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Ce n’est pas tant l’information qui est choquante, sachant que les USA n’ont jamais fait dans la dentelle et n’éprouvent aucune gêne à mettre leur nez et tendre l’oreille dans les affaires d’autrui. Dans ce cas précis, ce sont quand même les trois présidents de la France, puissance siégeant au Conseil de sécurité du « machin » en tant que membre permanent, ayant droit de veto, qui ont été espionnés par ce pays belliqueux, supposé être ami. Espionnés sur leurs téléphones personnels, ce qui n’a rien à voir avec le travail !  Ce qui est choquant, c’est le silence troublant de la France officielle qui fait comme si de rien n’était. Cela traduit tout simplement ses limites dans sa faculté de réagir en toute souveraineté contre une atteinte aussi flagrante à cette dernière. Depuis que la France s’est « diluée » dans l’ensemble européen, tout lui échappe et elle ne dispose plus des instruments nécessaires lui permettant d’agir en toute indépendance et de défendre sa souveraineté pleine et entière.
Pire humiliation, B. Obama a fait une tonne sur le mois LGBT aux USA, pas un mot d’excuses pour ce comportement grave de ses services de sécurité ! Ce scandale ne représente à leurs yeux absolument rien de sérieux et d’urgent à traiter. On ne l’a pas vu non plus Manu El Blanco et sa tête rouge tomate faire le malin concernant cette affaire vu qu’il réserve ses coups de colère à des vétilles franco-françaises…

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Selon des documents « Top Secret » de la NSA divulgués par WikiLeaks, Mediapart et « Libération », les États-Unis ont espionné les trois derniers présidents français et certains de leurs collaborateurs.

Des documents classés « Top Secret » destinés à des responsables de la NSA et de la communauté américaine du renseignement. Des comptes-rendus provenant du bureau des « Summary Services », ou « service des synthèses ». Sans révélation fracassante, mais qui prouvent que les États-Unis, au moins de 2006 à mai 2012, ont été jusqu’à écouter les conversations privées des présidents français et de certains de leurs collaborateurs.

Ces documents, obtenus par Wikileaks qui les a regroupés sous le titre « Espionnage Elysée », consistent notamment en cinq rapports d’analyse de la NSA, ont expliqué mercredi 24 juin « Libération » et Mediapart qui les révèlent. Quel est le rôle de la NSA ? Comment fonctionne WikiLeaks ? Qu’est devenu Julian Assange, son fondateur ?

# La NSA, c’est quoi ?

  • Le plus grand centre d’interception des États-Unis

La très puissante autant que discrète NSA, pour National Security Agency (Agence nationale de sécurité) est une des 17 agences de renseignement des États-Unis, et pas la moindre.

Créée en 1952 sur la base de l’AFSA (Armed Secret Forces Services) pour empêcher un nouveau Pearl-Harbor, elle est rattachée au département de la Défense. Son siège est à Fort Meade (Maryland), mais elle a inauguré à l’automne 2013 un énorme « data center » à Bluffdale (Utah), qui est le plus grand centre d’interception des communications des États-Unis. Prix estimé : 2 milliards de dollars.

La NSA surveille et protège les communications, chiffre et sécurise les informations confidentielles des Américains dans le monde, intercepte et décrypte les messages de puissances étrangères,… Elle assure la sécurité des systèmes informatiques et des données du gouvernement, tout en assurant un rôle de surveillance d’Internet au niveau mondial.

  • Son credo : l’ultra-discrétion

Celle qu’on a surnommée « No Such Agency » (« une telle agence n’existe pas ») ne fut officiellement reconnue que cinq ans après sa création. Elle a toujours exigé un niveau de secret maximal. Encore renforcé après les attentats du 11-septembre 2001.

  • 10 milliards de dollars de budget

On ignore de quels moyens la NSA dispose précisément. En 2013, « Le Monde » évoquait toutefois des « dizaines de milliers d’employés » et un budget annuel avoisinant les 10 milliards de dollars.

  • Edward Snowden, réfugié en Russie

En juin 2013, scandale. Les révélations du jeune lanceur d’alerte Edward Snowden, ancien consultant de la CIA et ancien collaborateur de la NSA, mettent à jour, preuves à l’appui, les pratiques sans limite de l’agence, concernant la surveillance d’Internet, des téléphones portables et autres moyens de communication.

Des articles publiés en juin 2013 par le « Guardian » et le « Washington Post » révèlent que la NSA – et le FBI – collecte et analyse depuis des années les données en ligne de millions de citoyens aux Etats-Unis et dans le monde. Notamment via son programme Prism, censé contribuer à la lutte contre le terrorisme, qui scanne les échanges via Facebook, Google, YouTube… Edward Snowden, âgé de 32 ans, s’est depuis réfugié en Russie.

  • Plus de 70 millions d’enregistrements de données téléphoniques françaises

Selon les documents du même Edward Snowden, entre décembre 2012 et janvier 2013, plus de 70 millions d’enregistrements de données téléphoniques françaises ont été réalisés par la NSA.

  • Des pouvoirs limités depuis juin 2015

Début juin 2015, la NSA a perdu une partie de ses outils avec l’adoption par le Congrès américain d’une réforme de la collecte des données téléphoniques. A l’issue de plusieurs jours d’intenses tractations, le Sénat a donné son feu vert à l’USA Freedom Act, une législation ayant pour objectif de limiter le programme de la NSA en matière de collecte des métadonnées des appels téléphoniques (heure, durée, numéro appelé). C’était la plus critiquée des mesures de surveillance mises en place dans le cadre du Patriot Act, voté juste après le 11-Septembre.

Et WikiLeaks alors ?

  • Un site pour les documents qui fuitent

Lancé fin 2006 par l’Américain John Young et l’Australien Julian Assange, Wikileaks.org est un site internet participatif qui publie des documents confidentiels provenant de fuites (« leaks ») dont il veille à préserver l’anonymat.

  • Son credo : la transparence

Le site, qui prône la transparence, invite à se manifester « tous les responsables publics, bureaucrates, employés d’entreprise qui ont connaissance d’informations gênantes, que leur institution cherche à dissimuler mais que le public doit connaître ».

  • Quelques employés et des donateurs

Obscur. Selon les propos de Julian Assange au « Guardian » en juillet 2010, le site disposait de cinq employés à temps plein et d’une quarantaine de personnes « contribuant très régulièrement ». Peu après, Reporters sans frontières, entre autres, dénonce son irresponsabilité après qu’ont été publiés les noms de civils irakiens aidant les États-Unis.

Le site, qui vit grâce à ses donateurs, travaille ensuite en collaboration avec différents grands quotidiens étrangers de référence. « The Guardian », « Der Spiegel », le « New York Times ». Puis « Le Monde » et « El Pais ». Concernant les informations de ce mardi, Mediapart et « Libération. »

  • Dutroux, Afghanistan, Sony…

Le site publie son premier document en décembre 2006 : une note concernant un ordre d’assassinat politique en Somalie. En juillet 2009, c’est le rapport d’enquête de l’affaire Dutroux. Un an plus tard, WikiLeaks se fait connaître du grand public en diffusant des documents militaires américains sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Notamment la vidéo, en avril 2010, d’une bavure américaine en Irak. Pour les renseignements américains, qui rédigent un rapport suggérant sa fermeture, le site représente « une menace envers l’armée américaine ».

Le site publiera ensuite, entre autres, plus de 90.000 documents sur la guerre en Afghanistan. En décembre 2014, il a divulgué des manuels de la CIA pour agents en opération. Plus récemment, des documents volés à la société Sony Pictures par des pirates informatiques anonymes. La publication la plus emblématique reste cependant celle, en 2010, de 700.000 documents diplomatiques fournis par un jeune soldat américain, Bradley Manning.

  • Le cas Bradley Manning 

En août 2013, le soldat de deuxième classe a été condamné à 35 ans de prison. Il a été reconnu coupable d’espionnage pour avoir transmis à WikiLeaks plus de 700.000 documents. « Je suis désolé d’avoir fait du mal à des gens. Je suis désolé d’avoir fait du tort aux Etats-Unis », a-t-il déclaré au tribunal militaire chargé de le juger.

Personnalité trouble et énigmatique, l’ex-hacker, cofondateur et porte-parole de Wikileaks a été arrêté en décembre 2010 par la police britannique. Deux Suédoises l’accusent de viols et agressions sexuelles, ce qu’il nie. Il est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres depuis trois ans maintenant. Il craint, s’il se rend en Suède, d’être extradé vers les États-Unis pour y répondre des publications sur son site de ces milliers de documents classés secret défense. S’il est vivement critiqué par certains, il bénéficie par ailleurs de nombreux soutiens.

Céline Rastello