Le stand Renault lors du salon automobile de Shahr-e-Aftab, en Iran, en novembre 2017. ATTA KENARE/AFP

Alors que c’est l’Amérique de Donald Trump qui a rompu unilatéralement l’accord international sur le nucléaire iranien, au grand dam et au mépris de ses partenaires européens, voilà que la France va pâtir à son tour, des représailles américaines visant l’Iran, dans le silence et la résignation des hommes politiques honteusement soumis au diktat US. Les conséquences seront désastreuses pour notre économie et son potentiel de développement. Les dirigeants politiques se perdent dans des broutilles, cristallisant leur attention autour de tout ce qui touche à l’islam et à leurs compatriotes musulmans, comme si ces derniers étaient responsables de la débâcle générale, au lieu de réagir énergiquement en rejetant les menaces américaines et en activant le principe de réciprocité, quitte à créer une tension diplomatique qui ne peut être que salutaire pour affirmer et faire admettre la souveraineté pleine et entière de la France ; car il faut bien, un jour ou l’autre, rabaisser le caquet à cet allié particulièrement arrogant.


Les premiers blocages contre les entreprises qui exercent des activités en Iran entrent en vigueur cette semaine.

D’autres suivront le 5 novembre. Pour les sociétés françaises, il est compliqué de rester.

C’est lancé. Les entreprises des secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, du commerce de métaux ou encore de charbon qui choisissent de poursuivre leurs activités en Iran vont subir les foudres américaines, quelle que soit leur nationalité. Dans trois mois, ce sera au tour des groupes d’énergie et des activités parapétrolières. Entre le gel des avoirs, l’inscription sur la liste noire SDN (Specially Designated Nationals) qui interdit l’accès au marché américain, les amendes, il est difficile pour les entreprises de passer outre les menaces de Donald Trump. Du coup, les champions français PSA et Total ont annoncé la suspension de leurs activités en Iran. Certains, comme Renault, résistent encore. Le constructeur automobile a assuré qu’il n’abandonnerait pas ses activités en Iran, quitte à «réduire la voilure très fortement» mais sans mettre en danger les «intérêts» de l’entreprise.

Mais, bon nombre d’entreprises seront durement pénalisées par les sanctions américaines. Car si les groupes pharmaceutiques, comme Sanofi qui est présent en Iran depuis douze ans et entend «continuer», ou ceux de l’agroalimentaire et du tourisme, ne sont pas explicitement ciblés par Washington, il leur deviendra très difficile de se faire payer. Les canaux financiers avec l’Iran seront coupés.

Trouver un moyen de continuer

« L’enjeu est de trouver pour ces sociétés un moyen de leur permettre de continuer à travailler », pointe Olivier Dorgans, avocat au barreau de Paris. « Les États membres pourraient faire intervenir leurs banques centrales dans les transferts d’argent », évoque-t-il, en référence à une proposition discutée entre Européens. À moins que, comme certains acteurs de l’agroalimentaire, elles choisissent de réinvestir leurs bénéfices en Iran plutôt que de les rapatrier en France.

La perte de chiffre d’affaires des entreprises françaises sera marginale, à quelques exceptions près, souligne Olivier Dorgans. Chez PSA, les activités iraniennes représentent moins de 1% des ventes totales. Et même les entreprises les plus investies en Iran n’enregistreront pas d’énormes pertes car elles n’ont pas encore eu le temps de réaliser de grandes infrastructures. Total, qui va sans doute se désengager de l’exploitation du gisement gazier South Pars dans le Golfe Persique où il est associé avec le chinois CNPC, a investi moins de 40 millions de dollars dans cette opération.

C’est surtout un vaste potentiel de développement qui s’efface avec les sanctions américaines. Le manque à gagner est d’autant plus important que les Iraniens sont  […]