Avant toute chose, il faut bien comprendre que 15 milliards d’euros = 15.000 millions d’euros ! C’est une somme gigantesque, phénoménale, que l’État offre sur un plateau d’argent aux sociétés d’autoroute. Il a fallu plusieurs semaines du mouvement des Gilets jaunes pour pouvoir grattouiller à peine 10 milliards ! Cet argent est bien sûr un manque à gagner pour les caisses de l’État, puisqu’il partira dans les caisses de ces multinationales qui font le maximum pour défiscaliser et payer le moins possible d’impôts en France !

Ceci est encore une fois la preuve que l’exécutif n’est là que pour servir les intérêts des multinationales en bradant les biens publics et en vidant les poches du contribuable.


La Cour des comptes a calculé que le plan de relance autoroutier signé en 2015 entre l’État et les sociétés d’autoroutes va leur rapporter cinq fois plus que leurs mises.

Les magistrats recommandent un rééquilibrage.

Un jackpot de 15 milliards d’euros pour les concessionnaires d’autoroutes. Le référé de la Cour des comptes, publié ce jeudi, épingle l’État et son plan de relance autoroutier (PRA). Signé en 2015 entre François Hollande et son gouvernement d’un côté et les concessionnaires autoroutiers de l’autre, déjà très contesté à l’époque, il consent un allongement d’un à plus de trois ans de la durée des concessions. En échange, les sociétés d’autoroutes, comme Vinci, Eiffage et Abertis, doivent réaliser pour 3,2 milliards d’euros de travaux d’amélioration du réseau d’ici 2024.

Pour L’État, ce plan doit relancer l’économie et notamment le secteur du BTP. À la clé, la création de plusieurs milliers d’emplois. Sauf que la Cour des comptes a fait ses calculs. Aux 3,2 milliards d’euros d’investissement pour élargir certains tronçons autoroutes, rénover des ouvrages d’art ou reconfigurer des échangeurs, les concessionnaires vont récupérer une quinzaine de milliards d’euros de recettes supplémentaires grâce à des concessions plus longues. Soit un euro investi pour presque cinq euros gagnés.

L’État a payé deux fois les mêmes travaux !

Si la Cour reconnaît que « cette formule (NDLR : travaux contre allongement de la durée des concessions) présente l’attrait évident de permettre un démarrage rapide des travaux, notamment dans le cadre de plans de relance, sans mobiliser de nouvelles ressources publiques ni augmenter dans l’immédiat les péages pour les usagers », elle pointe ses nombreux défauts.

En premier lieu, elle estime que l’État a tendance à surcompenser ces travaux. Et pour cause, ces compensations « sont l’objet de négociations difficiles dans lesquelles les pouvoirs publics sont souvent apparus en position de faiblesse », relève la Cour. Ainsi, ils constatent que les sociétés d’autoroutes ont tendance à présenter de manière trop pessimiste les risques réels qu’elles vont supporter dans ces investissements.

Par ailleurs, la Cour relève que plusieurs chantiers auraient dû être réalisés dans le cadre des contrats de concession initiaux et non à travers le fameux plan de relance…


Photo d’illustration :  En 2015, les sociétés d’autoroutes se sont engagées à réaliser pour 3,2 milliards d’euros de travaux d’amélioration du réseau d’ici 2024. Illustration LP/Olivier Boitet

Vincent Vérier