Chroniques-Dortiguier


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Comment mourut la paix


Le titre est pris du pamphlet d’un publiciste connu professeur de lettres, ancien étudiant à l’Institut catholique de Paris, responsable de l’Action Catholique d’avant-guerre, anti allemand comme toute la droite monarchiste, puis journaliste devenu secrétaire d’état à l’Information, aux derniers jours de gouvernement de l’État français, Philippe Henriot, assassiné dans son appartement du ministère, la rue de Solférino, de la main d’ un futur industriel, colon français du Maroc en service commandé de Londres – épisode de guerre, comme il y en aura d’autres – il y a soixante quinze ans, quand il s’agissait de connaître les responsables du massacre européen.
La première guerre mondiale n’aurait point pris si le jeu des alliances n’avaient porté au secours de l’Autriche une Allemagne qui, ayant affaire à une alliée ingrate, fut trahie par le successeur de l’Empereur François Joseph Charles, mort en exil au Portugal, dont on fit un saint, et de sa femme d’origine française, de la dynastie des Bourbons d’Italie, Zita qui demanda, à la fin du second conflit, sur le cadavre de ses compatriotes, à Roosevelt, d’assurer la couronne du royaume de Hongrie à son fils l’archiduc Otto futur député européen ! L’autre alliance redoutable, à remonter le temps, fut la stratégie anglo-russe qui fit mobiliser l’armée tsariste bien longtemps avant que la tension n’ait atteint son paroxysme, comme quoi l’attentat maçonnique de la Main noire serbe à Sarajevo avait bien fonctionné ! Ce sont ces combinaisons de fils de complots, terme honni par nos destructeurs de la jeunesse et marchands de drogues, qui déclenchent un conflit. Et les raisons accumulées qu’on donne par une causalité empirique, comme on procéderait dans un laboratoire pour réussir une expérience, ne sont point nécessaires, car il faut y ajouter une liberté humaine ou une inspiration démoniaque, une décision supérieure, bref l’action d’un esprit. Il est vrai que la seconde guerre mondiale n’avait pas plus de raison d’éclater en septembre que l’incident irano-irakien, le énième du genre, en son temps, à commencer depuis l’époque du Shah quand l’armée iranienne encadrée d’observateurs sionistes s’appuyait sur les Kurdes du pro-soviétique Barzani, de dégénérer. Qui pourrait, par ailleurs, en retournant en Europe, avouer sa connaissance exacte du massacre polonais des civils allemands, le dit dimanche sanglant de Bromberg, le 3 septembre 1939 qui rendit, après la marche sur Dantzig, ville allemande annexée par la Pologne, inévitable une invasion de la Pologne à laquelle s’attendait son gouvernement ayant servi de détonateur et confiant dans les engagements franco-anglais. Tous ces éléments sont loin de l’attention publique, et demander, par exemple, à tout un chacun ce qui se passe en Syrie maintenant, quel est le sentiment de la ville d’Alep assiégée ou la simple liste tenue à jour par des médecins anglais des hôpitaux orientaux bombardés par l’aviation américaine ces dix dernières années, il ne saura quoi répondre. Et cet hébétement est le premier signe de la marche commune à l’abattoir général.

Et cet hébétement est le premier signe de la marche commune à l’abattoir général.


Voici la légèreté humaine avec laquelle nous sommes entrés en guerre, sans du reste avoir eu à combattre sérieusement pendant la dite « drôle de guerre » : notre ministre des Affaires Étrangères Bonnet montra de la prudence, il se voit reprocher au cours de son séjour à Londres les hésitations de la France à se lancer dans un affrontement. Un détail est donné :  » Les Dimanche 3 septembre, les Anglais ont décidé de faire leur démarche à la Wilhelmstrasse (rue du Ministère des Affaires Étrangères d’Allemagne) à 9 heures, en donnant  deux heures de délai à l’Allemagne pour répondre. D’accord avec Daladier (l’agrégé d’histoire, franc-maçon,  Président du Conseil, surnommé le Taureau du Vaucluse, et amant de la duchesse d’Uzès et qui créa le 12 novembre 1938, en prévision aussi d’une seconde guerre avec l’Allemagne, les premiers camps d’internement « pour  tout individu, Français ou étranger, considéré comme dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique » en 1938) et le général Colson, le ministre des Affaires Étrangères de France fixe le délai à 5 heures du matin, le Lundi 4 septembre. Il est en train de le téléphoner à Coulondre (notre Ambassadeur en Allemagne) quand Daladier l’appelle pour lui dire qu’il a changé d’avis et fixe l’expiration du délai à 17 heures, le jour même Bullitt (William C. Bullitt, qui fut premier ambassadeur US en Union Soviétique et sera un temps en poste à Vichy) Lukasiewicz (l’ambassadeur polonais) et Mandel (fils naturel de Clémenceau, ministre de l’intérieur, né Rothschild) l’emportaient. » La paix est morte, l’irréparable est accompli. (Comment mourut la paix.Le procès des responsables, Paris, 1941, pp.51-52.)

 Il est faux que l’homme fasse sa propre histoire, comme le catéchisme marxiste ou libéral  l’enseigne, mais des forces inconnues qui ont besoin de la guerre, comme des sortes d’égrégores nourris de la douleur humaine.