Les politiciens sont responsables de ces morts à cause de la destruction de l’économie d’autant que le confinement ne sert à rien !


Pour endiguer la propagation du Covid-19 dans notre pays, certains doivent davantage se serrer la ceinture que d’autres. 

Les petits commerçants, déjà peu épargnés lors de la première vague, doivent garder portes closes depuis plusieurs semaines. Entre craintes, sacrifices et incertitudes, ils sont nombreux à crier leur désarroi. À Liège, une jeune indépendante a décidé de mettre fin à ses jours.

Elle s’appelait Alysson. Début août, elle concrétise son rêve : ouvrir son salon de coiffure barbier à Liège, où elle vit. Le projet est de longue date mais c’est fait : elle devient la gérante du salon Hooter’s cutting, sur la rue Saint-Gilles.

Alors, quand le couperet tombe pour une nouvelle fermeture des petits commerces, c’est un coup de massue pour la jeune entrepreneuse. Son commerce ayant ouvert en plein cœur de la crise, elle ne dispose d’aucune aide pour survivre. Aujourd’hui, ce sont les bouquets de fleurs qui ont remplacé le sourire de cette jeune femme de 24 ans devant son barber shop. Alysson a mis fin à ses jours ce week-end. Une situation symptomatique du péril que vivent bon nombre de petits commerçants, qui doivent parfois laisser leur rêve leur filer entre les doigts.

« C’était quelqu’un qui aimait vivre. Elle était pleine de joie », se souvient Cindy, la belle-mère D’Alysson. Elle témoigne n’avoir vu « aucun signe » que sa belle-fille pouvait mettre fin à ses jours. « Je l’ai toujours vue forte même si comme tout le monde, elle avait ses petits déboires. Avec le Covid, son salon, … Elle était passée à la télévision pour dire qu’elle devait fermer et je pense que ça, ça l’a anéantie. »

Si c’est un coup dur pour la jeune femme, sa famille se souvient l’avoir entendue répéter à plusieurs reprises que « ça allait aller, qu’elle allait s’en sortir ». Pourtant, même si rien n’indique que ce sont les difficultés liées à son commerce qui ont poussé la jeune femme à passer à l’acte, comme elle, un grand nombre de commerçants peinent aujourd’hui à joindre les deux bouts.

La première d’une longue série ?

« Toute la rue est en drame. On se côtoyait tous les jours, on n’a pas de mots », s’émeut Enock Tuyishume, qui accueille chaque jour les clients dans sa supérette. Situé à proximité du salon de coiffure d’Alysson, son commerce peut rester ouvert pendant la crise. Il s’inquiète toutefois que d’autres de ses voisins ou collègues commerçants en viennent aussi au pire. « Il y a d’autres personnes qui peuvent tomber dans la même situation. Si on reçoit des factures, d’huissiers, c’est difficile, on peut s’enfermer tout seul et se tuer », prévient le gérant du commerce local.

Et si le magasin d’Enock est toujours ouvert, tous les commerçants de la rue Saint-Gilles n’ont pas cette chance. Ce qu’ils ont en commun c’est le choc car ils savent désormais que le salon barbier avec lequel ils partageaient le trottoir ne rouvrira pas. « C’est un choc, on se confiait nos problèmes de commerçants par rapport à la crise actuelle, on s’encourageait l’un l’autre », raconte Patrizio Caveleri, ému.

C’est parfois plus facile de ne pas avoir d’emploi aujourd’hui que d’avoir sa propre entreprise

Ce gérant d’un café adjacent n’est pas optimiste quant à l’avenir de nombreux petits commerces dans les mois, semaines ou même jours à venir. Pour lui, ce sont les dernières enseignes qui ont ouvert récemment qui seront les plus enclins à prendre des décisions tragiques dans un futur proche. « Pour ceux qui ont les reins plus solides, c’est plus facile car il y a l’expérience d’avoir pris les coups. Mais quand on découvre les problèmes de commerçant, c’est un travail de guerrier tous les jours », témoigne-t-il. « C’est parfois plus facile de ne pas avoir d’emploi aujourd’hui et d’avoir des allocations de chômage que d’avoir sa propre entreprise. On a une boule au ventre tous les jours à se demander comment demain sera. Ce n’est pas confort comme situation. »

Cette boule au ventre, Jean-Louis Massart la sent aussi. S’il avait encore quelques réserves où aller puiser lors du premier confinement, aujourd’hui « chaque euro compte » pour ce photographe. « Dans mon cas, j’ai une enveloppe qui ne va pas s’allonger. Une fois que j’arriverais au bout de ça, c’est fini, on peut baisser le volet », se désole-t-il. Avec deux enfants à charge, il estime que même si ce sera difficile, il faut rester raisonnable. « Je ne peux pas mettre toute ma famille en péril pour un commerce. Une fois que je vais voir qu’il ne me reste que pour payer trois mois de loyer, j’arrête. »

Le commerce liégeois prévoit 10% de faillites

Pour Jean-Luc Vasseur, président du commerce liégeois, « l’ensemble des commerçants sont en difficulté ». À Liège, on prévoit déjà qu’un petit commerce sur dix mettra la clé sous la porte d’ici la fin de la crise et qu’ils seront un cinquième supplémentaires à devoir essuyer des difficultés pour les deux à trois ans à venir.

Pour pallier à ces chiffres, ce représentant du commerce made in Liège appelle les citoyens à apporter leur soutien à leurs commerçants de proximité. « La population doit vraiment se soucier de son petit commerçant, de l’emploi qu’il y a derrière. Et de fait, commander chez lui via Internet ou via simplement le téléphone. »

Il concède qu’Alysson ne pouvait pas bénéficier d’un tel soutien de sa clientèle, c’est pourquoi il plaide pour un assouplissement des règles lorsqu’un commerce ne peut pas recourir à un service en ligne. « À partir du moment où vous n’avez pas accès à un tremplin comme le numérique, vous devez être considéré comme un commerce essentiel ou obtenir une aide adéquate au maintien de votre commerce et pouvoir rouvrir de manière sereine par la suite« , insiste Jean-Luc Vasseur.

Il ne cache pas sa crainte de voir d’autres commerçants en venir à des décisions radicales. « J’ai très très peur. Ce que je dois dire à un commerçant c’est que la vie est plus importante qu’un commerce. C’est vrai que votre commerce c’est peut-être votre rêve, que lorsque vous devez fermer la porte à votre rêve c’est très difficile mais attention, protégez-vous, parce que votre vie est bien plus importante que cela« , conclut-il.

Les aides disponibles pour les commerçants

Depuis le 16 novembre, la Wallonie a mis en places des aides financières pour soutenir les commerces qui ne peuvent pas ouvrir leurs portes. Les entreprises sont éligibles si elles démontrent une diminution de 60% de leur chiffre d’affaires trimestriel (3e trimestre 2020 par rapport au 3e trimestre 2019), bénéficient d’un « droit passerelle » qui leur assure un revenu. Le montant de l’aide varie en fonction du chiffre d’affaires et du nombre d’employés.

En cas de détresse, que vous soyez petit commerçant ou pas, des aides existent. « Si vous êtes en difficulté, si vous avez le sentiment de ne plus trouver aucune issue à vos problèmes, ne restez pas seul. Parlez-en à votre entourage ou à des professionnels qui pourront vous écouter sans juger et trouver des pistes de solutions« , conseille le Centre de prévention au suicide. Ce service est joignable 24h sur 24 via la ligne d’écoute du 080 03 21 23

Pour les indépendants, ce sont les numéros 1718 (Wallonie) et 1819 (Bruxelles) qu’il faut formuler si vous avez besoin d’une aide administrative ou simplement pour remplir votre frigo. La personne que vous aurez au bout du fil vous orientera vers les services adaptés à vos besoins.