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Cet incompétent notoire, qui n’a rien vu venir, donne des conférences dans le monde entier et conseille même des gouvernements !!! C’est tout de même dingue non ? Un peu comme Sarkö qui a augmenté la dette française de plus de 500 milliards d’euros durant sa présidence et qui est payé 150.000 € la conférence (hors jet privé !). Comme par magie, il s’en sortira encore parce qu’il ne savait rien et qu’il a été trompé par M. Leyne qui s’est suicidé à Tel Aviv (encore que l’on puisse penser que cette disparition ait pu être montée de toutes pièces et suivie d’un changement d’identité…).


Déposée deux semaines après la relaxe de Dominique Strauss-Kahn dans le procès du Carlton (février 2015 à Lille), cette plainte pour escroquerie et abus de biens sociaux a entraîné l’ouverture d’une enquête par le parquet de Paris, fin juillet 2015.

Cent cinquante-six créanciers. Le chiffre laisse pantois. Luxem­bourgeois, Français, Belges, Grecs, mais aussi Israéliens, Mauritaniens, Russes ou Macédoniens se disputent aujourd’hui les miettes de LSK, le groupe que présidait Dominique Strauss-Kahn jusqu’en octobre 2014 et qui fait aujourd’hui l’objet de deux plaintes à Paris pour escroquerie et abus de biens sociaux. LSK, un acronyme derrière lequel se tenaient deux hommes : Thierry Leyne, un ambitieux homme d’affaires franco-­israélien de 49 ans aujourd’hui décédé, et DSK, 66 ans, patron du FMI jusqu’à sa démission en mai 2011.

Depuis, l’ancien ministre socialiste (qui vient d’obtenir le statut de résident fiscal au Maroc), s’était fait discret, reprenant une activité de conseil en économie, notamment auprès de la République de Serbie. Mais avait tout de même financièrement investi 103 000 euros, fin 2013, dans le groupe LSK (soit 20,23 % du capital) et accepté d’être nommé président du conseil d’administration de cette société d’investissement luxembourgeoise, aujourd’hui dans la ligne de mire de la justice française. Dominique Strauss-Kahn, qui voulait faire de LSK un fonds d’investissement de 2 milliards de dollars grâce aux capitaux de grandes fortunes privées et de fonds détenus par des pays émergents souhaitant investir sur ses conseils, savait-il alors que la faillite guettait la société ? Alors même qu’il envisageait de faire participer l’une de ses filles, Vanessa, au projet ? Dans un entretien exclusif accordé au Parisien-Aujourd’hui en France le 30 octobre 2014, l’ancien patron du FMI précisait qu’il n’était que « président non exécutif de LSK » : « Je n’étais absolument pas en charge de toute la partie gestion d’actifs qui préexistait à mon entrée dans le groupe. Thierry Leyne était l’administrateur délégué et c’est lui qui gérait la société. » Thierry Leyne possédait 30,23 % de LSK.

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Déjà deux plaintes enregistrées

Mais, depuis le 28 juillet dernier, la brigade financière, saisie par le parquet de Paris, cherche à éclaircir les zones d’ombre des dettes du fonds luxembourgeois. Car le groupe LSK a fait faillite en novembre 2014. L’ardoise avoisinerait les 100 millions d’euros. Parmi les lésés : de riches hommes d’affaires, comme l’ex-roi des cimenteries mauritaniennes Mohamed Ould Bouamatou, qui avait investi 5 millions d’euros. Des institutions comme la Banque de Luxembourg. Mais aussi des anonymes ruinés, comme ce père de famille qui avait placé toutes ses économies pour assurer un avenir à sa fille handicapée, et qui menace, dans un courrier, de se suicider. Et, aussi, un homme d’affaires français qui a fait fortune dans l’immobilier, Jean-François Ott. C’est lui qui a alerté la justice française en déposant plainte, le 29 juin, pour escroquerie et abus de biens sociaux contre les gestionnaires de LSK, dont Dominique Strauss-Kahn. Jean-François Ott avait injecté 500 000 euros dans LSK. La présence de l’ancien directeur du FMI dans la société l’avait rassuré. Ni Thierry Leyne ni DSK ne l’ont informé de difficultés financières, affirme-t-il. Problème : le plaignant, domicilié à Prague (République tchèque), est à la tête d’une société chypriote, Roxannia, et ses comptes bancaires sont à Monaco. Et il dénonce des faits supposément commis au Luxembourg par un résident marocain, DSK… De quoi donner le tournis au procureur de Paris, François Molins, qui s’interroge sur la compétence de son parquet pour instruire l’affaire. Certes, DSK était encore résident français, domicilié à Paris, au moment des faits. Fin juillet, le parquet tranche et ouvre une enquête préliminaire confiée à la brigade financière. Depuis, une deuxième plainte a été enregistrée, le 8 octobre. Cette fois, elle émane d’un homme d’affaires macédonien, Jordan Trajkov, qui avait acheté le 5 septembre 2014 huit obligations de LSK à 50 000 euros, soit un investissement total de 400 000 euros. Cet ancien banquier international, reconverti dans le commerce de vin, reproche aux dirigeants de LSK d’avoir masqué la réalité.

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La catastrophe semblait pourtant prévisible. Un mois avant que DSK s’installe à la tête de LSK, il règne déjà dans le groupe une ambiance de crise, comme nous l’ont confié d’anciens salariés. Le 6 septembre 2013, le personnel d’Assya Luxembourg, la société de gestion de patrimoine qui gère les portefeuilles de ce qui sera bientôt LSK, s’inquiète. Les impayés ne sont pas rares : notes de téléphone, frais de papeterie, l’électricité a même été coupée en début d’année au troisième étage de l’immeuble luxembourgeois du 22, boulevard Royal. Selon nos informations, la comptabilité aussi relève du Moyen Age. Rien n’est informatisé. Les dossiers, souvent incomplets, sont stockés dans des classeurs. Comment, dans ces conditions, contrôler des placements qui doivent répondre à une répartition précise d’actions ou d’obligations pour minimiser les risques ?

Les pratiques douteuses de LSK

Tandis que Thierry Leyne négocie secrètement la venue de DSK, Assya Luxembourg gère pour lui les placements de près de 500 clients. Parmi eux : Insch, un fonds d’investissement suisse. En septembre 2013, son directeur, Christopher Cruden, découvre avec stupeur que 400 000 euros qu’il a placés ont été investis dans des titres de First Caution, une société qui garantit les cautions des locataires immobiliers. Un placement comme un autre, peut-on penser… Sauf qu’en vieux routier de la finance, Cruden enquête. Et il découvre que First Caution est une filiale de LSK. Furieux, comme il nous l’explique, il appelle Thierry Leyne. « Je sais ce que tu fais, tempête-t-il. Tu dopes les actions de tes filiales en les rachetant toi-même. C’est une fraude. » Cruden menace d’en informer le régulateur financier. Il sera finalement remboursé, mais en plusieurs fois et au bout de plusieurs mois. Une société d’assurance, La Bâloise Vie, repère les mêmes agissements et réclame, elle aussi, qu’on la rembourse. Un deuxième bras de fer commence. Il durera un an.

Une ex-salariée d’Assya Luxembourg, qui souhaite conserver l’anonymat, nous confirme l’existence de ces pratiques qui consistent à injecter une partie de l’argent placé par les clients dans ses propres filiales, et non pas sur le marché. « Les mandats de gestion nous interdisaient d’investir dans des titres maison au-delà d’un certain seuil, explique-t-elle. Mais on le faisait quand même. Lorsque le risque était trop grand, on demandait à des gérants d’autres filiales de racheter ces titres pour que cela reste en interne. Parfois même, on faisait appel à Thierry Leyne pour qu’il les rachète lui-même. » Une partie du personnel a alors conscience de franchir la ligne jaune. « On était plusieurs à se dire qu’on ne voulait pas finir en prison à se voir apporter des oranges. A la fin, on en avait vraiment peur. »

Conséquence : le cabinet Ernst & Young, alors commissaire aux comptes de la société, a des doutes sur la réalité de la valorisation des filiales. Le 2 octobre 2013, il émet des réserves sur les comptes. Peu après, prudent, il démissionne de son mandat. C’est donc sur ce terrain miné que débarque Dominique Strauss-Kahn. Il a rencontré Thierry Leyne près d’un an auparavant et conseille les équipes d’Assya Luxembourg. Après l’affaire du Sofitel de New York, il a besoin de se relancer. Il pense pouvoir profiter de la structure de LSK pour réaliser le rêve de sa vie : créer son propre fonds d’investissement. Thierry Leyne aussi y trouve son compte. Sans doute pense-t-il alors secrètement que l’image de DSK va l’aider à sortir la tête de l’eau. Le mariage est finalisé le 18 octobre 2013. DSK prend des parts dans le groupe LSK, puis est nommé président du conseil d’administration. « Pour nous, c’était un booster », confie un ex-salarié.

Michel Springler/AP/SIPA