Disserter sur la mort de la philosophie, c’est encore de la philosophie ! Est-ce à dire que la philosophie est immortelle ? Oui. Évidemment, si on dit que la philosophie est éternelle, cela veut dire que celle-ci n’est pas née, en Grèce. Car qui naît meurt. Je soutiens effectivement que ce qui est née en Grèce c’est une formalisation de la philosophie, et c’est cette formalisation qui est morte aujourd’hui. Cette formalisation consistait à faire de l’intellect le seul outil pour chercher la sagesse. Et à exclure par exemple l’imagination, en la désignant comme la « folle du logis »… ainsi que la nommaient Malebranche ou Pascal… Pour ma part, je considère que l’imagination participe activement à la curiosité d’esprit en quête de sagesse. Cette quête ne doit pas exclure non plus, selon moi, les aspirations du cœur, non seulement les aspirations morales mais aussi les aspirations à l’amour. La quête optimum de sagesse est donc dans l’art de conjuguer l’intellect, l’imagination et le cœur. Réduire la quête de la sagesse à une quête intellectuelle est une formalisation possible de la philosophie, mais une formalisation réductrice et donc mortelle, comme toute les formalisations. Réductrice en cela qu’elle réduit la sagesse au conceptualisable. Toute formalisation est périssable, mortelle, mais la sagesse et l’amour de la sagesse sont éternels. « Philo-sophie » signifiant très exactement « amour de la sagesse », en grec. Cette formalisation réductrice de la philosophie a atteint les sommets de l’orgueil et de l’absurde en Occident. Cette manie, cette obsession de vouloir tout réduire à une mécanique conceptuelle est une pathologie occidentale qui a tué l’âme européenne. Car l’âme n’est ni conceptualisable ni formalisable. Dès les années trente, Heïsenberg et Gödel ont bien montré que cette obsession du conceptualisable n’aboutit finalement qu’à de l’indécidable, de l’incomplétude et de l’incertitude… Rideau ! L’Europe était déjà morte avant qu’elle ne soit détruite par la seconde guerre mondiale et ses conséquences… Et Nietzsche était plus pessimiste que moi, il voyait déjà en Socrate les germes de la dégénérescence… Le débat actuel sur la « crise de l’identité européenne » est une gesticulation désespérée, une arlequinade pitoyable. Si l’Europe a été colonisée par le maçonnisme, le nihilisme marchand américain, l’idéologie trotskiste, le sionisme, l’immigration et le wahhabisme, c’est parce qu’elle était colonisable, pour reprendre l’idée de Bennabi, et si elle était à ce point colonisable c’est qu’elle était déjà morte. Le nationalisme européen est au mieux un nostalgisme stérile, au pire un cri de rage qui se perd dans la nuit, ou au pire du pire un fond de commerce. La culture européenne est devenue au mieux un musée, au pire un cimetière, un magnifique cimetière. La foi en des perspectives qui dépassent l’homme y est morte. La littérature et la philosophie européenne sont mortes, les beaux-arts européens sont morts, l’architecture européenne est morte et la musique européenne est morte. Je profite de ce moment pour préciser un point : Pierre Boulez n’est pas un médiocre compositeur, il n’est pas compositeur du tout. Pour autant, il serait excessif de dire que les européens ont détruits leur propre culture, ce sont des forces caïnites infiltrées en elle qui l’ont détruite. Ces forces caïnites ont agit insidieusement depuis Paul de Tarse jusqu’à la maçonnerie moderne. Le seul but de Paul, qui était plus précisément celui de Caïphe, était de faire perdurer Caïn-Israël et ses héritiers, en sacrifiant Jésus… Mais en prétendant offrir ce sacrifice expiatoire à Dieu, ils offraient en réalité la victime à Satan. Car Caïn-Israël n’a toujours pas été expié, regardez ce qui se passe dans l’état sioniste et vous comprendrez… Si les européens ne retrouvent pas la foi en des perspectives qui dépassent l’homme, vers le bien, ils disparaîtront complètement. Se sachant agonisants, les nationalistes européens se raccrochent à la chair, à la race, jusqu’à la sacraliser, en vain… On observe la même chose dans l’islam agonisant : les musulmans radicaux se raccrochent à la race sémite, en faisant de l’islam un sémitisme, bien illustré par le wahhabisme. De même, les nationalistes européens font de la civilisation européenne (perdue) un « blanchisme ». Si les différences raciales se sont dessinées par la grâce divine, c’est pour permettre aux hommes de se reconnaître spirituellement en transcendant leur instinct grégaire. Quant aux Juifs, en particulier les Juifs mondialistes qui prêchent obstinément la destruction des différences raciales, afin qu’elles ne puissent plus être transcendées, ils hurlent à l’antisémitisme lorsqu’on reconnaît leur sémitisme, et lorsqu’on ne le reconnaît pas aussi !