C’est à peine croyable, un véritable sketch ! Alors que les autorités et certains policiers nous ont vendu la clé d’étranglement comme une nécessité pour leur travail, on apprend qu’un policier a gravement blessé sa collègue en pratiquant sur elle une clé d’étranglement ayant provoqué une luxation de plusieurs vertèbres cervicales ! Nous avons appris il y a quelques jours qu’un gradé de la police passait son temps à taser certains policiers, ce qui donne une idée assez effrayante de l’ambiance qui règne dans certains commissariats…


Ce fonctionnaire de la police aux frontières a immobilisé sa collègue en lui serrant le cou alors qu’ils effectuaient une patrouille dans un train.

Blessée aux cervicales, elle a porté plainte selon nos informations. L’enquête a été confiée à l’IGPN.

Elle est en sursis. Accusée d’être à l’origine de plusieurs décès, la technique d’interpellation dite de la clé d’étranglement pourrait être supprimée au 1er septembre. Objet d’un bras de fer entre les syndicats de police et le ministre de l’Intérieur, ce dernier souhaite qu’elle ne soit plus utilisée en direction du public. Mais peut-être Christophe Castaner aurait-il dû préciser que son usage doit également être limité entre policiers.

Vendredi dernier, alors qu’elle revenait d’une mission de sécurisation des trains, une gardienne de la paix a en effet subi cette prise de la part d’un de ses collègues. Bilan : deux vertèbres déplacées, et sa vie qu’elle a vu défiler. La victime, Thérèse N., vient de déposer plainte contre son collègue.

Une enquête a été ouverte par le parquet de Bobigny et confiée à l’IGPN, comme le confirme le service communication de la police nationale, ajoutant qu’une enquête administrative est en cours par la direction d’emploi (DCPAF). […]


Photo d’illustration : les policiers de la PAF et de l’Unesi, temporairement réaffectés, étaient en mission de sécurisation des trains. (Illustration) LP/M.G.

Nicolas Jacquard

Le Parisien 

25 juin 2020