L’esprit révolutionnaire juif est un livre de référence sur l’antijudaïsme, une sorte d’encyclopédie historique dont le fil rouge est théologique. Préfacé par Pierre Hillard, l’ouvrage d’Eugene Michael Jones s’inscrit dans la grande tradition de la littérature catholique contre-révolutionnaire. Ce livre traite des multiples aspects de cet esprit révolutionnaire qui parcourt l’histoire depuis 2000 ans. Il cible, avec pertinence et précision, le mal spirituel rongeant cette communauté qui ne cesse de rejeter le messie annoncé dans l’Ancien Testament. Édité en France aux éditions Saint-Rémi, L’esprit révolutionnaire juif est un ouvrage à lire et à relire tant il est complet et riche en informations.



Comment définiriez-vous l’esprit révolutionnaire juif ?
E. Michael Jones : C’est le rejet du Logos par le peuple élu de Dieu.

Cet esprit réside-t-il avant tout dans le rejet de Jésus-Christ et l’opposition au Logos ?
Oui, cela commence par le rejet du Christ, mais se retrouve ensuite dans le rejet du Logos dans toutes ses manifestations, y compris l’ordre social en politique, la beauté en art et l’harmonie en musique.

Beaucoup de gens s’interrogent sur ce qu’est réellement un juif au XXIe siècle, sur ce qui le caractérise. L’esprit révolutionnaire que vous ciblez dans votre livre fait-il partie intégrante de l’identité juive ?
J’aborde toutes les formes d’identité juive dans mon livre, de l’étude orthodoxe du Talmud à la promotion juive du mariage gay. Dans chaque cas, nous trouvons une attaque sur le Logos.

Cet esprit juif anti-Logos est-il le moteur du mouvement révolutionnaire mondial ? À quand faites-vous remonter ce mouvement révolutionnaire ?
Oui, deux nouveaux chapitres de la deuxième édition de L’esprit révolutionnaire juif qui sortira bientôt m’ont convaincu que cet esprit est une catégorie de réalité et non de l’esprit et que l’histoire est incompréhensible sans cette compréhension du conflit entre Logos et anti-Logos. Le nouveau chapitre sur la crise arienne du IVe siècle après Jésus-Christ montre comment les juifs ont tenté de contrecarrer la nouvelle compréhension élargie du Logos qui a émergé avec le terme « homoousion » au concile de Nicée. Le nouveau chapitre sur le génocide arménien montre comment le conflit entre les jeunes turcs et les dashnaks, l’organisation terroriste arménienne, puisait sa source dans Narodnaya Volnya, l’organisation terroriste juive qui a émergé dans la seconde moitié du XIXe siècle en Russie.



Quelles sont, selon vous, les principaux personnages historiques incarnant cet esprit révolutionnaire juif ?
Barrabas, Simon bar Kokhba, Sabbataï Tsevi, Moses Hess, Trotski, Arnold Schoenberg, Vladimir Jabotinsky, Sigmund Freud, Wilhelm Reich, Lenny Bruce, Philip Roth, Al Goldstein, Amy Dean.

Depuis l’arrivée du Christ sur terre, les juifs ont-ils été à l’avant-garde de toutes les révolutions ?
Oui. Cela dépend de ce que vous entendez par « avant-garde ». Le rôle des juifs dans la révolution française n’est apparu qu’après la lettre de Simonini en 1806. L’abbé Barruel a délibérément supprimé cette lettre et ne l’a pas mentionnée dans ses Mémoires sur l’histoire du jacobinisme car il pensait qu’elle inciterait à la violence contre les juifs.

Le problème du judaïsme politique est-il central et incontournable aujourd’hui au XXIe siècle ?
Oui, ce problème est central et incontournable. Les bouleversements politiques actuels sont impossibles à comprendre sans l’aide du concept de l’esprit révolutionnaire juif.

Pensez-vous, comme saint Paul, saint Jérôme, saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, que les juifs se convertiront à la fin des temps et qu’ils cesseront alors enfin d’être des révolutionnaires ?
Le juif ne cessera d’être révolutionnaire que s’il rejette le rejet du Logos. La seule façon de le faire pleinement et complètement est d’accepter sincèrement le baptême. Je dis sincère parce que l’Église catholique ne subit pas ce que j’appellerais la crise néo-converso aux États-Unis, selon laquelle les juifs conservent leur identité juive et souvent leur orientation sexuelle perverse après la conversion. Cela a un mauvais effet sur la catéchèse aux États-Unis au moment où nous parlons.

Propos recueillis par Johan Livernette