Chroniques-Dortiguier


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Le franglais, arme de destruction spirituelle


Il ne s’agit pas de mettre en accusation des langues, miroir de l’esprit des peuples, fût-il brisé à partir d’une langue adamique originaire, ou leurs influences réciproques, mais d’indiquer sinon leur destruction générale, du moins leur abaissement programmé par cette même organisation qui crie au complotisme quand on l’écorche, et dont un de ses membres et physicien remarquable, à ses débuts (un de ses élèves, non pas lui, comme on dit, inventa la sirène), collaborateur de James Watt, John Robinson professeur, comme on disait après Descartes, pour les sciences physiques, de philosophie naturelle et secrétaire de la Société Royale d’Edinburgh. Il a justement parlé  dans son étude de 391 pages – vrai brûlot contre les Illuminati (ainsi les désigne-t-il en latin) – publiée en 1798, en quatre chapitres, et dédiée au secrétaire à la guerre du Royaume Uni, William Wyndham, intitulée – il faut le lire en original – « Proofs of a conspiracy against all the religions and governments in Europe carried on in the secret societies of Free Masons, Illuminati and Reading Societies » ou « Preuves d’une conspiration contre toutes les religions et tous les gouvernements tramées dans les sociétés secrètes de Francs-Maçons, d’Illuminati et de Sociétés de lecture« , visant ses confrères surtout continentaux dressés contre tout ce qui touche à l’ordre naturel des choses ! La langue en fait partie : la corrompre ou la gâter abrutit l’esprit et fait que l’on pense comme l’on fume, en s’empoisonnant !

Ainsi l’ex-patron de la CGT, auquel le site Le Libre Penseur a consacré une note rappelant que la République paie de bonnes places à ses adversaires de cour, comme il sied à l’opposition de Sa Majesté, Thierry Lepaon, vient-il de déclarer, en prenant en charge une association pour lutter contre les effets de l’inculture dont l’absence de morale et le cynisme ambiant sont le premier moteur, qu’il avait toujours été attiré, pour des raisons, du reste, personnelles, par la lutte contre l’illettrisme ! Chacun croit connaître le mot, qui est un faux ami d’Angleterre, illiterated signifie, non pas celui qui est inculte, que nous disons illettré mais celui qui est, selon le mot grec, analphabète, et donc lutter contre l’illettrisme c’est d’abord constater qu’aucune discipline n’a pu forcer l’attention de l’esprit à apprendre à former des lettres et à les assembler par cette faculté la plus attaquée par le monde moderne qu’est l’esprit de synthèse !

L’on sort des études secondaires, comme l’on débouche de la Gare Saint-Lazare, en masse compacte, et l’on voit des pantins, dont les programmes tirent les ficelles, recevoir des appréciations supérieures à 20/20 par des options délirantes, qui satisfont les illusions du candidat et de sa famille sur ses possibilités, éteignant en lui tout effort salvateur !


…et prétendre, comme les frères la truelle, que seule leur organisation a porté la lumière dans les ténèbres de l’ignorance, est un contre-sens logique, et une contre-vérité puisque plus un pays est antireligieux ou laïciste, plus il est inculte, comme il se voit de plus en plus à l’entrée en sixième, aux limites de l’état d’analphabète !


L’illettrisme proprement dit ou analphabétisme était combattu, entre autres exemples, par l’Église, surtout en Europe centrale, autrichienne et bien sûr, plus largement impériale – mot que refuse M. Bonnet dit Soral – mais est lié à la profondeur de la culture européenne, sans rapport avec l’impérialisme qui est sa caricature affairiste et esclavagiste -, et c’est ainsi que le clergé en question donnait aux futurs mariés, leur tendant un missel, à lire un passage des Évangiles ou des prières quotidiennes, comme le Credo ou le « Notre Père » enseigné, selon la tradition, par Issa (béni soit-il) lui-même, pour leur permettre d’accéder au sacrement ! Il s’agissait de savoir lire pour se marier devant un prêtre, et prétendre, comme les frères la truelle, que seule leur organisation a porté la lumière dans les ténèbres de l’ignorance, est un contre-sens logique, et une contre-vérité puisque plus un pays est antireligieux ou laïciste, plus il est inculte, comme il se voit de plus en plus à l’entrée en sixième, aux limites de l’état d’analphabète !

Un auteur indépendant allemand, soucieux de préserver le trésor commun des langues, Erhard Landmann, a, dans une dissertation linguistique, cité un sérieux enquêteur anglais sur la Maçonnerie contemporaine Jasper Ridley (1929-2004), auteur d’un précieux ouvrage The Freemasons: A History of the World’s Most Powerful Secret Society (1999) « Les Francs-maçons, Histoire de la Société secrète la plus puissante du monde », et par ailleurs bon biographe, révélant que l’une des plus fréquentes occupations des loges est de transformer ou simplifier la langue, l’adapter, selon leur jargon, au changement, à la nouvelle société qu’ils gonflent comme un ballon bientôt crevé comme tout ce qui n’est fait que de vent !

La seule façon qu’ait une langue ou un peuple de résister à l’usure et aux ferments de décomposition, de ne pas être engagé dans une voie suicidaire d’anéantissement, est de conserver ses mots ou de les faire vivre en épurant et précisant leur sens, car ils sont souvent – comme les produits des couteliers de Delphes, disait Aristote – à plusieurs usages ; c’est ce qui a fait, on ne le dit jamais assez, la renommée non pas sectaire mais patriotique de Luther. Avant lui, contrairement à ce qui est cru parfois, la Bible latine avait été traduite plusieurs fois en allemand, en ce sens il n’a pas innové, mais il a introduit l’allemand populaire pour rendre telle expression hébraïque plus sensible, que le latin restituait insuffisamment ou que l’allemand clérical conservait dans des expressions académiques difficiles et toujours un peu obscures ! Il a fait parler les prophètes en langue intelligible, intelligente et féconde et c’est ainsi qu’a pu se développer une pensée et une société puisant dans son propre fonds des ressources d’imagination et de synthèse. Ce qui a été, imité ensuite partout, construit par ce géant initiateur de l’allemand moderne – qu’on l’aime ou pas, car il dépassait son monde par l’énergie de la volonté – est détruit, défait pièce à pièce en Europe et en premier, en France, par les « sociétés de pensée » de la fraternité en question : suivez annuellement la quantité de mots introduite et aussi éliminée du dictionnaire ! Et vous verrez que cette maçonnerie édifie bien sa maison, sur le modèle de la Tour de Babel, car au sommet, l’édifice, par manque de base et de fondation profonde, s’effondrera immanquablement, de par la volonté de Dieu ! Telle est la voie de l’inculture que le cégétiste Thierry Lepaon, nourri dans un mouvement que les Illuminati de Bavière, en 1776 – interdits ensuite en 1785 par l’électeur de Bavière averti par Frédéric II de Prusse – à la suite du sinistre docteur en droit canon (!) Weishaupt, infiltré chez les Jésuites, et de lignée encore obscure, ont initié et développé au cours du 19e siècle jusqu’à son éclatement contemporain en Russie et en Chine avec ses montagnes de victimes innocentes composées en majorité de fidèles religieux, se propose de faire reculer : il voit le dragon, mais l’on peut douter qu’il soit, comme on voudra, l’archange Michel ou Siegfried !

Et toute cette catastrophe dont le sang se répand tous les jours à travers le terrorisme dirigé ou contrôlé par ces sociétés secrètes, se propose, comme l’indique la doctrine des Illuminati, le physicien John Robinson Le bonheur de la race humaine « The happiness of the human race » (op. cit. chapitre II, p. 88, de la troisième édition de Philadelphie), de Robespierre et Oulianov dit Lénine embaumé de façon horrible à voir, au Kremlin, aux entraîneurs daechistes, tous à tête triangulaire (Oulianov, mort syphilitique paralysé, fut initié, les historiens s’accordent sur ce point, pendant son exil, à Montmartre !).