Vous arrivez fatigué, un peu fiévreux, devant une borne en pharmacie ! Déjà vous n’êtes même pas chez le médecin, vous êtes face à une borne informatique totalement déshumanisée ! L’écran vous annonce 7 personnes devant vous et une attente d’une heure quarante. Soudain une fenêtre s’affiche. Souhaitez-vous payer 5 euros pour passer en priorité ? Le service n’est remboursé par personne mais facturé.
Cette proposition existe vraiment. Tessan, société de téléconsultation agréée, l’affiche sur ses bornes et cabines. Le patient peut refuser. S’il accepte, il saute une partie de la file pendant que les autres restent assis. La consultation elle-même reste au tarif conventionné. Les 5 euros vont à la plateforme, pas au médecin comme un dépassement classique.
Médecin ou commerçant : faut choisir !
Le principe choque parce qu’il touche au cœur du système. On ne soigne plus seulement selon l’urgence ou l’ordre d’arrivée. On soigne aussi selon la capacité à sortir un billet. D’autres acteurs privés proposent déjà 30 euros pour un rendez-vous « express« . Ici le montant est plus bas, donc plus tentant. Le résultat reste le même : une file pour ceux qui paient, une autre pour les autres. La belle médecine moderne de la start-up nation.
L’Assurance maladie a pourtant rappelé que les frais annexes conditionnant l’accès à une téléconsultation, y compris le coupe-file, sont interdits. Des médecins et des élus parlent ouvertement de médecine à deux vitesses. Tessan répond que l’option est facultative et que tout le monde peut consulter.
Destruction méthodique du corps médical
L’Ordre des médecins n’a pas encore publié de communiqué ciblé sur ce cas précis. Lui qui est souvent très sévère pour beaucoup moins que ça et qui est aux abonnés absents sur ce scandale. Ceux qui travaillent avec Tessan doivent respecter le code de déontologie : égalité d’accès, pas de commercialisation excessive, information claire. Il faut dire que l’Ordre patauge dans de tels scandales en interne qu’il est fort occupé à les noyer…
Tessan traverse en plus une procédure de redressement judiciaire. Cela n’empêche pas l’entreprise de continuer à proposer ce service payant. Pendant ce temps, des patients malades regardent l’écran et se demandent s’ils doivent céder 5 euros pour éviter de patienter encore une heure. La question n’est plus seulement technique. Elle est devenue politique et morale.
Payer pour passer plus vite chez le médecin n’est plus une rumeur de réseau social. C’est une réalité affichée en pharmacie et totalement assumée, chiffrée, optionnelle en apparence, profondément inégalitaire dans les faits. Le fric prend le contrôle de plus en plus et ça ça aura des conséquences graves…
Pour finir !
En revanche, le brassard du tensiomètre, l’oxymètre, le stéthoscope et parfois le thermomètre sont des objets partagés par les malades. Leur désinfection réelle dépend surtout de la pharmacie : est-ce que quelqu’un passe une lingette après chaque patient, ou est-ce que ça reste théorique ? Rien n’indique un agent d’entretien présent à chaque rotation, c’est même certain (qui va le payer ?). Entre deux consultations, c’est souvent le patient suivant qui arrive sur le matériel que le précédent vient d’utiliser. Matériel contaminé.





























