Gobineau prophète du déclin, par Pierre Dortiguier

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Gobineau prophète du déclin


Les vrais prophètes ne sont jamais bien vus dans leur pays natal, et le noble Coran insiste sur la mort systématique que leur réservait le peuple qu’ils avaient vocation d’avertir de respecter les normes divines et humaines. Ils auraient certainement été rejetés par le maire parisien du IIIe arrondissement qui joue aussi un rôle de bouc émissaire, comme ses ancêtres le savent, mieux que les rares descendants de ceux que la révolution française, dans sa barbarie, a poussés à quitter un sol trop bien cultivé par eux, ainsi que l’Évangile évoque le mauvais esprit plantant de l’ivraie derrière le bon grain semé par la main divine.

C‘est ainsi que l’histoire de ce pays verra – que Dieu ne veuille – sans que les autorités les plus respectables s’y opposent, par crainte des représailles des maîtres du jour, – et du prince de ce monde – effacer de la mémoire parisienne le nom du Square du Temple, jardin sur l’emplacement de la Tour du Temple détruite en 1811 – près de la place de la République maçonnique, car il rappelle cette prison où fut enfermé et torturé par les futurs modèles des bolchevistes et des Daeschistes – placage soi disant musulman sur un corps jacobin et terroriste -, le Dauphin, – oui fils mineur du Roi Louis XVI et de son épouse, née princesse allemande, Marie-Antoinette qui avertit en 1790 du complot mondial de la maçonnerie, dans une lettre française, son frère Léopold Empereur d’Allemagne : elle y parlait des monstres d’ici, soit de France, qui dans tous les pays comptent, à leur imitation, parvenir au même but. Bref, le globalisme ! Le Conseil de Paris révolutionnaire, second Club des Jacobins, veut honorer Elie Wiesel que nos actuels théologiens chrétiens et musulmans et bouddhistes, connaissent mieux que le curée d’Ars, parce que certainement cet Elie, sur un char de feu littéraire, a accompli plus de miracles que les modèles de l’ancienne crédulité. Le cœur du prince de ce monde a ses raisons que la raison ne connaît pas !

Cette décision n’étonne que ceux qui ignorent la barbarie passée, ou cette tendance constante de l’homme vers le mal ou le déclin, qui nécessite des États et un pouvoir fort, comme l’écrit saint Thomas d’Aquin dans une lettre au roi de Chypre, ce Thomas napolitain, auteur et maître religieux à la  biographie très contestée, mais au nom duquel on attache des vérités de bon sens inspirées sinon recopiées servilement d’Aristote, et nous en trouvons une trace dans une lettre du comte Gobineau à un ami allemand, datée de sa propriété de l’Oise, du château de Trye, du 25 juin 1877 : d’où nous tirerons cette conclusion que la petitesse du néosoviet parisien et de son exécutant ou bourreau du Square du Temple, dernier persécuteur du Dauphin martyr, que les juges ignobles forcèrent à dire qu’il était en rapport incestueux avec sa mère décapitée en octobre 1793, est propre à ces siècles progressistes.


« …non, les églises ne se vident pas, elle se remplissent d’ombres homicides et que l’insouciance de ce peuple « toujours léger, quelquefois cruel » selon le mot de Voltaire, transforme en idoles de sa vanité ! »


Un adversaire de la Révolution et, après Voltaire, l’un des meilleurs  avocats de l’Islam qu’il estime épurer, là où il naquit, une tendance spontanée à la superstition, le comte Gobineau donne une idée de ce mouvement révolutionnaire, dans les choses les plus ordinaires, comme l’est l’administration municipale, et de donner l’exemple de sa chère ville de Rome où il trouva la liberté de travailler à son œuvre gracieuse de sculpteur, dans un temps où l’art dégénéré n’était pas encore sorti du ventre de l’Enfer, se contenant, au pire, d’être médiocre. Car cet homme excellait en plusieurs arts, et jamais en celui de mentir ! Voici comment il juge les prédécesseurs de nos révolutionnaires municipaux, après leur victoire maçonnique en Italie, jacobins et spéculateurs, qui avaient lié – ce avec quoi les années vingt du siècle dernier briseront – la lire à la livre sterling, et dont les descendants ont les mœurs que nous réprouvons, si nous sommes gens de bien. « On est frappé involontairement en parcourant les différents quartiers de Rome par la rareté véritable et singulière des monuments du seizième siècle. Tandis que l’imagination se complaît à l’étranger dans la  double pensée qui reporte d’une part à  l’antiquité, de l’autre au fécond et merveilleux mouvement de l’antiquité et de la Renaissance, la réalité du voyageur visitant le sol sacré de la métropole italienne étale l’indigence du présent quant aux restes de cette dernière époque. Les œuvres des XVIIe et XVIIIe siècles  ont tout repoussé, tout envahi, tout effacé à extrêmement peu d’exceptions près. Il en doit résulter naturellement, ce semble, que, par respect pour les beautés du grand art, comme pour la magnificence des  souvenirs historiques, ces exceptions en sont devenues plus précieuses et engagent à leur conservation les plus simples notions du patriotisme local. L’Italie en est, en vérité, responsable au monde civilisé.
Voilà cependant que l’esprit de spéculation le plus rapace et le plus brutal menace en ce moment, d’une  destruction complète les jardins qui entourent la Farsénine. C’est là une mesure tellement monstrueuse que l’on ne comprend pas même comment  elle a pu se proposer, encore moins se faire admettre par la municipalité actuelle qui en demeure responsable devant le temps présent et la postérité. Qu’est-ce que la Farsénine ? C’est un joyau unique au monde. Il a été bâti en 1509 pour Augustin Chigi, le banquier Siennois, l’ami et le protecteur de tous les grands artistes de cette époque incomparable.
C’est là que se trouve la Galatée de Raphaël, les fresques du Sodoma, les travaux fameux de Jules Romain, du Fattore, de Jean d’Udine exécutés sur les dessins de leur maître, la tête colossale dessinée par Michel-Ange ; tout est unique et merveilleux dans ces lieux consacrés et, cependant, ce qu’on veut abattre à cette heure, ce qu’on paraît résolu à détruire pour faire passer un quai d’une utilité douteuse, afin de livrer à la spéculation des terrains dévastés et dépouillés des  admirables jardins qui les couvrent encore, ce sont les jardins de la Farsénine même, ce sont ces ombrages vénérables que l’histoire signale comme ayant été la promenade ordinaire des papes Jules II, Léon X, Paul III… On parle beaucoup en ce temps-ci du vandalisme des temps anciens et il se peut que, parmi les partisans des idées modernes, il s’en trouve beaucoup qui déclament volontiers contre les destructions consentis par les anciens gouvernements.
Si le ravage qui se prépare vient à s’exécuter, ces théoriciens pourront convenir qu’en fait de sauvagerie absurde, leurs amis n’auront rien à envier aux barbares des autres temps. »

(Papiers du comte Gobineau, publiés par Ludwig Schemann, Lettres, Correspondance avec Adelbert von Keller. Strasbourg, 1911, 206 pages. pp.141-143).

Au vandalisme éclatant de la Révolution a succédé dans de vastes proportions, celui, plus discret, de l’Empire de Napoléon transformant combien de maisons religieuses en casernes ? Qui détruisit cette Tour du Temple, comme pour effacer tout vestige de l’infanticide républicain, et sur un jardin qui portait un nom que la médiocrité ambiante ne sait comprendre, un dernier démon, à l’étiquette socialiste, vient de proposer d’effacer cette dernière marque de piété ; non, les églises ne se vident pas, elle se remplissent d’ombres homicides et que l’insouciance de ce peuple « toujours léger, quelquefois cruel » selon le mot de Voltaire, transforme en idoles de sa vanité !

Pierre Dortiguier

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