Chroniques-Dortiguier


Le Venezuela est l’objet d’une pression politique, voire militaire pour  faire basculer le pouvoir en faveur de celui qui en détient constitutionnellement, peut-on dire, déjà la moitié, à savoir Juan Guaido. Il ne s’agit pas d’un opposant de droit à la république inspirée des principes de Simon Bolivar traditionnellement présenté comme libérateur du joug espagnol ou, à l’examiner de plus près, filant une toile maçonnique durable sur toute l’Amérique latine et qui fit son apprentissage dans l’Europe ainsi éclairée par la secte aux ambitions mondiales. Juan  Guaido partage, en effet, le pouvoir et ne veut que sa totalité. S’agit-il d’un réactionnaire face à un homme du peuple et défenseur des droits sociaux, comme l’ont été en Argentine  Juan et Evita Peron ? Aucunement. Maduro et lui ont la même philosophie politique, sauf que les deux jouent une carte différente, le premier, comme le fit le franc-maçon Salvador Allende Gossens, et avec lui, Fidel Castro, la carte soviétique ou aujourd’hui néo soviétique, et le second la carte traditionnelle, depuis le XIXe siècle, de la doctrine Monroe (faisant de tout le continent américain une chasse gardée des USA contre l’influence européenne), et des  complices de cette politique, en dehors de USA, dont Netanyahou doté d’une sorte d’ubiquité et donc qui a ses entrées à Washington, Varsovie et Moscou !

Dans un entretien au Courrier de l’Orénoque du 6 mai  2013 Nicolas Maduro reprochait à l’entité sioniste d’opprimer dans ses frontières le « peuple juif » qui, par ailleurs, a « une tradition socialiste » (sic) et s’étonnait que certain Claudio Epelmann qui, à la tête d’une grande organisation confessionnelle ou Congrès Juif d’Amérique latine, et avait été plusieurs fois bien reçu par lui et feu Chavez au Venezuela, le traitât d’antisémite, alors que tant du côté paternel des Maduro que de sa mère les Moros, était une lignée hébraïque remontant à l’illustre compagnon de Bolivar Samuel Maduro. « Ici el Libertador (Simon Bolivar) a eu parmi ses troupes des gens qui soutenaient le peuple juif. Parmi ceux-ci était Samuel Maduro, l’un des premiers Maduro à arriver ici en 1812. Et si nous sommes venus à Hugo Chavez, c’est que c’est Hugo Chavez qui a été l’instigateur de l’ère œcuménique au Venezuela. »


Endormir un peuple par la rhétorique socialiste, post ou néomarxiste, voire, dans le cas précis de Maduro et d’Allende, léniniste, n’est-il pas le meilleur moyen pour former une opposition populaire servant de vêtement à des conservateurs ?


Et  le fier Maduro, avec son talent oratoire, qui est plutôt une manière de parler à l’emporte pièce que l’éloquence inégalable du métis indien Hugo Chavez, disait qu’il était aussi juif que Marx. Il faut bien reconnaître que Karl Marx de famille convertie au christianisme et de lignée en effet rabbinique d’Europe centrale allemande (Breslau), avait pris ses distances avec ce fanatisme fleurissant aujourd’hui, tout comme son oncle maternel Philipps, l’industriel hollandais bien connu et à l’origine, dans les usines, des crèches d’enfant, dont une fille, donc nièce de Marx, fut la première secrétaire de l’Internationale Ouvrière. Et Maduro dans son emportement théâtral de célébrer, dans ce même entretien, Lénine etc., l’armée rouge, faisant reporter l’horreur de ce que l’on apprend  de la dernière guerre sur une aristocratie fasciste inspirée par une droite catholique. Plus triangle et poing fermé que cela, l’on ne trouvera guère !


Retournons à l’activité internationale financière du successeur de Hugo Chavez, et demandons-nous pourquoi il a déposé chez un homme qui pourrait lui ressembler plus qu’on ne le croit, M. Erdogan une bonne partie de l’or vénézuélien ? La Turquie membre de l’OTAN et qui a cette politique apparente entre deux chaises, mais reste foncièrement antisyrienne et très attachée à l’entité sioniste, proche de la « Russie » de V. Poutine, est donc un appui de la nation indiano-espagnole vénézuélienne, contre Trump et Netanyahou ? En effet, mais le dessin d’une planche, l’idée de sa forme assure-t-elle de la solidité de sa matière ?


Endormir un peuple par la rhétorique socialiste, post ou néomarxiste, voire, dans le cas précis de Maduro et d’Allende, léniniste, n’est-il pas le meilleur moyen pour former une opposition populaire servant de vêtement à des conservateurs ? Salvador Allende Gossens était médecin maçon chilien très haut gradé, Pinochet d’ascendance charentaise et germanophile avait vite été exclu, jeune militaire, de sa loge, mais dans le cas du Venezuela, l’argent, c’est le cas de le dire après l’empereur romain Vespasien, n’a pas d’odeur et les hyènes non seulement de l’extérieur, mais de l’intérieur s’approchent d’un peuple dont le vrai chef que les honnêtes gens dans le monde regrettent a été assassiné vraisemblablement comme il en avertissait clairement l’opinion, mais auquel ne succèdent que des fantômes avant de servir de terrain de lutte aux oligarques de l’Est et de l’Ouest.


En conclusion, disons que le monde roule à sa perte en créant, sur la pente d’une troisième guerre mondiale fatale, de fausses oppositions, voire des bruits de guerre qui n’ont d’autre fin que de désorienter les peuples et de les démoraliser jusqu’à leur robotisation finale, à moins que Dieu ne déchire le voile en convertissant la naïveté ou la crédulité en courage de faire face, Cara al Sol, selon la belle formule militante espagnole, non maçonnique assurément.

Pierre Dortiguier