle à « Envoyé spécial ».



Munis de classeurs, les deux Français semblent hésitants quand le sujet des finances du parti est mis sur la table devant Alison Klayman. Au moment où la documentariste quitte la réunion, Steve Bannon lâche : « Les deux millions d’euros, ça correspond à vos frais pour juillet et août ? » Interrogé par les équipes d' »Envoyé spécial », Jérôme Rivière assure que Steve Bannon ne leur « donne pas d’argent ».

Steve Bannon précise, de son côté, qu’aucun argent américain n’a été reversé au RN, seules les modalités de remboursement d’un emprunt ont été évoquées cet été-là. « Je leur ai donné quelques idées. Il n’y a rien de mal. Tout ce que j’ai fait, c’est de dire : ‘Voilà mes propositions : soit vous refinancez vos emprunts, soit vous levez des fonds chez des donateurs' », martèle-t-il auprès d' »Envoyé spécial ».

Une internationale populiste

Marion Maréchal le rencontre elle aussi lorsqu’elle prend la parole en février 2018, à Washington, à la « Conservative Political Action Conference », une grande réunion de conservateurs.


Marion Maréchal

I answer yes to the invitation of Stephen Bannon, CEO of @realDonaldTrump presidential campaign, to work together. http://www.lci.fr/elections-americaines/elections-americaines-stephen-bannon-l-homme-qui-murmurait-a-l-oreille-de-donald-trump-2012076.html 


Un mois plus tard, Steve Bannon est l’invité vedette du congrès du Front national, à Lille. Pour lui, l’idée d’une « internationale populiste » est en marche : « Vous faites partie d’un mouvement mondial qui est plus grand que la France, plus grand que l’Italie, plus grand que la Pologne, plus grand que la Hongrie », tonne-t-il devant les militants.

Entre janvier et juillet 2018, dopé par la réélection de Viktor Orban en Hongrie et l’arrivée au pouvoir de Matteo Salvini en Italie, Steve Bannon multiplie les rencontres avec les leaders européens d’extrême droite. Il espère créer des ponts, voire permettre l’émergence…


Marine Le Pen, Steve Bannon et Tom Van Grieken (Vlaams Belang), lors d’un événement organisé à Bruxelles, le 8 décembre 2018. (NICOLAS MAETERLINCK / BELGA MAG