Il est tout de même assez choquant de constater l’hypocrisie de l’Élysée et du Quai d’Orsay lorsqu’il s’agit des arrestations ahurissantes et nombreuses de citoyens algériens parmi lesquels une élue, des jeunes manifestants totalement pacifistes, des personnes âgées de 86 ans… des arrestations dont certaines ont même entraîné la mort ! Pourtant, aucune condamnation n’a été entendue en France contre ces dérives autoritaristes du régime au pouvoir en Algérie, mais dès qu’en Iran, il y a une petite arrestation, insignifiante, c’est aussitôt le branle-bas de combat diplomatique et médiatique. On voudrait presque nous faire croire que le monde est menacé par cette arrestation, tellement ils en font trop ! De l’autre côté, la dérive dictatoriale et autoritaire du régime militaire en Algérie se poursuit et absolument personne n’a eu le courage de s’y opposer ne serait-ce que par la parole.

En réalité, la raison d’un tel comportement est très simple à comprendre. Si le régime militaire algérien tombe, les secrets les plus inavouables de la Françalgérie vont immédiatement faire surface et montrer à quel point l’Élysée était complice du pillage de l’Algérie.


Les autorités françaises tentent de s’informer de sa situation auprès du gouvernement iranien.

Sans succès pour le moment.

On ne sait pas encore précisément quand a eu lieu l’interpellation. Une chercheuse franco-iranienne de l’Institut d’études politiques de Paris, Fariba Adelkhah, a été arrêtée en Iran a annoncé lundi le ministère français des Affaires étrangères. La France réclame de pouvoir rencontrer sans délai cette anthropologue dont elle est sans nouvelle.

Plusieurs médias en persan basés à l’étranger affirment que cette interpellation remonterait à « trois semaines ». Les autorités françaises ont « effectué des démarches auprès des autorités iraniennes pour obtenir de leur part des informations sur la situation et les conditions de l’arrestation de Mme Adelkhah et demander un accès consulaire » à leur ressortissante. Elles n’ont reçu « aucune réponse satisfaisante » à ce jour, précise le ministère dans un communiqué.


« Autorisation sans délai »

« La France appelle les autorités iraniennes à faire toute la lumière sur la situation de Mme Adelkhah et leur réitère ses demandes, en particulier celle d’une autorisation sans délai pour un accès consulaire », insiste encore le ministère.

Chercheuse au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences-po-Paris, docteure en anthropologie de l’École des Hautes études en Sciences sociales (EHESS) de Paris, Fariba Adelkhah collabore à plusieurs revues scientifiques comme « Iranian Studies »…


Photo d’illustration : Fariba Adelkhah est chercheuse au Centre de recherches internationales (Ceri) de Sciences-po-Paris. LP/Olivier Boitet

15 juillet 2019