marc_bonnant_ramadan_09_05_2018


C’est toujours le franc-maçon franco-tunisien Lotfi Bel Hadj qui est à la manœuvre derrière la défense et le comité de soutien de Tariq Ramadan. Et il est vrai qu’il vient de prendre une décision qui semble être la plus intelligente depuis le début de l’affaire, à savoir celle d’avoir viré l’islamophobe assumé, Marc Bonnant, qui s’occupait de la défense de Ramadan en Suisse. Sauf que malheureusement pour eux, il est déjà trop tard, sachant que le choix initial avait été validé par Tariq Ramadan et que nous connaissons à présent le lien l’unissant à son neveu Karim, ce dernier ayant été intégré en tant que jeune avocat au sein du cabinet d’avocats de Me Bonnant ! Comment est-ce possible après les propos abjects tenus par ce dernier sur les plateaux télé hélvètes à propos de l’islam ?


Officiellement, c’est le prédicateur qui a demandé à maître Bonnant de ne plus assurer sa défense. La réalité est un peu plus complexe.   

Avant même que la presse suisse n’apprenne le remplacement de Marc Bonnant et Yaël Hayat par Pierre de Preux et Guerric Canonica, l’information est parue le 7 mai sur le site du Muslim Post, sous le titre « Affaire Tariq Ramadan : en Suisse, une bataille d’avocats très politique ». L’article rappelle que Marc Bonnant est « anti-islam » et que son remplaçant, Pierre de Preux, a défendu des employés de la Grande Mosquée de Genève. Et qu’il a déposé un recours contre l’interdiction des minarets en Suisse auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

En clair, à l’avocat « islamophobe », qui n’hésite pas à dénoncer sur les plateaux de télévision l’islam « conquérant et prosélyte », succéderait un vrai défenseur des musulmans opprimés. A priori, l’explication est limpide. Mais le scénario est, semble-t-il, un peu plus complexe. « Il y a trop d’intrigues dans cette affaire », a lâché sobrement maître Yaël Hayat qui vient d’être débarquée sans ménagement. Maître Marc Bonnant, actuellement en déplacement en Israël, se montre un peu plus bavard. « Depuis quelque temps, un Franco-Tunisien appelle des journalistes pour leur dire qu’il faut changer les équipes qui défendent Tariq Ramadan. Je ne connais pas ce monsieur. Je ne sais pas ce qu’il représente », déclare-t-il au Point.fr.

Un Franco-Tunisien, principal soutien de Ramadan

Sans le citer, l’ancien bâtonnier fait référence à un homme d’affaires franco-tunisien, Lotfi Bel Hadj, au cœur du dispositif de soutien à Tariq Ramadan, et principal sponsor du Muslim Post. Ce dernier ne serait déjà pas étranger au remplacement en France de Yassine Bouzrou et de son assistante, Julie Granier, par Emmanuel Marsigny. Le nouvel avocat du prédicateur vient d’ailleurs d’interjeter appel après le rejet de la demande de mise en liberté de Tariq Ramadan, vendredi, par la justice. Il a dénoncé une décision « invraisemblable » du juge des libertés et de la détention.

Bref, apprenant dans son dos que l’on complotait contre lui, celui que l’on surnomme en Suisse « le Mozart du barreau et le Bossuet des tribunaux » a mis son mandat à la disposition de son client. « Tariq Ramadan m’a remercié, me disant qu’un autre avocat serait choisi, Pierre de Preux », ajoute Marc Bonnant. Dans La Tribune de Genève, l’avocat constate que le professeur d’études islamiques contemporaines à Oxford « veut changer de stratégie », et il ajoute : « Cela me va très bien. » Marc Bonnant emploie pourtant dans son étude Karim Ramadan, un jeune avocat ayant obtenu son brevet en 2014, fils du frère aîné de Tariq.

Ouverture d’une instruction à Genève

Romain Jordan, le défenseur de la Suissesse qui a porté plainte contre Tariq Ramadan pour séquestration, contrainte sexuelle et viol avec la circonstance aggravante de la cruauté, voit surtout dans ce changement « un vent de panique qui touche Genève après Paris ». En effet, le Lyonnais Yamin Makri, fidèle lieutenant de l’islamologue depuis près d’un quart de siècle et membre actif de son comité de défense, vient de déclarer dans le Muslim Post : « Je ne trouverais pas anormal que des membres du comité de soutien se retirent » depuis que Tariq Ramadan a reconnu avoir eu « une relation avec une des plaignantes ». Quant à la page « Je suis Tariq » sur Facebook, c’est un fiasco complet.

« À Genève, l’instruction a commencé avec la désignation d’Adrian Holloway, le premier procureur. Celui-ci a mandaté la brigade des mœurs, composée d’une inspectrice principale et de deux inspecteurs, pour mener l’enquête. Les choses s’accélèrent », souligne Romain Jordan. L’enquête devrait être menée en coordination avec la France. Par ailleurs, le département de l’instruction publique a aussi ouvert de […]



Ian Hamel – Le Point