Voici encore une mauvaise nouvelle qui annonce une aggravation de la soumission des outils de l’information aux oligarques du système de domination. C’est un scandale supplémentaire qui donne raison aux #GiletsJaunes  et justifie leur action visant à libérer l’info du diktat de l’oligarchie usurpatrice.

Faut-il rappeler – c’est très important de le dire – que le monde de l’édition a été littéralement détruit puisque les auteurs ne peuvent pas gagner plus de 8 % en droits d’auteur sur le prix de vente du livre hors-taxe ! En d’autres termes, un livre vendu 18 € va rapporter 1,36 € à son auteur ! Il lui faudra donc vendre des milliers d’exemplaires pour s’en sortir, ce qui est impossible sans passer par les réseaux de distribution officiels qui n’hésitent pas à censurer, comme la Fnac par exemple qui refuse de vendre les productions des Éditions Fiat Lux ! Toutes les voix dissidentes qui pensent autrement que la Doxa seront étouffées et pire encore, il sera impossible à un auteur intéressant de gagner sa vie honnêtement en partageant sa réflexion sur le monde au plus grand nombre. On peut reprendre juste un exemple que tout le monde connaît, celui de la censure des Guignols de l’Info de Canal+ après son rachat par Vincent Bolloré !

La lecture de cet article d’Acrimed nous montre également à quel point ce secteur est économiquement fragile alors qu’il passe son temps à vendre des livres en profitant d’une publicité totalement gratuite à la télévision ainsi qu’à la radio, sous prétexte de culture !

Vous imaginez bien qu’en mettant la main sur l’ensemble de l’édition française, il sera impossible, demain, de publier des livres dénonçant les turpitudes d’un Vincent Bolloré, d’un Xavier Niel ou d’un Bernard Arnault…


Retour sur le rachat d’Éditis, deuxième éditeur français, par Vincent Bolloré.

Une opération qui témoigne des manœuvres en cours dans le secteur de l’édition.

Le monde de l’édition des livres a connu quelques bouleversements ces dernières années. Après que Madrigall [1] eut acheté Flammarion à l’Italien Rizzoli en 2012, c’est le groupe Médias participation qui a acquis en 2016 le groupe La Martinière-Le Seuil. Et c’est maintenant Vincent Bolloré, l’homme des poursuites-bâillons, qui vient d’ajouter à la mosaïque de sociétés qu’il possède, une nouvelle pièce : le deuxième éditeur français, Éditis, qui regroupe 45 maisons d’édition [2] repris pour 900 millions d’euros au groupe espagnol Planeta, le 15 novembre 2018.

Par une sorte de bégaiement de l’Histoire, cette transaction a été réalisée par Vivendi, possession de Bolloré, vingt ans après le rachat d’Éditis par le même Vivendi, alors aux mains de Jean-Marie Messier. À l’époque, cela ne lui avait pas porté bonheur, puisqu’il avait dû revendre Éditis en catastrophe, quatre ans plus tard, à son concurrent historique, Hachette-Lagardère. Mais Hachette se trouvant de ce fait en situation de quasi-monopole dans plusieurs segments de l’édition française, la Commission européenne l’avait alors contraint à revendre 60% d’Éditis. C’est ainsi que l’éditeur avait été racheté en 2004, à la surprise générale, par le baron Seillière (patron du Medef) via son fonds d’investissement Wendel. Lequel le revendait, quatre ans plus tard en 2008, à Planeta, un mastodonte de l’édition espagnole, avec une forte plus-value et malgré ses engagements formels de garder Éditis beaucoup plus longtemps. Le même groupe espagnol vient à son tour de le revendre à Vivendi… la boucle est bouclée.

Après toutes ces péripéties, c’est un Éditis amaigri qui tombe dans l’escarcelle de Bolloré, lesté des 40 % qui sont allés à Hachette et, qui plus est, déficitaire en 2017.

Le chiffre d’affaires d’Éditis représente aujourd’hui le tiers de celui de Hachette qui domine ainsi largement le secteur de l’édition en France.

Chez les salariés du groupe Éditis, édifiés par la gestion calamiteuse de Bolloré à Canal+, autre possession de Vivendi, l’ambiance n’est pas à l’euphorie. Leur quatrième patron en vingt ans risque de n’être pas plus tendre à leur égard que le baron Seillière, un autre fou de rentabilité. Entre 2004 et 2008, ce dernier avait imposé des mesures drastiques : réductions d’effectifs et gel des salaires, etc. Début septembre 2018, Nicole Vulser évoque dans un article du Monde l’ambiance dans le groupe : « La façon dont Canal+ a été malmené par Vivendi agit comme un repoussoir. Vincent Bolloré, alors à la tête du conseil de surveillance de Vivendi et de Canal+, a exigé d’affadir les sketches des Guignols, au point que, faute d’audience, l’émission satirique a été supprimée. Aussi l’arrivée de ce patron et de son fils fait-elle grincer des dents. Mais craignant d’être satellisés


Jean Pérès – Acrimed