C’est un chiffre effrayant qui doit être dénoncé car on a l’impression que l’on présente la femme systématiquement sous l’angle de la victime alors qu’elle aussi peut être très violente au point de commettre des meurtres, voire un infanticide. C’est un problème sociétal important à traiter et dont personne ne parle jamais !


Selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), publiée ce mercredi, 70 % des condamnations pour homicide sur mineur de moins de 15 ans sont des femmes…



C’était le 28 juillet dernier. Le corps d’un enfant de 9 ans était découvert à Elven, dans le Morbihan. Le garçonnet a été égorgé. Très vite, les gendarmes vont suspecter sa mère d’être l’auteure du meurtre. Dans un mot retrouvé sur place, elle a renvendiqué son geste et expliqué « lui avoir administré quatre somnifères pour qu’il ne souffre pas », a indiqué le procureur de la République de Vannes, François Touron, dans un communiqué. Ce drame est malheureusement loin d’être isolé.

En moyenne, au cours des dix dernières années, 57 mineurs âgés de moins de 15 ans ont été victimes d’homicides volontaires tous les ans. En 2015, 64 enfants dont l’âge est connu ont été victimes d’un meurtre, révèle une étude de l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales), publiée ce mercredi.

Dans un tiers des cas, les enfants ont moins d’un an. Dans l’immense majorité des cas (72 %), et à la différence des crimes d’adultes, les victimes avaient un lien familial avec leur bourreau.

Une majorité de femmes condamnées

L’étude souligne notamment que « les personnes condamnées pour homicide sur mineurs de moins de 15 ans sont majoritairement des femmes ». Sur les 325 condamnations prononcées entre 1996 et 2015, 227 l’ont été à l’encontre de femmes, soit dans environ 70 % des affaires. « Souvent, ce sont des mères qui tuent leur enfant », explique à 20 Minutes Christophe Soullez, directeur de l’ONDRP.


ONDRP@ondrp

de mineurs – de 15 ans : des chiffres en baisse, des femmes + souvent auteurs que les hommes http://bit.ly/2zPxN67 

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Comment expliquer que les mères soient davantage impliquées dans le meurtre de leur enfant que les pères ? « Les interactions entre la mère et son enfant, qu’elles soient bienveillantes ou malveillantes, sont traditionnellement plus importantes sur le plan quantitatif que celles qui existent entre lui…

Photo d’illustration : Les enfants les plus jeunes sont particulièrement vulnérables, pointe l’étude. © Maxppp / Nicolas Parent

Thibaut Chevillard

20 minutes

25 octobre 2017