Adèle Haenel a parlé trois minutes. France Télévisions a censuré toute l’émission. Le 9 septembre, dans La Grande Librairie, l’autrice a dénoncé un génocide à Gaza et la complicité française. Le lendemain, le replay disparaissait de france.tv. Cette décision révèle un réflexe ancien. Critiquer Tel-Aviv déclenche encore une réaction brutale. Ce sont ensuite ces mêmes guignols qui nous parleront de liberté d’expression en Russie ou en Iran !
Pourtant le format « carte blanche » existe précisément pour laisser une voix s’exprimer sans filtre et SEULE, sans contradicteur en face. D’autres invités ont déjà évoqué Gaza dans le même créneau. Cette fois, le groupe public invoque l’absence de contradiction. L’argument sonne creux, stupide. Une séquence littéraire de fin d’émission n’a jamais fonctionné comme un débat contradictoire.
D’ailleurs le même service public accueille régulièrement le porte-parole de l’armée israélienne. Olivier Rafowicz enchaîne les plateaux. Il nie parfois la famine., il parle longtemps et sans contradicteur. Personne ne retire ensuite le journal entier. Le deux poids deux mesures saute aux yeux. Une invitée littéraire paie cash ; un officiel de Tsahal reste une source habituelle. L’Arcom avait épinglé France Télévisions et Radio France pour des fake news sur le 7-Octobre concernant Mamdani ! Mais chuuut, le lobby sioniste n’existe pas…
Ainsi le cahier des charges devient un outil sélectif. Il protège certains récits, ceux des génocidaires. Il sanctionne d’autres. Dire « génocide » et « complicité » reste risqué à l’antenne publique. Le silence autour de certaines paroles, que Haenel décrivait elle-même, se confirme par l’acte de dépublication.
La censure sioniste est une réalité
A. Haenel avait construit son texte autour de ce silence justement : certains mots existent déjà dans toutes les têtes, mais ils ne doivent pas être prononcés à l’antenne. Elle reliait le silence sur le viol et le silence sur Gaza. France Télévisions retire ensuite non seulement l’extrait, mais toute l’émission. Résultat : le geste éditorial devient la preuve de ce qu’elle venait de dire. Ils sont tombés dans son piège les pieds joints.
Cette affaire dépasse une émission littéraire. Elle montre jusqu’où va le tabou. On peut parler de l’entité sioniste mais en bien. On peut rarement le faire sans filet de sécurité éditorial. Le replay manquant devient alors plus éloquent que le texte lu à l’antenne.































