Nous avons donc en France une élite politico-médiatique totalement décadente qui fait semblant de s’offusquer que le sultan de Brunei ait pu recevoir la breloque de Grand-croix de la Légion d’honneur. Alors que son pays, comme l’expliquait une historienne Marie-Sybille de Vienne sur le plateau de Pascal Praud, ne possédait même pas de prison à l’arrivée du colon anglais, c’est dire à quel point ces gens sont pacifistes, avec un taux de criminalité quasi nul. Ils ont une redistribution des richesses sociales exemplaires puisqu’ils se font même offrir leurs habitations ! Bref, les éditorialistes germanopratins font semblant de s’offusquer concernant l’application de la loi islamique à Brunei qui, à leurs yeux, disqualifierait totalement cette Légion d’honneur, mais ils ne pipent pas mot quand il s’agit du nombre incalculable de délinquants sexuels et autres voyous récipiendaires de cette Légion d’honneur qui ne leur a même pas été retirée après condamnation ou signalement ! On peut citer comme exemple le patron de Skyrock, Pierre Bellanger qui a été condamné définitivement par la justice et qui possède encore la Légion d’honneur malgré plusieurs signalements à la chancellerie !

Quant à l’application de la charia concernant l’adultère ou la pratique de l’homosexualité, en réalité on est plus dans la symbolique sociale, car il est quasiment impossible de la mettre en pratique vu les conditions draconiennes imposées par la charia ! Pour l’adultère, il faut 4 témoins de moralité qui ont vu se produire l’acte de pénétration, ce qui est impossible sauf en cas d’orgie et encore puisqu’il n’est plus question de témoin de moralité dans ce cas. Bref, l’ignorance est le pire ennemi des sociétés modernes occidentales…



Hassanal Bolkiah a été photographié en décembre 1996 avec l’insigne de la plus haute distinction de la République française lors d’une visite d’État dans l’Hexagone.

Ce sont des clichés vieux de 1996 que Ouest France a dénichés. On y voit le sultan de Brunei, Hassanal Bolkiah, qui dirige ce petit État d’une main de fer depuis 1967, lors d’une visite d’État en France. Ce puissant personnage, l’un des plus riches du monde, a récemment fait parler de lui pour avoir instauré, le 3 avril, la peine de mort par lapidation pour punir l’homosexualité et l’adultère dans son pays. Le nouveau Code pénal, qui suit la charia la plus stricte, prévoit aussi l’amputation d’une main ou d’un pied pour les voleurs.

Or, sur ces photographies datées du 17 décembre 1996, le sultan arbore l’insigne de grand-croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction de la République française. Comment Hassanal Bolkiah a-t-il pu être décoré ? Cette photo est-elle seulement réelle ?

Des décorations discrètes

La chancellerie de la Légion d’honneur confirme à franceinfo que la décoration que l’on aperçoit au revers de la veste du sultan de Brunei sur la photo est bel et bien l’insigne de grand-croix. Cependant, la chancellerie ne confirme pas que le sultan a bien été décoré. Les distinctions remises à des étrangers n’ont, traditionnellement, pas vocation à être rendues publiques, et ne font jamais l’objet de la publication d’un décret au Journal officiel – sauf dans le cas d’étrangers résidant en France. « Certains étrangers, de par leurs positions politiques dans leur pays, peuvent être mis en danger s’il était affiché publiquement qu’ils sont distingués par la France », argue la chancellerie de la Légion d’honneur.

Pourtant, dans l’ouvrage Les Grand-Croix de la Légion d’honneur de 1805 à nos jours, coécrit par Michel et Béatrice Wattel, le sultan de Brunei figure parmi les récipiendaires de cette prestigieuse décoration, comme le confirme Béatrice Wattel à franceinfo. Elle ajoute qu’il est la seule personne de son pays à avoir obtenu cette distinction.

Un outil diplomatique 

Pour quelles raisons le chef d’État a-t-il été décoré ? « La Légion d’honneur a deux vocations, rappelle la chancellerie. La première est de distinguer des Français qui œuvrent pour le bien commun. La seconde est d’accompagner la politique étrangère de la France, cela était une volonté de Napoléon dès sa création. » On n’en saura guère plus sur le cas du sultan de Brunei. « Quand on récompense un chef d’État ou un chef de gouvernement étranger, cette distinction est là pour matérialiser les relations entre les deux pays plutôt que les mérites de la personne décorée », poursuit la chancellerie.

Pour décorer un étranger, il existe deux procédures : soit le ministre des Affaires étrangères présente des dossiers de nomination, après s’être appuyé sur les ambassadeurs pour identifier les candidats, et ces dossiers font l’objet d’un avis du conseil de l’ordre de la Légion d’honneur. Soit le président de la République, grand maître de la Légion d’honneur, décerne ce prix à son entière discrétion.

Des remises discrètes de la Légion d’honneur ont ainsi déjà eu lieu, comme celle à Bachar Al-Assad en 2001 ou à Vladimir Poutine en 2006.


Hassanal Bolkiah et Jacques Chirac à l\'Elysée, le 16 décembre 1996. Hassanal Bolkiah et Jacques Chirac à l’Élysée, le 16 décembre 1996.  (JEAN-LOUP GAUTREAU / AFP)

Le 16 décembre 1996, la veille du jour où le sultan de Brunei a été photographié avec l’insigne de grand-croix, il avait été reçu à l’Élysée par Jacques Chirac à l’occasion de sa première visite d’État en France…

 


Photo d’illustration : Hassanal Bolkiah lors de sa visite d’une usine d’Airbus dans la proche banlieue de Toulouse, le 17 décembre 1996. (JEAN-PIERRE MULLER / AFP)