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Selon le témoignage détaillé et précis d’un certain D. Quentin, présent au dernier spectacle de Dieudonné et reçu hier par courriel, ce fut le bide total. Dieudonné n’est plus que l’ombre de lui même, suite à ses multiples renoncements et trahisons ; il l’est tellement qu’il s’emploie à faire ses sketchs avec un hologramme, une ombre animée… Un comble ! Rappelons au lecteur que l’absence de soutiens aux derniers procès de Dieudonné (et de Soral) est la preuve de la désaffection du public qui n’apprécie guère les retournements de veste et autres trahisons. Le dernier procès contre Cukierman à Paris, devant la XVIIe Chambre, en est une preuve patente. Il reste à Dieudonné le même public que celui de Kev Adams ou Gad Elmaleh, des jeunes décérébrés et dépolitisés, à des années-lumière du militantisme des années passées. De bons petits consommateurs de la blagounettes recyclées après avoir été filtrées et formatées à la sauce « Dieudonné en Pet » !

Nous annonçons également que le Bal des quenelles de la semaine prochaine sera lui aussi un méga flop et appelons les lecteurs à boycotter cette clownerie, dont on ne comprend plus trop le sens, à moins de s’y rendre pour souscrire sciemment à l’Arnaquassurance ou l’Arnacrédit. C’est la triste fin d’un ex humoriste talentueux qui a tourné assureur/bankster…


J’ai vu presque tous les spectacles de Dieudo, plusieurs fois, dont certains sur scène. J’ai beaucoup aimé jusqu’à Foxtrot, puis semi déception avec la Bête immonde car sujets commençant à sérieusement tourner en rond. Suite à cela, les affaires que l’on connaît (flics envoyés à Jo Dalton, soutien à Soral même après son eMail se réjouissant d’un décès, etc…) m’ont définitivement dégoûté du personnage. En ce cas là, qu’importe le talent, je coupe les ponts définitivement. Je n’ai donc pas vu « En paix », et ai toutefois zappé vite fait sur quelques vidéos… qui ne me font plus rire du tout. D’une part, car tout ce qui est arrivé m’a refroidi, d’autre part car… fiouuuu tout de même, à force de voir Dieudo parler de Dieudo, ça devient lassant.

Pourtant, par acquis de conscience ou peut-être par nostalgie. j’y suis retourné le jeudi 9 juin pour le spectacle « Les médias ». On m’avait dit que des places gratuites étaient régulièrement proposées sur le Facebook de Dieudonné, ce qui était une occasion, car je ne souhaitais plus lui donner mon argent. Effectivement, il est assez facile d’avoir une entrée exonérée (2,90 € pour les frais de réservation)… ce qui en dit déjà long sur l’état des rapports avec le public francilien.

Nous étions une centaine de spectateurs maxi (soigneusement comptés, 103) dont des invités. Donc salle plus qu’à moitié vide, la salle pleine allant facilement jusqu’à 250, voire un peu plus. Même déco que d’habitude, stand sur la droite, aucun t-shirt ni DVD vendu avant le début du spectacle… le préposé pianotait sur son mobile et semblait s’ennuyer ferme. Pas beaucoup plus d’animation au bar, si ce n’est quelques verres consommés, bien peu là encore, comparé à ce que j’ai vu autrefois.

Quant au spectacle… Je me suis ennuyé à mourir… Spectacle sans aucun intérêt. Public peu réactif, bien moins de rires que d’habitude en dehors de quelques ultra-fans s’esclaffant à la moindre mimique. Pas mal de bafouillages et d’hésitations dans les textes, tant pour Dieudo que Juliette (Jacky, lui, avait très peu de texte).

On débute avec Jacky et Juliette, puis noir, et apparition de Dieudo dans la lumière histoire de faire une entrée fracassante… qui fait plouf, car aucun applaudissement. Pas de standing ovation à la fin non plus. Entre les deux, Dieudo fait du Dieudo et est devenu sa propre caricature : il parle de lui-même.

– Un sketch où il incarne un journaliste annonçant le décès de Dieudo… puis il joue un membre de sa propre famille (!?) pour encore parler de lui.
– Un sketch de Jacky parlant de ce qu’il a vécu avec Dieudo.
– Un sketch de Dieudo interviewé par Juliette dans le rôle d’une journaliste.
– Un sketch d’une fausse conversation téléphonique entre Dieudo et une personne faisant appel à l’Ananassurance.
– Un récit de Dieudo racontant son dialogue avec un karatéka nommé « Rantanplan » (référence au rappeur Jo Dalton je suppose) décrivant l’homme comme une sorte de drag-queen à haut-talons (!?!).

Et puis du stand-up, du stand-up…encore du stand-up.

Le tout agrémenté de quelques sketchs où l’on sort de la thématique Dieudo, mais où on se retrouve dans une comédie de boulevard, contemporaine, ultra classique. Juliette avec des faux seins qui joue la Nabilla. Heu…

Afin de rendre l’ensemble plus dynamique : quelques effets de lumière, de son et quelques chansons dont on se demande la réelle utilité. Après les applaudissements de fin, quelques mots de Dieudo sonnant comme une excuse : « Le spectacle est encore en réglages… ».

Au final, s’il n’y avait pas tous ces procès, amendes, déclarations d’adversaires, Dieudo n’aurait plus rien à raconter ou presque. Il est devenu son propre sujet. Quant à ses personnages, il réutilise toujours les mêmes, avec des mécaniques qui étaient très fortes au début (1905, Mes excuses…), mais qui sont devenues ronflantes (le mari sexiste, la petite frappe de banlieue… on était quasiment dans l’auto-plagiat !).

Je n’irais pas prétendre que c’est une mauvaise nouvelle pour moi, ni une déception. Au contraire, j’aurais été très dérangé que talent ne rime pas avec authenticité. Du temps où Dieudo était plus authentique, il était bien plus talentueux et le public beaucoup, beaucoup plus présent (beaucoup plus métissé également !). Désormais, il ne sait plus que tourner en orbite autour de lui-même.

D. Quentin