Cette information concernant Saïd Sadi est brûlante, elle l’est d’autant que de nombreuses personnalités politiques et des journalistes l’avaient déjà accusé d’être impliqué dans l’assassinat du célèbre chanteur Matoub Lounès (lire Françalgérie, crimes et mensonges d’États de Aggoun et Rivoire). il s’agit ici d’une tentative d’assassinat d’un autre chanteur kabyle, Ferhat Mehenni, compagnon de lutte et ami intime de Saïd Sadi depuis deux décennies et membre important de leur parti politique, le fameux  RCD.

Encore une fois, ce ne sont ni les agents du renseignement et de la police politique algérienne et encore moins les islamistes qui sont derrière cette information, mais bien le chanteur lui-même, Ferhat Mehenni, qui l’a écrit noir sur blanc dans son livre Noël en otage publié en 2015 aux éditions Michalon. On imagine que Saïd Sadi va, comme à son habitude, crier au complot sauf que cette grave accusation portée en 2015 n’a jamais été démentie et encore moins attaquée en justice, les faits étant, par ailleurs, facilement vérifiables.


« Je me remets à réfléchir à l’avion que je devais prendre le 23 décembre au lieu du 24. Ce changement de date orchestré pour que je monte dans l’avion piégé était-il une tentative d’assassinat ? Mieux vaut ne pas pousser plus loin le raisonnement. Cela donne vraiment froid dans le dos. Malheureusement, le doute va devenir certitude. » dixit Ferhat Mehenni, page 152.


Comme vous pouvez le constater sur l’image de une aux pages 70 et 71 du livre puis à la page 152, Ferhat Mehenni accuse Saïd Sadi de lui avoir changé son billet d’avion afin de retarder son voyage Alger-Paris d’une journée et du coup tomber sur les terroristes qui vont détourner son vol. Pire encore, d’autres témoignages confirmeront cette volonté de retarder le voyage via un mauvais prétexte afin de se débarrasser de lui physiquement. Les conséquences sont très lourdes puisqu’il sous-entend que la direction du RCD, et à sa tête Saïd Sadi, savait ce qui allait se passer le lendemain, le détournement de l’A320 d’Air France d’autant qu’en Algérie, tout le monde connaissait la proximité de Saïd Sadi avec la police politique et le DRS ; la boucle est bouclée.

Ferhat Mehenni ne fait que confirmer dans son dernier livre que les services de renseignements algériens – DRS – étaient derrière une grande partie du terrorisme islamiste corroborant ainsi l’accusation du « qui tue qui » ! Malheureusement pour lui, il est coincé dans un paradigme erroné qui l’empêche de voir la réalité qui s’offre pourtant à lui.

Ferhat Mehenni affirme qu’il était en conflit ouvert avec Saïd Sadi concernant justement la mise en place du boycott scolaire puisque selon lui le patron du RCD ne voulait pas aller contre la junte au pouvoir qui était concentrée sur l’éradication des islamistes ! Les tensions étaient importantes entre les deux hommes selon l’auteur du livre, ils ne se sont plus parlé depuis. On apprend également à la page 147 de ce livre-témoignage que l’auteur rencontrera,  le lendemain du dénouement de la prise d’otages, un autre membre du RCD en la personne de Madame Khalida Toumi. La rencontre aura lieu dans un hôtel, place de la république, en présence de quatre hommes, membres selon lui des services de renseignements algériens. Faut-il rappeler que Khalida Toumi sera quelques années plus tard ministre dans différents gouvernements du règne de Bouteflika pendant une quinzaine d’années et qu’elle est actuellement en prison pour de nombreuses accusations de malversations. Cette affaire est une bonne synthèse et décrit parfaitement la réalité et le vrai visage des démocrates non-pratiquants algériens.

Pour finir : comment se fait-il qu’une telle accusation n’ait pas fait la une des journaux aussi bien en Algérie qu’en France ? Tout de même curieux, non !

Nous aurons naturellement à débattre de toutes ces histoires et accusations devant le tribunal comme vous devez vous en douter.