Le journal Le Monde vient de publier un article dans lequel il rapporte qu’en Algérie le peuple accuse l’Élysée d’avoir magouillé avec le régime mafieux d’El-Mouradia. Cela fait des décennies que le peuple algérien accuse le pouvoir français de couvrir le régime corrompu algérien et il suffit de constater les visites diplomatiques réalisées par François Hollande, Nicolas Sarkozy ou Emmanuel Macron à Bouteflika, surtout lorsqu’il était gravement malade. À leur retour en France, tous assuraient qu’il se portait comme un charme et Hollande lui trouvait même de « l’alacrité » ! Tout le monde à l’Élysée et à Matignon savait que le régime était en train de piller l’Algérie avec des ministres qui venaient s’acheter de très beaux appartements à Paris ou bien des oligarques devenus milliardaires du jour au lendemain, qui venaient investir leurs rapines en France ou ailleurs en Europe. Tout le monde sait également que la franc-maçonnerie est au centre de toutes les magouilles concernant les anciennes colonies d’Afrique comme cela a été démontré dans de très nombreux ouvrages. Il y a toujours eu un homme Afrique à l’Élysée, chargé d’assurer une diplomatie parallèle à la diplomatie officielle. Cet homme Afrique est systématiquement franc-maçon : Jacques Foccart, Guy Penne, Rober Bourgi, Alexandre Djouhri… voire aujourd’hui Alexandre Benalla qui commence sa carrière.


Depuis près de deux mois, au milieu des slogans antisystème Bouteflika, fleurissent des pancartes qui pointent l’attitude « néfaste » de l’ancienne puissance coloniale.

Pendant de longues minutes, tout près de la Grande Poste d’Alger, des centaines de jeunes se sont mis à chanter à l’unisson « Nehina al-khamsa, mazel fransa » : « On a enlevé le cinquième [mandat de Bouteflika], reste la France ». Juste en face, d’autres manifestants ont déployé une immense banderole où l’on voit un Emmanuel Macron souriant traire une vache aux couleurs de l’Algérie. L’animal est tenu en laisse par Abdelkader Bensalah, président par intérim depuis la démission d’Abdelaziz Bouteflika le 2 avril, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah et Saïd Bouteflika, « frère-conseiller » de l’ancien chef d’État. « La traite est finie ! », peut-on y lire. Plus loin, sur la place Maurice-Audin, d’autres contestataires ont étiré une grande pancarte sur laquelle est représenté le président français surplombant l’avenue des Champs-Elysées en feu. « Je soutiens la bande de Bouteflika. Le peuple algérien soutient les gilets jaunes », est-il écrit.

D’Oran à Annaba, de Tizi Ouzou à Tamanrasset, on reproche à l’État français – à travers Emmanuel Macron et ses prédécesseurs – de s’être fait le complice du système en place et d’une élite corrompue…

 


Photo d’illustration : À Béjaia, le 26 mars 2019, durant les marches de manifestation contre le système Bouteflika. RYAD KRAMDI/AFP

Ali Ezhar, correspondant à Alger

Le Monde