Le pari semblait osé, mais gagnant d’avance pour France Télévisions. La chaîne misait gros sur la retransmission du non événement de Léna Situations, capté à l’Accor Arena. Résultat : une désillusion totale samedi soir sur France 2. Diffusée en deuxième partie de soirée ce 12 septembre, la captation n’a attiré que 171 000 téléspectateurs en moyenne. Un score famélique, avec une part d’audience de seulement 4,5 % chez les quatre ans et plus. Une performance bien loin des attentes placées dans l’influenceuse aux presque 5 millions d’abonnés Instagram !
Pourtant, cet échec ne concerne que le petit écran traditionnel. Sur sa propre chaîne YouTube, le dernier épisode consacré aux coulisses de l’événement dépasse allègrement les deux millions de vues. Preuve que sa communauté reste bien présente, à condition de la retrouver là où elle a ses habitudes.
Le service public, complice malgré lui ?
Au-delà du flop d’audience, une question plus dérangeante s’invite dans le débat. Sans oublier le flop commercial de l’achat des droits de diffusion qui s’élèverait à 1.3 millions d’euros ! Financé par l’argent public, France Télévisions porte une mission culturelle et éducative distincte de la simple course à l’audimat. Diffuser en prime le spectacle d’une influenceuse bâtie sur les partenariats de marques pose question. Où s’arrête la culture et où commence la publicité déguisée ? D’autant qu’un commentaire sous l’article original dénonçait déjà la présence massive de spots publicitaires dans ce programme pourtant enregistré.

Pour ces voix critiques, habiller ce format en programme culturel reviendrait à normaliser un modèle économique bâti sur l’image. Sur une antenne censée élever le niveau, cela poserait un vrai problème pour la jeunesse visée. Une bataille de légitimité qui dépasse largement le seul cas de ce samedi soir raté. Il suffit de voir l’affiche promotionnelle diffusée par France 2 pour comprendre le degré de dégénérescence que l’on a atteint.
Léna Situation n’a rien à faire sur le service public
Dans une société civilisée, ce type de programme n’a strictement rien à faire sur le service public. Faut-il rappeler à quel point la promotion du vide et l’utilisation massive des réseaux sociaux est en train d’abrutir notre jeunesse (cf. dernier rapport PISA) ? Apparemment oui il faut le rappeler ! Faut-il ajouter à cela le danger du diktat de la mode sur la santé mentale des plus jeunes, des plus fragiles : pathologies de l’alimentation, haine de son propre corps, utilisation massive de chirurgie esthétique dès l’age de 18 ans…
Le service public n’est rien d’autre qu’une industrie de la désinformation et de la promotion du vide. On a pu tous observé sa faillite lors de la crise sanitaire. On l’a vu également pour le génocide à Gaza ou pour la guerre en Ukraine. Ils ne sont pas là pour informer mais bien pour tromper, mentir et appuyer la doxa.





























