A girl, who fled from the violence in Mosul, carries a case of water at a camp on the outskirts of Arbil in Iraq's Kurdistan region, June 12, 2014. Since Tuesday, black clad Islamic State in Iraq and the Levant (ISIL) fighters have seized Iraq's second biggest city Mosul and Tikrit, home town of former dictator Saddam Hussein, as well as other towns and cities north of Baghdad. They continued their lightning advance on Thursday, moving into towns just an hour's drive from the capital. REUTERS/Stringer (IRAQ - Tags: CIVIL UNREST POLITICS) - RTR3TH88


Les opérations militaires yankees réalisées après le 11/9 en Irak, suite aux mensonges de la crapule de Colin Powell et sa fausse fiole d’anthrax, ont crée le terreau pour la création de Daech/ISIS dans un premier temps. Le bombardement de l’alliance occidentale va leur donner plus de légitimité car pendant qu’ils vont massacrer la population civile, les soldats et services sociaux de Daech vont aider ces populations et créer ainsi un lien puissant. Comment peut-on être aussi stupide, ou peut-être démoniaque ?


Les États-Unis et la France sont très loquaces quand s’agit d’additionner le nombre hypothétique de djihadistes tués par leurs bombardements dits ciblés, mais muets comme des carpes – ou presque – quand on demande si des civils, en particulier des enfants, sont morts sous les bombes.

Rien donc dans la presse française sur les 28 écoliers irakiens tués par un bombardement français sur la ville de Mossoul. S’agirait-il d’un hoax ? Selon le quotidien arabe londonien Al-Qods al-Arabi et le Middle East Monitor du 26 novembre, Thanon Sabawi – brigadier-général de la Deuxième division de l’Armée irakienne – a déclaré qu’un avion français a bombardé mardi dernier une école primaire dans la zone orientale de la ville, tuant 28 élèves et en blessant cinq autres. On cherche en vain dans les médias des réactions à ce qu’il faut bien appeler un massacre d’enfants, ou un démenti du ministère de la Défense.

Les Américains, surveillés par des ONG comme airwars.org, annoncent ouvrir une enquête dès qu’il est question de victimes collatérales civiles. Plus d’une vingtaine serait en cours, mais il ne faut pas être pressé pour en connaître le résultat. En mai dernier, l’aviation US a reconnu la mort « probable » de deux enfants tués six mois plus tôt près de Harem en Syrie, lors d’une opération contre le groupe djihadiste Khorasan. Dernièrement, le Centcom (Commandement des forces américaines au Moyen-Orient) a fait de même après la mort de 4 civils dont un enfant à un checkpoint près de Hatra en Irak.

A la différence des Français – impitoyables dans leur guerre contre Daech, comme dit Hollande -, les Américains présentent leurs excuses aux familles des victimes civiles de leurs bombardements et vont jusqu’à leur proposer une compensation financière. Pourquoi le ministère français de la Défense n’en fait-il pas autant ?

Le général Charles Q. Brown, commandant des forces aériennes américaines au Moyen-Orient, dit par exemple regretter la « perte non-intentionnelle de vie humaine » et garder les familles affectées dans ses pensées ! De telles déclarations n’apaisent en rien la colère des Irakien ni leur désir de vengeance, mais donnent, sans doute, bonne conscience à quelques « droits-de-l’hommistes » américains.

Fort de son expérience guerrière – si l’on peut dire –, le Pentagone a alloué en juillet dernier 5 millions de dollars aux victimes d’« opérations de combat en Irak », aux « dommages matériaux, blessures civiles et décès ». Qui en profite ? Mystère. On voit mal un Irakien résidant dans l’État islamique aller réclamer« le prix du sang » à l’ambassade des États-Unis ou à son consulat à Erbil…

En fait, sur le terrain, ce sont les services sociaux de l’État islamique qui aident à enterrer les morts, soignent les blessés, et soutiennent financièrement les survivants des bombardements occidentaux. 

Gilles Munier – 29 novembre 2015