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La ministre suédoise vilipendée par les sionistes


Margot Wallström, ministresse des Affaires Étrangères du Royaume de Suède, a été prise à partie publiquement, ce 28 août, par une assemblée sioniste réunie à Stockholm en présence de soutiens reçus du parti libéral et chrétien démocrate. Il ne nous sied pas de répéter les injures adressées à une femme nordique, en poste depuis 2014, de culture luthérienne comme l’ensemble de son ethnie, qui a relevé et dénoncé, par le simple bon sens, le nombre disproportionné de morts palestiniens et d’enfants, relativement aux colons sionistes.
L’orateur sioniste lui a répondu, d’un ton sarcastique coutumier à ceux qui savent que leur raisonnement ne repose par sur une logique, mais sur le poids de leur influence de toute sorte, et cherchent plutôt à se faire craindre qu’à recueillir des adhésions, que l’entité sioniste était, selon le motif connu, la seule démocratie du Proche-Orient : toute guerre contre les pays arabes environnants serait donc une libération de ces peuples de leur tyrannie propre, et aussi une leçon de morale et de droit ! c’est ainsi que l’État sioniste prouve son caractère essentiellement démocratique ; il respecte, clame l’orateur, les droits de l’homme (human rights, dit la version anglaise), les droits des homosexuels (gay rights) et « la loi internationale »).
On ignore si l’illustre homme de lettres, feu André Gide, avec, pour user du jargon actuel, son orientation particulière, aurait aimé participer aux parades de Tel-Aviv, ou, s’il revenait parmi nous, Marcel Proust et tant de gloires parisiennes et provinciales, assez discrètes sur leur conduite privée, du reste, car une pudeur étouffait encore la société, entendant par ce mot ce que nos modernes traduisent par les préjugés religieux, la burkinomanie, etc. dont la répression amuse les pays étrangers ! Il est notable qu’il existe donc pour les sionistes aussi des droits bien spécifiques, qui ne se confondent pas avec les droits bien ordinaires de l’homme. Faut-il en induire qu’il existe une échelle montante, en bas de la pyramide des gens statistiquement normaux, à savoir le plus grand nombre, puis une élite plus restreinte ? Telle serait la nouvelle hiérarchie avec en troisième lieu, au sommet, comme un œil observant le monde « la loi internationale » ?


Existe-il une colonie sioniste possible là-haut ? Le lecteur y répondra sans difficulté et une enfant sans hésitation !


Justement, il en est une, pourrait objecter la ministresse suédoise, qui a été formulée par son compatriote, le comte Bernadotte descendant du soldat pyrénéen de Napoléon élu par des magistrats et l’aristocratie roi de Suède : faut-il rappeler que ce délégué extraordinaire des Nations Unies assassiné par les terroristes sionistes dans un quartier chrétien  arabo-arménien vidé par des mitraillettes, d’adopter le statut de réfugiés palestiniens, stipulant que ces déplacés par la violence des dynamitages et des armes — y compris des armes soviétiques, au temps de Staline, livrées aux Sionistes (ce que ne condamne pas l’actuelle oligarchie poutinienne) — devaient retourner par la loi internationale, le droit des gens, dans leurs foyers et soutenus, en attendant cette justice, par l’aide internationale.
Jamais cette recommandation n’a été observée. Au lieu donc de faire honte à la Suède de sa neutralité pendant la dernière guerre mondiale, comme elle l’avait été aussi étrangère au premier conflit — mieux vaudrait que les orateurs sionistes demandent à leurs soutiens chrétiens et libéraux — je ne dis pas libertaires — de leur montrer la page de l’Évangile où il est dit que l’on cherche une paille dans l’œil du prochain sans regarder la poutre qui est dans le sien. Il est vrai que l’Évangile n’est pas bien vu dans la colonie de peuplement sioniste, tout comme du reste chez les Daeschistes ou les Wahhabites.
La conséquence de cette initiative du comte Bernadotte fut que la condition, nous l’avons écrit déjà, de l’accession de « l’État juif », comme il se voulait nommer, était suspendue à l’exécution de cette clause vainement demandée par les nations et qui s’opposa toujours au veto annuel des États-Unis. C’est donc une loi non pas internationale qui est respectée, mais bien un privilège d’existence.
Antigone dit, dans la tragédie de Sophocle, au tyran Créon lui imposant ses vues, et interdisant la sépulture de son frère : « Qui sait au Ciel votre loi est valable » ?
Existe-il une colonie sioniste possible là-haut ? Le lecteur y répondra sans difficulté et une enfant sans hésitation !

Pierre Dortiguier