Le 20 juillet 2026, la Haute Autorité de Santé a tranché. Elle recommande de rendre obligatoire la vaccination antigrippale pour tous les professionnels de santé, dès la rentrée. Une décision présentée comme un rempart sanitaire indispensable face à une grippe meurtrière. Sauf qu’en coulisses, l’histoire racontée est bien différente de celle qu’on nous vend. Onze experts sur treize, réunis au sein du groupe de travail chargé d’éclairer cette décision, s’étaient prononcés contre l’obligation de la vaccination obligatoire. Le Collège de la HAS a pourtant tranché à l’inverse de ses propres experts ce qui est une anomalie.
Concrètement, cette obligation vaccinale grippe cible en priorité les Ehpad et les unités de soins de longue durée, avant un élargissement progressif qui fera plaisir à Big Pharma. Les résidents de plus de 65 ans, eux, échappent totalement à la contrainte : la HAS a préféré maintenir une simple recommandation à leur égard, au nom du consentement et de leur autonomie.
Une incohérence que dénoncent aujourd’hui plusieurs voix critiques dans le monde soignant. Pourquoi imposer aux soignants ce qu’on refuse d’imposer aux résidents qu’ils sont censés protéger ? La question, loin d’être anecdotique, cristallise à elle seule tout le débat autour de la vaccination obligatoire qui s’annonce.
Face à cette décision, un collectif inattendu est monté au créneau dès le mois d’août. Baptisé « Collectif des 300 », il rassemble avocats, juristes et professionnels de santé, tous mobilisés autour d’une même conviction juridique commune. Leur lettre ouverte, envoyée en recommandé au Premier ministre, à la ministre de la Santé et aux parlementaires, ne mâche pas ses mots. Le collectif résume d’ailleurs sa position en une formule percutante : « Une société libre n’a pas peur du débat ; elle s’y oblige. » ! Une ligne qui donne le ton de toute la démarche entreprise.
La vaccination obligatoire au service des dividendes
Sur le fond, leur argumentaire s’appuie surtout sur la jurisprudence constitutionnelle, administrative et européenne. Une obligation vaccinale, pour rester légale, doit être nécessaire, proportionnée et dénuée d’alternative moins contraignante. Or selon eux, aucune de ces trois conditions n’est aujourd’hui clairement démontrée par le dossier. Ils réclament donc la suspension immédiate de toute mise en œuvre jugée précipitée. Ils exigent également la publication intégrale des données ayant motivé l’avis, ainsi qu’un vrai débat parlementaire contradictoire et transparent.
Mais le plus troublant reste sans doute ailleurs, dans un détail presque passé inaperçu. Quelques mois avant sa décision sur la grippe, la HAS publiait déjà une lettre ouverte pour dénoncer des pressions extérieures sur certains dossiers en cours d’évaluation. Le Collectif des 300 n’a évidemment pas manqué de faire le rapprochement entre les deux épisodes. Ils réclament désormais une enquête complète sur les conditions exactes dans lesquelles cette recommandation a été formulée. Difficile, dans un tel climat, de ne pas s’interroger sur l’indépendance réelle de tout le processus décisionnel.
Cette controverse, d’ailleurs, n’a rien d’inédit dans l’histoire récente de la santé publique. En 2005 déjà, une obligation vaccinale antigrippale similaire avait été instaurée avant d’être suspendue dès l’année suivante. La raison invoquée à l’époque ? Une adhésion trop faible du personnel soignant et une application jugée impossible à contrôler sérieusement sur le terrain. 20 ans plus tard, les mêmes obstacles semblent ressurgir, presque à l’identique, sans réponse convaincante apportée entre-temps. Le vaccin grippal est très peu efficace selon les saisons, le choix hasardeux des souches par rapport à l’hémisphère sud en est la cause.
Le Collectif des 300, qui rassemble des avocats, des juristes et des professionnels de santé engagés dans une réflexion pluridisciplinaire sur les questions de libertés publiques et de santé publique, rend publiques une Lettre ouverte et une Tribune consacrées au projet d’obligation vaccinale antigrippale des professionnels de santé. La Lettre ouverte a été adressée par lettre recommandée au Premier ministre, à la Ministre chargée de la Santé et aux parlementaires de la République.
Le SLS relaie la Lettre ouverte et la Tribune du Collectif des 300, qui développent une analyse juridique, éthique et pratique du projet d’obligation vaccinale antigrippale des soignants. Ces deux textes interrogent la pertinence d’une obligation vaccinale annuelle et appellent à l’ouverture d’un débat public et parlementaire, au regard des enjeux de santé publique, de libertés fondamentales et de proportionnalité des mesures envisagées.
Les auteurs demandent au Gouvernement de suspendre toute mise en œuvre précipitée de cette obligation vaccinale et plaident pour un débat démocratique préalable et transparent. Ils sollicitent également l’ouverture d’une enquête sur les conditions dans lesquelles cette recommandation a été émise, notamment au regard des fortes pressions dont la HAS a elle-même indiqué avoir fait l’objet.
Trois documents du Collectif des 300 sont mis à disposition :
- la Lettre ouverte, adressée au Premier ministre, à la Ministre chargée de la Santé, aux parlementaires et à nos concitoyens (PDF) ;
- la Tribune, destinée à la presse (PDF) ;
- la synthèse de la Lettre ouverte (PDF).
Le Syndicat Liberté Santé, qui a interpellé la Haute Autorité de Santé et la Ministre de la Santé par deux lettres ouvertes le 5 août dernier, partage cette exigence de méthode. Une mesure qui touche à l’intégrité corporelle, au consentement libre et éclairé et aux conditions d’exercice des professions de santé ne peut être prise à la légère. Le Syndicat Liberté Santé continuera de défendre ce principe simple, qui fonde tout acte de soin : le consentement libre et éclairé ne se divise pas, et il ne se décrète pas.
Le Bureau du SLS
Syndicat Liberté Santé
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