Voilà ce qui arrive quand on alimente une peur collective qui se transforme en hystérie et ce, à longueur de journée, par des médias et des politiciens en roue libre. Bientôt, la langue arabe sera considérée comme terroriste et dangereuse pour la cohésion nationale. Ensuite, ces mêmes médias se demandent pourquoi le monde entier est effaré en regardant la France sombrer dans cette folie !

Cette histoire rappelle le bagagiste de l’aéroport de Nice qui avait été viré et signalé aux autorités en 2014 parce qu’il avait dit bonjour en arabe à ses collègues de travail  ! Le procureur avait considéré qu’il s’agissait d’une radicalisation !


La proviseure du lycée Le Mans Sud a déclenché le « protocole sécurité » et fait intervenir les forces de l’ordre lundi, lors de l’hommage à Samuel Paty, parce qu’un élève a photocopié des inscriptions en arabe au CDI.

Les faits ne relèvent d’aucune qualification pénale, selon le parquet.

C’est sans doute un signe de la tension qui règne dans les écoles avec la succession des attentats ces dernières semaines. La police est intervenue lundi matin au lycée Le Mans Sud, un établissement qui accueille près de 2 000 élèves, en plein hommage à Samuel Patycet enseignant assassiné le 16 octobre pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves.

Une inscription en arabe qui n’a « rien de polémique »

La proviseure de l’établissement a déclenché le « protocole sécurité », qui fait intervenir les forces de l’ordre dans l’établissement, après qu’un élève a été aperçu en train de photocopier une feuille de papier portant une inscription en arabe, au CDI du lycée. La police arrive, et l’élève reconnaît immédiatement être l’auteur de la photocopie. La proviseure et les policiers veulent vérifier ce qui est inscrit. Mais ils ne parlent pas arabe. Des « spécialistes » sont alors sollicités par la police pour faire la traduction.

Ces faits, qui ont naturellement été explorés avec la grande célérité qu’impose le contexte actuel, ne revêtent finalement aucune qualification pénale

Finalement, la phrase en question n’avait « rien de polémique » et « ne pouvait aucunement prêter à interprétation », déclare-t-on à la direction académique de la Sarthe. La proviseure a-t-elle eu raison d’appeler la police pour une simple phrase en arabe ? La direction académique répond que « vu le contexte » de l’hommage à Samuel Paty, il fallait procéder à une « levée de doute »Qu’y avait-il d’écrit sur ce fameux papier ? Les enseignants de l’établissement n’en savent rien. La proviseure, dans un mail interne à l’équipe pédagogique, a refusé d’en dire davantage.

« Ces faits ne revêtent aucune qualification pénale »

Elle ne donne aucune précision non plus dans une adresse aux parents d’élèves postée mardi soir sur le site du lycée. Elle réaffirme en revanche, comme pour se justifier, que le document « pouvait sembler suspect ». La procureure du Mans, saisie à la suite de l’intervention de la police, a décidé de ne donner aucune suite judiciaire : « Ces faits, qui ont naturellement été explorés avec la grande célérité qu’impose le contexte actuel, ne revêtent finalement aucune qualification pénale, ni d’intention coupable », indique le parquet à France Bleu Maine.


Photo d’illustration : L’entrée du Lycée Sud du Mans, ce mardi 3 novembre. © Radio France – Marc Bertrand

,

France Bleu Maine
4 novembre 2020